Epigrammes
Notre poète a donné le nom d'épigrammes à plusieurs pièces très courtes, qui ne sont que des compliments ou des inscriptions. En revanche il a appelé couplet, au moins une fois, une véritable épigramme. En désignant sous Ci nom (comme on doit le faire dans l'usage actuel) les pièces courtes, plus ou moins mordantes et terminées par une pointe, voici ce que nous trouvons dans les vers non réimprimés de Des Forges :
- I. Épigramme sur une femme qui appeloit son mari sot, » — dans Amus. IX, p. 77 (1741). Le nom de 50/ appliqué à un mari avait alors, on le sait, un sens tout spécial.
— M Épigramme : Si les injures que tu dis, » — dans Merc. 1749, mai. p. 97.
— « Éirennes épigrammatiques, pour l'année lySo, à MM. de Voltaire, d'Arnaud et Marmontel, > — Merc. lySo, mars, p. 70. Grands éloges à Voltaire, qu'on présente comme le véritable auteur des soi-disant ouvrages de Marmontel et d'Arnaud-Baculard; cela n'est point sans intérêt :
Par Voltaire adoptés, deux cclèbres génies
Font preuve avec succès de leurs talents divers.
D'Arnaud, tout plein de sel, sur sa prose et ses vers Répand des grâces infinies, Du meilleur goût, du meilleur ton.
Et chacun, enchanté du plaisir de les lire, Dit : C'est l'immortel Apollon — Ou bien Voltaire — qui l'inspire !
L'élégant Marmontel, couronné tant de fois, A peine a-t-il chaussé le cothurne, qu'il brille !
Parbleu, chantons tous à la fois ;
Vive Voltaire et sa famille !
— « Couplet sur l'air de Joconde, » — J. de Verdun 1754, II, p. 64, juillet. — Voici ce prétendu couplet, adressé à quelque détracteur de notre poète :
Tu crois sans doute m'irriter
En jouant de ta vielle, Dont l'aigre son vient m'insulter.
Sans l'avoir fait querelle.
Mais je ne prendrai pas le soin,
Lycas, de te confondre :
Je laisse au savetier du coin
Le soin de te répondre.