‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 53 sur 214 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

choses que Ton a dites. Mais ils aiment trop les illusions de leurs sens ; il y a trop longtemps qu'ils obéissent à leurs préjugés^ et leur âme s'est trop oubliée pour reconnaître que c'est à elle-même qu^appartiennent toutes les perfections qu'elle s'imagine voir dans les corps.

Ce n'est pas aussi à ces sortes de gens que l'on parle ; on se met peu en peine de leur approbation et de leur estime : ils ne veulent pas écouter^ ils ne peuvent donc pas juger. Il suffit qu'on défende la vérité et qu'on ait l'approbation de ceux qui travaillent sérieusement à se délivrer des erreurs de leurs sens et à user bien des lumières de leur esprit. On leur demande seulement qu'ils méditent ces pensées avec le plus d'attention qu'ils pourront^ et qu^ils jugent^ qu'ils les condamnent ou qu'ils les approuvent. On les soumet à leur jugement^ parce que par leur méditation ils ont acquis sur elles droit de vie et de mort^ qui ne peut leur être contesté sans injustice.

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