‹ Œuvres nouvelles de Des Forges MaillardChapitre 55 sur 134 · Voir, dans le présent volume, p. 95-98 ci-dessous · texte numérisé non relu

Voir, dans le présent volume, p. 95-98 ci-dessous

CKIl DES FORGES MAILLARD

Des Forges eut au moins le bonheur de garder longtemps sa mère, Marie Audet', et il en jouissait chèrement, témoin ces vers adressés par lui à un ami en 1746 :

Mais Dieu, dans sa bonté', me conserve un trésor, A mon coeur, à mes yeux trésor plus estimable

Que la perle, l'argent et l'or...

Ce trésor, cher ami, c'est celle à qui les Cieux

Ont voulu que je dusse l'être. . .

Veillez donc sur ses jours, ô Puissance éternelle ! D'un petit patrimoine économe fidèle, Laissez-la partager entre nous ses douceurs Et — cinquante ans encore — assembler sous son aile Cinq frères, tendrement unis à quatre sœurs ' !

Dans ces vers faciles respire un amour profond de la famille. Belle et nombreuse famille celle de notre poète, vieille race vouée à la navigation, au commerce maritime, et honorée de tous. Le père (Paul Maillard) avait gouverné sa ville comme rnaire. De ses treize ou quatorze enfants (car nous avons trouvé quelque part ce dernier chiffre), neuf survivaient en 1746, tous nés de 1699 à 1716. L'aîné était notre auteur; le plus jeune, Olivier, fut capitaine dans la marine marchande, « sur les vaisseaux de Nantes armés pour la côte d'Afrique et pour l'Amérique '. » En 1762, il eut le commandement d'une frégate de la marine royale, la Calypso, et la mena saine et sauve, malgré la croisière anglaise, de l'embouchure de la Vilaine au port de Brest, avec une telle habileté que le ministre de la marine lui alloua une gratification spé.

1. Et non K Audit », comme porte, par suite d'une faute d'impression, la Biographie Bretonne, I, p. 526.

Page 1