A coup sûr bientôt chacun en parlera
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Ainsi chascun s'en mocquera '.
Et au regard d'elle on dira,
S'on la voit ainsi esmoucher^,
Frapper et ruer ? ces coups là ,
Que ce n'est qu'ung droit Franc-Archier4.
Le vieil droit a voulu toucher Et décider aucunement Que femme devoit endurer De son mary tout doucement.
Le droit nouveau dit autrement ; Pour ung mot que le mary dit , Femme peut tout incontinent
! . Ce dernier vers résume le proverbe qui précède, et qui fait allusion à une vieille coutume imposée aux banqueroutiers et dans quelques provinces aux maris battus par leurs femmes. Ceux-ci étoient conduits dans les places publiques, montés à rebours sur un âne dont ils tenoient la queue en guise de bride, au milieu des huées et des railleries. De là est venue l'expression : mener l'asne , chevaucher l'asne, pour : être ridicule ou moqué.
2. Agiter les bras comme pour chasser les mouches des environs de son mari, c'est-à-dire le battre. Nous disons encore, avec une ironie analogue, épousseter l'habit de quelqu'un, pour le rosser. — 3. Lancer, jeter.
4. Nous disons encore : cette femme est un vrai gendarme. Les Francs-archers, dont nous connoissons le plus illustre, le Franc-archer de Bagnolet, composoient une milice nationale. Chaque paroisse devoit en fournir un, qui, étant censé passer son temps à s'exercer au métier des armes, étoit exempt d'impôts. Ils ne furent pas toujours poltrons, comme l'ijidique celui de Bagnolet; ils devinrent libertins , et furent l'objet du mépris public, qui leur
Droits nouveaux. 55
Luy en respondre sept ou huit.
Et s'il advient qu'il y ait bruit ' ? Pourung seul coup le droit enhorte^ Que femme en rende, par despit, Cinq ou six d'une mesme sorte.
Et s'elle n'est pas la plus forte .?
Aucuns dient , pour tout essoine 3, Qu'elle doit assaillir la porte De rhostel de quelque chanoine, De quelque abbé, prieur ou raoyne ; Ce luy sera seure retraicte, Pour faire leans 4 sa neufvaine, Tant que la paix sera refaicte.
Le povre Jennin turelurette s En prendra si tresgrant soucy.
Pour la ravoir toute si faicte^,
fit jouer toute espèce de piteux rôles dans les proverbes. Ils n'existoient plus au temps où Coquillart écrivoit les Droits nouveaux.