LAMENTATIONS
(jue faict une Bourgeoyse pour l'absence d'une sienne chère et bien aymée.
Aleph".
i^ omme pourray , moy triste et désolée , ^fe Porter l'ennuy que jour et nuyct j'endure "" Pour vous, dont tant j'ay esté consollée Et doulcement baisée et accollée ?
Las! las! ce m'est une tristesse dure!
Chaleur me poingt, si faict aspre froidure, Incessamment cueur et corps me fremye Pour l'absence de vous, ma chère amye.
Jherusalem, Jherusalem, Vous aussi, fille de Syon, Plourez, gémisses mon mal an Actaint de désolation !
GlMEL.
Ou lieu de joye et de prendre soûlas, Il me fauldra désormais lamenter!
I Cette pièce est une imitation bizarre et grotesque , mais sérieusement faite, des Lamenlations de Jérémie. a. Aleph. Gimel, etc.. lettres de l'alphabet heT^reu.
i54 Lamentations
Pour les deviz, ris joyeulx, dire helas
Contraincte suis, et mon cueur tourmenter ;
Plus je ne sçay à qui parlementer;
Ne dire aussi les gracieux caquetz
De nez espritz, mais mon dueil augmenter
Et absenter tous amoureux acquetz.
Jherusalem, Jherusalem, Vous aussi, fille de Syon, Pleurez, gémisses mon mal an Actaint de désolation !
Deleth.
Les motz plaisans, quant nous estions couchées. Que nous disions, sont failliz et prescriptz, Et de l'amour dont nous sommes touchées Faire m'en fault maintenant plaincts et criz . De mes regretz, lesquelz je vous escriptz, Il vous plaira, et sans vous traveiller. Dire et penser qu'en mon cueur sont inscriptz. Sans accoler au lict mon oriller.
Jherusalem, Jherusalem, Vous aussi, fille de Syon, Plourez, gémisses mon mal an Actaint de désolation !
Lameth.
Hellas! hellas! à qui pourray je dire Le mien secret, mon vouloir et pensée?
Certainement, trop plus pleurer que rire
DUNE BOLRGEOYàE. li
(^)ui est le point que pas je ne désire. Fortune m'a ce jourd'huy dispensée.
Mais quelque jour de mes pleurs compensée Sera mon cueur, vous voyant face à face, Au Roy des Roys je pry qu'ainsi se face.
Jherusalem, Jherusalem, Vous aussi, fille de Syon, Plourez, gémisses mon mal an Actaint de désolation !
Vau.
Et se de brief je voy vostre retour Mes pleurs et plainctz vous verres aboliz Mais s'ainsi n'est, en quelque vielle tour Iray gémir mes penscmens joliz.
Lors mes souhaictz et mes désirs poliz Perdront vigueur et leur force et puissance, Et mes espritz de soûlas amoliz Seront adonc, et de resjoysance.
Jherusalem, Jherusalem, Vous aussi, fille de Syon, Plourez, gémisses mon mal an Actaint de désolation !
Thac.
Cy fineray mes lamentations Douloureuses, lesquelles vous envoyé.
Alemoire ayez des frequentacions
iSr. Lamentations, etc.
Que eu nous avons en niainct lieu et en voye. Au résidu le bon Dieu nous pourvoye De ce que plus il nous est bon mestier. Vous suppliant que bien brief je vous vo) e De par deçà en ville et en monstier.
S'ENSUYVENT LES COiMPLAINGTES.