‹ Œuvres nouvelles de Des Forges MaillardChapitre 101 sur 134 · EPITAPHE DE M. TITON DU TILLET · texte numérisé non relu

EPITAPHE DE M. TITON DU TILLET

Sonnet

oi qui surce chemin vas plaignant ta misère, Arrête-toi, passant, et mouille de tes pleurs Les restes précieux d'un mortel, que révère La fidèle amitié, cette reine des cœurs.

Son nom, qui parcourut l'un et l'autre hémisphère. Brilla par ses talens, de la Parque vainqueurs; Mais sa pure vertu, son noble caractère, Mêloient à leur éclat de plus rares couleurs.

Le ciel le fit si vrai, si sensible et si tendre, Si bon, si généreux que, s'il pouvoit entendre L'humble cri du besoin qui te vient affliger,

* Journal de Verdun de 1764, t. II, (août), p. 142.

Et si les morts enfin possédoient quelque chose, Sa main, de l'urne froide où son ombre repose, Sortiroit à ta voix, prompte à te soulager.

NOTE

I, Dans le Journal de Verdun, le titre complet de cette pièce est : • Epitaphe de M. Titon du Tillet, le meilleur des hommes, ancien capitaine de dragons, maître d'hôtel de feue Madame la Dauphine, mère du Roi, commissaire provincial des guerres, associé du plus grand nombre des Académies de l'Europe. »— Titon du Tillet (Evrard), né à Paris en 1677, mourut en 1762, deux ans avant la publication du présent sonnet. Voir à son sujet la pièce XV ci-dessus, p. 47, et les Lettres nouvelles de Des Forges Maillard, p. 42-43.

Page 1