‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 183 sur 214 · LIVRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME

tirées de l'idée que nous avons de l'infini^ sont preuves de simple vue. On voit qu'il y a un Dieu dès que l'on voit Tiulini^ parce que l'existence nécessaire est renfermée dans Fidée de Tintini, et qu'il n'y arien que l'infini qui nous puisse donner l'idée que nous avons d'un être infini Le premier principe de nos connaissances est que le néant n'est pas visible; d'où il suit que si l'on pense à l'infini^ il faut qu'il soit. On voit aussi que Dieu n'est point trompeur^ parce que ^ sachant qu'il est infiniment parfait et que l'infini ne peut manquej' d'aucune perfection^ ou voit clairement qu'il ne veut pas nous séduire^ et même qu'il ne le peut pas, puisqu'il ne peut que ce qu'il veut ou que ce qu'il est capable de vouloir. Ainsi il y a un Dieu et un Dieu véritable qui ne nous trompe jamais , quoiqu'il ne nous éclaire pas toujours, et que nous nous trompions souvent lorsqu'il ne nous éclaii e pas. Toutes ces vérités se voient de simple vue par des esprits attentifs , quoiqu'il semble que nous fassions ici des raisonnements poui" les exposer aux autres. On peut les supposer comme des principes incontestables sur lesquels on peut raisonnei" ; car, ayant reconnu que Dieu ne se plaît point à nous tromper, il nous est alors permis de raisonner.

il est évident que la certitude de la foi dépend aussi de ce principe qu'il y a un Dieu qui n'est point capable de nous tromper. Car Texistence d'un Dieu et l'infaillibilité de l'autorité divine sont plutôt des connaissances naturelles et des notions communes à des esprits capables d'une séi'ieuse attention, que des articles de foi, quoique ce soit un don particulier de Dieu que d'avoir l'esprit capable d'une attention suffisante pour comprendre comme il faut ces vérités, et pour vouloir bien s'appliquer à les compi'endre.

De ce principe , que Bleu n'est point trompeur, on pourrait aussi conclure que nous avons eftectivement un corps auquel nous sonnïies unis d'une façon particulière , et que nous sommes environnés de plusieurs autres. Car nous sommes intérieurement convaincus de leur existence par des sentiments continuels que Dieu produit en nous , et que nous ne pouvons corriger par la raison sans blesser la foi ; quoique nous puissions corriger par la raison les sentiments qui nous les représentent avec certaines qualités et certaines perfec-

' Voyez les deux premiers Entretiens sur la MctapJnjsique , et ci-dessus- |)a<<e 95.

tious qu'ils n'ont point. De sorte que nous ne devons pas croire qu'ils sont tels que nous les \oyons ou que nous les imaginons, mais seulement qu'ils existent et qu'ils sont tels que nous les concevons par la raison.

Mais , afin de raisonner par ordre , nous ne devons point encore examiner si nous avons un corps et s'il y en a d'autres autour de nous, ou si nous en avons seulement les sentiments quoique ces corps n'existent point. Cette question renferme de trop grandes difficultés, et il n'est peut-être pas si nécessaire de la résoudre poui* perfectionner ses connaissances qu'on pourrait se l'im^iginer, ni même pour avoir une connaissance exacte de la physique, de la morale et de quelques autres sciences.

Nous avons en nous les idées des nombres et de Tétendue , desquelles l'existence est incontestable et la nature immuable, qui nous fourniraient éternellement de quoi penser, si nous en voulions connaître tous les rapports. Et il est nécessaire que nous commencions à faire usage de notre esprit sur ces idées, pour des raisons qu'il ne sera pas inutile d'exposer. 11 y en a trois principales.

La première est que ces idées sont les plus claires et les plus évidentes de toutes. Car si, pour éviter Terreur, on doit toujours conserver l'évidence dans ses raisonnements, il est clair que Ton doit plutôt raisonner suj- les idées des nombres et de Fétendue, que sur les idées confuses ou composées de physique, de morale, de mécanique, de chimie et de toutes les autres sciences.

La seconde est que ces idées sont les plus distinctes et les plus exactes de toutes, principalement celles des nombres. i)e sorte que l'habitude qu'on prend, dans l'arithmétique et dans la géométrie , de ne se point contenter qu'on ne connaisse précisément les rapports des choses, donne à l'esprit une certaine exactitude que n'ont point ceux qui se contentent des vraisemblances dont les autres sciences sont remplies.

La troisième et la principale est que ces idées sont les règles immuables et les mesui es communes de toutes les autres choses que nous connaissons el(|ue nous pouvons connaître. Ceux qui connaissent parfaitement les rapports des nombi'es et des figures , ou plutiVt l'art de faire des com[)ai aisons nécessaires pour en connaltj'e les rapports, ont une espèce de science universelle et liu moyen très-assuré pour découvrir

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avec évidence et certitude tout ce qui ne passe point les boi'nes ordinaires de l'esprit. Mais ceux qui n'ont point cet art ne peuvent découvrir avec certitude les vérités un peu composées, quoiqu'ils aient des idées très-claires des choses dont ils tâchent de connaître les rapports composés.

Ce sont ces raisons ou de semblables qui ont porté quelques anciens à faire étudier Tarithmétique, l'algèbre et la géométrie aux jeunes gens. Apparemment ils savaient que Farithmétique et l'algèbre donnent de l'étendue à l'esprit et une certaine pénétration qu^on ne peut acquérir par d'autres études, et que la géométrie règle si bien l'imagination, qu'elle ne se brouille pas facilement ; car cette faculté de l'âme, si nécessaire pour les sciences , acquiert par l'usage de la géométrie une certaine étendue de justesse qui pousse et qui conserve la vue claire de l'esprit jusque dans les difficultés les plus embarrassées.

Si l'on veut donc conserver toujours l'évidence dans ses perceptions, et découvrir la vérité toute pure sans mélange de quelque obscurité ou de quelque erreur, on doit d'abord étudier l'arithmétique, l'algèbre et la géométrie, après avoir acquis au moins quelque connaissance de soi-même et de rÉtre souverain. Et si l'on veut avoir quelque livre qui facilite ces sciences, je crois que, comme l'on a dû se servir des Méditations de M. Descartes pour la connaissance de Dieu et de soi-même, on peut, pour apprendre l'arithmétique et l'algèbre, se servir des Éléments des Mathématiques du P. Prestet, prêtre de l'Oratoire; et pour la géométrie oïdinaire , des Nouveaux Éléments de Géométrie , imprimés en i 683 , ou des Éléments du P. Tarquet , jésuite , imprimés à Anvers en 1665. A l'égard des sections coniques j, des lieux géométriques et de leur usage pour la résolution des problèmes > il faut se servir des traités que M. le marquis de l'Hôpital en a composés, et qu'il va donner incessamment au public , auxquels on peut ajouter la Géométrie de M. Descartes avec les commentaires de Schooten. Enfin on s'appliquera au calcul différeviticl et aux méthodes qu'on en tire pour l'intelUgence des hgnes courbes , ce qu'on trouvera traité à fond et avec beaucoup d'ordre et de netteté dans l'excellent ouvrage du marquis de l'Hôpital, intitulé Analyse des infiniment petits.

On trouvera aussi le calcul différentiel et ses usages dans la 2* partie du 2® volume de Y Analyse démontrée, et le calcul

intégral avec la manière de rappliquer aux lignes courbes, aux problèmes mêlés de physique et de mathématique, dans la 3^ partie. Par la lecture de ces ouvrages , on se mettra en état de faire soi-même des découvertes et d'entendre celles qui se trouvent dans les Mémoires de l'Académie des sciences et dans les ouvrages des étrangers.

Lorsque l'on aura étudié avec soin et avec application ces sciences générales , on connaîtra avec évidence un très-grand nombre de vérités fécondes pour toutes les sciences exactes et particulières. Mais je crois devoir dire qu'il est dangereux de s'y arrêter trop longtemps. On doit pour ainsi dire les mépriser ou les négliger pour étudier la physique et la morale, parce que ces sciences sont beaucoup plus utiles, quoiqu'elles ne soient pas si propres pour rendre l'esprit juste et pénétrant. Et si Ton veut toujours conserver l'évidence dans ses perceptions, on doit bien prendre garde à ne se pas laisser entêter de ffuelque principe qui ne soit pas évident, c'est-à-dire de quelque principe dont on peut concevoir que les Chinois ne tomberaient point d accord après qu'ils l'auraient bien considéré.

Ainsi pour la physique il ne faut admettre que les notions communes à tous les hommes, c*est-à-dire les axiomes des géomètres et les idées claires d'étendue, de figure, de mouvement et de repos, et, s'il y en a, d'autres aussi claires que celles-là. On dira peut-être que l'essence de la matière n'est point l'étendue, mais qu'importe? 11 suffit que le monde que nous concevrons être formé d'étendue paraisse semblable à celui que nous voyons, quoiqu'il ne soit point matériel de cette manière qui n'est bonne à rien , dont on ne connaît rien, et de laquelle cependant on fait tant de bruit.

11 n'est pas absolument nécessaire d'examiner s'il y a effectivement au dehors des êtres qui répondent à ces idées , car nous ne raisonnons pas sur ces êtres, mais sur leurs idées. Nous devons seulement prendre garde que les raisonnements que nous faisons sur les propriétés des choses s'accordent avec les sentiments (pie nous en avons , c'est-à-dire que ce que nous pensons s'accorde parfaitement avec l'expérience , parce que nous tâchons dans la physique de découvrir l'ordre et la liaison des effets avec leurs causes , ou dans les corps , s^il y en a, ou dans les sentiments (pie nous en avons, s'ils n'existent point.

Ce n'est pas que l'on puisse douter qu'il y ait actuellement

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des corps, lorsque l'on considère que Dieu n'est point trompeur, et Tordre réglé de nos sentiments dans les rencontres naturelles et dans celles qui n'arrivent que pour nous faire croire ce que nous ne pouvons naturellement comprendre; mais c'est qu'il n'est pas nécessaire d'examiner d'abord par de grandes réflexions une chose dont personne ne doute, et qui ne sert pas de beaucoup à la connaissance de la physique considérée comme une yéritable science.

Il ne faut point aussi se mettre en peine de savoir s'il y a ou s'il n'y a pas dans les corps qui nous environnent quelques autres qualités que celles dont on a des idées claires, car nous ne devons raisonner que selon nos idées ; et s'il y a quelque autre chose dont nous n'ayons point d'idée claire, distincte et particulière, jamais nous n'en connaîtrons rien et jamais nous n'en raisonnerons juste. Peut-être qu'en raisonnant selon nos idées nous raisonnerons selon la nature, et que nous reconnaîtrons qu'elle n'est peut-être pas aussi cachée qu'on se l'imagine ordinairement.

De même que ceux qui n'ont point étudié les propriétés des nombres s'imaginent souvent qu'il n'est pas possible de résoudre certains problèmes quoique très-simples et très-faciles, ainsi ceux qui n'ont point médité sur les propriétés de l'étendue, des figures et des mouvements, sont extrêmement portés à croire et à soutenir que toutes les questions que l'on forme dans la physique sont inexplicables. 11 ne faut point s'arrêter aux sentiments de ceux qui n'ont rien examiné, ou qui n'ont rien examiné avec l'application nécessaire. Car encore qu'il y ait peu de vérités touchant les choses de la nature qui soient pleinement démontrées , il est certain qu'il y en a quelquesunes de générales dont il n'est pas possible de douter, quoiqu'il soit fort possible de n'y pas penser, de les ignorer et de les nier.

Si l'on veut méditer avec ordre et avec tout le temps et toute Tapplication nécessaire , on découvrii^a beaucoup de ces vérités certaines dont je parle. Mais, afin qu'on puisse les découvrir avec plus de facilité, il est nécessaire de lire avec soin les principes de la philosophie de M. Descartes, sans rien recevoir de ce qu'il dit que lorsque la force et l'évidence de ses raisons ne nous permettront point d'en douter.

Comme la morale est la plus nécessaire de toutes les sciences, il faut aussi l'étudier avec phis de soin ; car c'est princi-

palemenl dans cette science qn'il est dangereux de suivre les opinions des hommes. Mais afin de ne s'y point tromper et de conserver l'évidence dans ses perceptions, il ne faut méditer que sur des principes incontestables pour tous ceux dont le cœur n'est point corrompu par la débauche et dont l'esprit n'est point aveuglé par l'orgueil; car il n'y a point de principe de morale incontestable pour les esprits de chair et de sang, et qui aspirent à la qualité d'esprit fort. Ces sortes de gens ne comprennent pas les vérités les plus simples, ou, s''ils les comprennent, ils les contestent toujours par esprit de contradiction et pour conserver leur réputation d'esprits forts.

Quelques-uns de ces principes de morale les plus généraux sont : que Dieu ayant fait toutes choses pour lui, il a fait notre esprit pour le connaître et notre cœur pour l'aimer; qu'étant aussi juste et aussi puissant qu'il est, on ne peut être heureux si Ton ne suit ses ordres, ni malheureux si on les suit ; que notre nature est corrompue, que notre esprit dépend de noti'e corps, notre raison de nos sens, notre volonté de nos passions; que nous sommes dans l'impuissance de faire ce que nous voyons clairement être de notre devoir, et que nous avons besoin d'un libéi-ateur. Il y a encore plusieurs autres principes de morale, comme que la retraite et la pénitence sont nécessaires pour diminuer notre union avec les objets sensibles, et pour augmenter celle que nous avons avec les biens intelligibles, les vrais biens, les biens de l'esprit; qu'on ne peut goûter de plaisir violent sans en devenir esclave ; qu'il ne faut jamais rien entreprendre par passion ; qu'il ne faut point chercher d'établissement en cette vie, etc. Mais parce que ces derniers principes dépendent des précédents et de la connaissance de l'homme, ils ne doivent point passer d'abord pour incontestables. Si Ton médite sur ces principes avec ordre et avec autant de soin et d'application que la gi andeur du sujet le mérite, et si l'on ne reçoit pour viaiesque les conchisious tirées conséquemment de ces principes, on aura ime morale certaine et qui s'accordera parfaitement avec celle de ^E^angile, quoiqu'elle ne soit pas si achevée ni si étendue. J'ai taché de démontrer par ordre les fondements de la morale dans un traité particulier, mais je souhaite, et poiu' moi et pour les autres, qu'on donne im ouvrage et plus exact et phis achevé.

11 est vrai que dans les i*aisonnements de morale il n'est pas si facilede conserver l'évidence et Texacti tudeque dans (|ueîn. 63

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ques autres sciences, et que la connaissance de l'homme est absolument nécessaire à ceux qui veulent pousser un peu loin cette science, et c'est pour cela que la plupart des hommes n'y réussissent pas. Ils ne veulent pas se consulter eux-mêmes pour reconnaître les faiblesses de leur nature. Ils se lassent d'interroger le maître qui nous enseigne intérieurement ses propres volontés, lesquelles sont les lois immuables et éternelles et les vrais principes de la morale. Ils n'écoutent point avec plaisir celui qui ne parle point à leurs sens, qui ne répond point selon leurs désirs, qui ne flatte point leur orgueil secret ; ils n'ont aucun respect pour des paroles qui ne frappent point Timagination par leur éclat, qui se prononcent sans bruit, et que l'on n'entend jamais clairement que dans le silence des créatures. Mais ils consultent avec plaisir et avec respect Aristote, Sénèque, ou quelques nouveaux philosophes qui les séduisent ou par l'obscurité de leurs paroles, ou par le tour de leurs expressions, ou par la vraisemblance de leurs raisons.

Depuis le péché du premier homme, nous n'estimons que ce qui a rapport à la conservation du corps et à la commodité de la vie ; et parce que nous découvrons ces sortes de biens par le moyen des sens, nous en voulons faire usage en toutes rencontres. La sagesse éternelle, qui est notre véritable vie et la seule lumière qui puisse nous éclairer, ne luit souvent qu'à des aveugles et ne parle souvent qu'à des sourds lorsqu'elle ne parle que dans le secret de la raison, car nous sommes presque toujours répandus au dehors. Comme nous interrogeons sans cesse toutes les créatures pour apprendre quelque nouvelle du bien que nous cherchons, il fallait, comme j'ai déjà dit ailleurs, que cette sagesse se présentât devant nous, sans toutefois sortir hors de nous, atin de nous apprendre, par des paroles sensibles et par des exemples convaincants, le chemin pour arriver à la vraie félicité. Dieu imprime sans cesse en nous un amour naturel pour lui, afin que nous l'aimions sans cesse; et par ce même mouvement d'amour, nous nous éloignons sans cesse de lui en courant de toutes les forces qu'il nous donne vers les biens sensibles qu'il nous défend. Ainsi, voulant être aimé de nous, il fallait qu'il se rendît sensible et se présentât devant nous, pour arrêter, par la douceur de sa grâce, toutes nos vaines agitations, et pour commencer notre guérison par des sentiments ou des

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délectations semblables aux plaisirs prévenants qui avaient commencé notre maladie.

Ainsi je ne prétends pas que les hommes puissent facilement découvrir par la force de leur esprit toutes les règles de la morale qui sont nécessaires au salut, et encore moins qu^ils puissent agir selon leur lumière y car leur cœur est encore plus corrompu que leur esprit. Je dis seulement que s'ils n'admettent que des principes évidents, et que s'ils raisonnent conséquemment su4' ces principes , ils découvriront les mômes vérités que nous apprenons dans l'Évangile ; parce que c'est la même sagesse qui parle immédiatement par elle-même à ceux qui découvrent la vérité dans l'évidence des raisonnements , et qui parlent par les saintes écritures à ceux qui en prennent bien le sens.

11 faut donc étudier la morale dans l'Évangile pour s'épargner le travail de la méditation , et pour apprendre avec certitude les lois selon lesquelles nous devons régler nos mœurs. Pour ceux qui ne se contentent point de la certitude , à cause qu'elle ne fait que convaincre Fesprit sans Téclairer, ils doivent méditer avec soin sur ces lois et les déduire de leurs principes naturels, afin de connaître par la raison avec évidence ce qu'ils savaient déjà par la foi avec une entière certitude. C'est ainsi qu'ils se convaincront que l'Évangile est le plus solide de tous les livres, que Jésus-Christ connaissait parfaitement la maladie et le désordre de la nature , qu'il y a remédié de la manière la plus utile pour nous, et la plus digne de lui qui se puisse concevoir ; m.ais que les himières des philosophes ne sont que d'épaisses ténèbres, que leurs vertus les plus éclatantes ne sont qu'un orgueil insupportable ; en un mot, qu'Aristote, Sénèque et les autres ne sont que des hommes , pour ne rien dire davantage.

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