Le poète achève grotesquement le portrait de ces
Droits nouveaux. i 57
Point ne sont contens de leur cas ; En effect telz mignons sont ceulx Qui dancent bien « Les trois Estatz. )> Hz sont chappellains et prelatz, Hz sont les drois prestres Martin ', Hz chantent hault, respondent bas; Hz parlent François et latin.
Puis ilz s'abillent de satin, En gensd'armes et advocatz, En Escossois , en Biscain , A la mode de Carpentras^
Or je demande icy ung cas :
Qui vouldroit, par bonne cautelle , Comprendre tous les trois estatz '
ridicules personnages : En résumé, après avoir remué ciel et terre, ils ont eu à la fois l'œuf et le poulet, c'est-àdire un œuf pourri... Ils ne sont point contents de leur succès.
1. Prestre-Martin, celui qui remplit à la fois le rôle du prêtre et celui de Martin , de l'officiant et du clerc ; l'homme qui fait les questions et les réponses, les grands maistres Jehans , comme l'a déjà dit Coquillart.
2. La tradition sur cette ville est,. comme on le voit, ancienne, précise et convaincante. Nous avons en vain cherché d'où pouvoir venir cette réputation de ridicule, aussi vénérable par son antiquité que par sa solidité. Peut-être aurions-nous dû interroger non les livres, mais les voyageurs.
î- Coquillart prend ici les mots trois états dans un autre sens plus ordinaire; il entend la noblesse, le clergé, la marchandise.
1}8 COQJJILLART.
En une robbe bien nouvelle , Quel robbe vous sembleroit belle, Qui tous les trois estatz desine ' ?
Par Dieu je n'en sçay point de telle Que seroit une gavardine , Le bicoquet, la capeline^.
Qu'on notte vrays religieux> !