Ibid, p
3. Mercure d'octobre 1732, p. 2188, et Poésies de Malcrais, p. 229.
INTRODUCTION
Cette assertion — qui était une divination — fut traitée de blasphème par les admirateurs et les adorateurs de Materais. Il v eut contre V. D. G. un toile général, on le décréta du crime de lèse-beau sexe, on le couvrit d'imprécations ». Le chevalier de Leucotèce ne parla plus que de lui casser tête, bras, jambes, et de l'envoyer en cet état faire amende honorable aux pieds de la Muse du Croisic '. Celle-ci, du fond de son sanctuaire, réfuta elle-même le Marseillais d'un ton plus rassis, doucement railleur, en tenant haut le drapeau de la science et du génie féminin'. Le Marseillais s'en tira en homme d'esprit. Au vantard et bavard chevalier de Leucotèce il lança une réplique verte et ironique, un coup de pointe en pleine poitrine, qui le mit par terre, les quatre fers en l'air *. Puis, voyant le déchaînement général dont il était l'objet, il profita de la réponse que Malcrais lui avait faite et feignit de se rendre à elle galamment :
En attendant que ma Muse Réponde à tes vers charmans, Malcrais, reçois mon excuse D'avoir pu, quelques instans, Douter de ton existence, Et penser que ta science, Cet esprit brillant et fin Qui dans tes écrits domine, N'ait pu d'un chef fe'rainin Recevoir son origine.