‹ Œuvres. Nouv. éd. rev. et annotéeChapitre 120 sur 183 · En résumé, pour ne pas tant discuter · texte numérisé non relu

En résumé, pour ne pas tant discuter

2. M. Tarbé indique que le passage suivant est altéré; il est seulement plein de science. Il est fort net d'ailleurs, parfaitement conforme au droit romain, et les jeux de mots y sont aisément saisissables. Le poète dit, comme nous l'avons exposé plus haut, que le contrat est une obligation de droit civil. L'un de ces contrats, exécutoire par l'action prescriptis verbis, peut se résumer en ces mots : facio ut des. Or, c'est ce contrat que nos gorgiases ont eu l'intention de former ! Tout cela , comme nous le disions, est minutieusement conforme au droit romain, et le poète, qui est fier de sa science, ajoute gaîment : N'ai-je pas bien étudié, pratiqué les livres de droit ? Le second sens allusif est celui-ci : Le contrat passé par ces mignonnes a été fait afin de produire (nous l'avons vu par les paroles , par les théories pr<e script is, écrites quelques vers plus haut), afin de produire une obligation qui peut se résumer ainsi : facio ut des.

3. Le jeu de mots juridique commencé par contract, pr£scriptis verbis , facio ut des , se continue jusqu'à ce mot. L'intentio est en effet la partie de l'action dans laquelle, d'après le système formulaire, le demandeur résu-

Sans les dons on n'ayme Jamais.

C'est bien practiqué l'escripture!

Si me semble il chose bien dure De vendre biens incorporelz :

Amours, ce sont biens de nature, Ce sont biens espirituelz, Ce sont beneffices ' telz quelz ^ A povres mignons nécessaires ; Posé qu'ilz ne valent portez 5, Si sont ilz pourtant salutaires.

moit sa prétention , et dans l'espèce cette intentio seroit bien facio ut des. — Il est permis de conclure que ce passage, loin d'être altéré, est parfaitement suivi, finement, savamment et subtilement conduit. Je ne trouve pas follement gaie, il est vrai, une gaieté qui a besoin de tant de commentaires, mais il est vrai encore que nous aurions mauvaise grâce à reprocher à Coquillart de n'avoir pas fait ses plaisanteries à l'aide du Code Napoléon.

1 . On sait que les bénéfices étoient des portions du bien temporel de l'Eglise livrées en possession à des ecclésiastiques pour les aider à vivre, pour les récompenser de leurs travaux et leur donner moyen de distribuer des aumônes.

2. Qu'il faut prendre en l'état où ils se trouvent, de médiocre revenu et valeur, mais à pauvres, etc.

}. Toutes les premières éditions donnent ce mot, dont le sens n'est pas clair. L'édition du XVIlle siècle coupe court à la difficulté et donne pour telz. Nous n'avons pas cru son autorité suffisante. En conservant portez, le sens peut être : bien que de tels bénéfices ne méritent pas d'être encouragés , maintenus , longuement gardés , et inscrits dans un pouillé.

Droits nouveaux. 129

Les vrays collations ordinaires ' Sont dames plaines de doulceurs; Souspirs sont les référendaires ^ ; Les patrons 5 sont larmes et pleurs; Regretz sont abreviatears ■* ; Peine est au plomb 5, et soulcy brusW^ ; Mellencolyes sont les scelleurs Qui font expédier la bulle.

Encor, ce qui plus me recule 7,

1. On nomtr.oit collations ordinaires des bénéfices celles qui étoient faites soit par Vordinaire (l'evéque du diocèse) , soit par le patron (celui qui avoit fondé l'église siège du bénéfice, ou ses héritiers). Ceux-ci etoient nommés coUateurs ordinaires par opposition au pape, au roi, à l'Université, qui, à divers titres et dans divers cas, prétendoient avoir droit à la collation du bénéfice. « Pr<£lati regni nostri, beneficiorum collatores , jus suum plenarium habeant », dit la Pragmatique de saint Louis.

2. Les référendaires ou suppôts de la chancellerie, comme on les appeloit au temps même de la rédaction des Droits nouveaux , etoient charges de résumer, devant le maître des requêtes, par exemple, les pétitions qui lui étoient adressées.

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