‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 191 sur 214 · PA1\IE · texte numérisé non relu

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l'autre; cai- l'esprit ne peut concevoir clairement (nfun coips en puisse attii er un autre.

L'impénétrabilité des corps fait clairement concevoir que le mouvement se peut communiquer par impulsion , et l'expérience prouve^ sans aucune obscurité^ qu'effectivement il se communique par cette voie. Mais il n'y a aucune raison ni aucune expérience qui démontre clairement le mouvement ^'attraction ; car, dans les expériences qui semblent les plus propres à prouver cette espèce de mouvement, on reconnaît visiblement , lorsqu'on en découvre la cause véritable et certaine , que ce qui paraissait se faire par attraction ne se fait que par impulsion. Ainsi il ne faut point s'arrêter à d'autre communication de mouvement qu'à celle qui se fait par impulsion, puisque cette manière est certaine et incontestable, et qu'il y a du moins quelque obscurité dans les autres qu'on pourrait imaginer. Mais, quand on pourrait même démontrer qu'il y a dans les choses purement corpoielles d'autres principes de mouvement que la rencontre des corps, on ne pour^ rait raisonnablement rejeter celui-ci ; l'on doit même s,y arrêter pi éférablement à tout autre, puisqu^il est le plus clair et le plus évident, et qu'il paraît si incontestable^ qu'on ne craint point d'assurer qu'il a été reçu de tous les peuples et dans tous les temps.

L'expérience fait connaître qu'un aimant qui nage librement sur l'eau s'approche de celui qu'on tient en sa main lorsqu'on lui présente un certain côté; il faut donc conchne qu'il est poussé vers lui. Mais , comme ce n'est pas l'aimant que Ton tient qui pousse celui qui nage, puisque celui qui nage s'approche de celui que l'on tient, et que cependant celui qui nage ne se remuerait point si l'on ne lui préseulail celui que l'on tient, il est évident qu'il faut recourir au moins à deux moyens pour expliquer cette question , si l'on veut la résoudre par le principe reçu de la communication des mouvements.

LIVBE SIXIÈME,

L'aimant c s'approche de l'aimant G ; donc Fair^ ou la matière fluide et invisible qui Fenvironne, le pousse, puisqu'il n'y a point d'autre corps qui le puisse pousser, et c'est là le premier moyen. L'aimant c ne s'approche qu'à la présence de l'aimant G ; donc il est nécessaire que l'aimant G détermine l'air à pousser l'aimant c, et c'est là le second moyen. 11 est évident que ces deux moyens sont absolument nécessaires. De sorte que la difficulté est présentement réduite à joindre ensemble ces deux moyens ^ ce que l'on peut faire en deux manières : ou en commençant par quelque chose de connu dans Tair qui environne l'aimant c , ou en commençant par quelque chose de connu dans Taimant G.

Si Ton connaît que les parties de l'air et de tous les corps^ fluides sont en continuelle agitation. Ton ne pourra douter qu'elles ne heurtent sans cesse contre l'aimant c qu'elles environnent ; et , parce qu'elles le heurtent également de tous côtés, elles ne le poussent pas plus d'un côté que de l'autre, tant qu'il y a autant d'air d'un côté que de l'autre. Les choses étant ainsi, il est facile déjuger que l'aimant G empêche qu'il n'y ait autant de cet air dont nous parlons vers a que vers 6. Mais cela ne se peut faire qu'en répandant quelques autres corps dans l'espace qui est entre G et c ; il doit donc sortir des petits corps des aimants pour occuper cet espace. Et c'est aussi ce que l'expérience fait voir, lorsqu'on répand de la limaille de fer * autour d'un aimant ; car cette limaille rend visible îe cours de ces petits corps invisibles. Ainsi, ces petits corps chassant l'air qui est vers a , l'aimant c en est moins^ poussé par ce côté que par l'autre ; et par conséquent il doit

' Voyez les Principes de ta Philosophie de Descartes , quatrième partie

s'approcher de raiiiiunt puisque tout coips doit se mouvoir du côté d'où il est moius poussé.

Mais si Taimant c n'avait, vers le pôle a , plusieurs pores propres à recevoir les petits corps qui sortent du pôle B de Tauti e aimant , et trop petits pour recevoir ceux de l'air, tant grossier que subtil, il est évident que ces petits corps étant plus agités que cet air, puisqu'ils le doivent chasser d'entre les aimants, ils pousseraient l'aimant c et l'éloigneraient de C. Ainsi, puisque Taimant c s'approche ou s'éloigne de C lorsqu'on lui pi'ésente différents pôles, il est nécessaire de conclure que les petits corps qui sortent de Faimant C passent librement et sans repousser l'aimant c par le côté a. et le repoussent par le côté b. Ce que je dis d'un de ces aimants se doit aussi entendre de l'autre.

11 est visible que l'on apprend toujours quelque chose par cette manière de raisonner sur des idées claires et des principes incontestables. Car Ton a découvert que l'air qui environne l'aimant c était chassé d'entre les aimants par des corps qui sortent sans cesse de leurs pôles, et qui trouvent leur passage libre par un côté et fermé par Tautre. Et, si l'on voulait découvrir quelle est à peu près la grandeur et la figure des pores de l'aimant par lesquels ces petits corps traversent, il faudrait encore faire d'autres expériences ; mais cela nous conduirait où nous ne voulons pas aller, et où nous pourrions bien nous égarer. On peut consulter sur ces questions les principes delà philosophie de M. Descartes, non pour suivie aveuglément les sentiments de ce savant philosophe, mais pour s'accoutumer à sa méthode de philosopher. Je dis seulement, pour répondre à une objection qui frappe d'abord , d'où vient que ces petits corps ne peuvent rentrer par les pores d'où ils sont sortis ; qu'outre une grandeur ou une figure déterminée capable de produire cet eflet, l'intlexion des petites branches qui composent ces pores peut obéir en un sens aux petits corps qui les traversent, et se hérisser et leur fermer le passage en un autre sens. Le courant continuel de la matière subtile d'un pôle à l'autre , dans les pores de l'aimant, suffit même pour empêcher qu'elle ne rentre par les pores dont elle est sortie ; car une partie de cette matière ne peut pas vainci-e ce courant pour se faire passage dans les pores dont elle est sortie, ni dans ceux du pôle de mt^mo nom qui ont un courant contraire. De sorte qu'il ne

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