I. Ibid., 174.8, octobre, p
•2. Des Forges Maillard fut nommé receveur du bureau des fermes du Croisic en novembre 1730 ; il fait honneur de sa nomination aux bons offices de son cousin M. de Morinay, du marquis du Coudrai et de Titon du Tillet, dans ses lettres à ce dernier des 3, 14 octobre et 3o novembre 1760 ; voir Lettres de Des Forges, Supplément inédit, n" xiv, xvi et xvii. 11 était déjà depuis quelque temps attaché à ce bureau des fermes du Croisic comme contrôleur, emploi qui ne lui rapportait que 400 livres (environ 1600 fr. d'aujourd'hui) et qu'il trouvait fort maigre (lettre du 16 févr. 1750, Suppléin. inéd., n» xii, cf. n' xiv); celui de receveur valait près du double (lettre du 20 déc. 1730, Ibid. n» xvni).
CXX DES FORGES MAILLARD
L'air de condition, qu'est-ce, chez presque tous. Qu'un air un peu plus fat que l'air de la roture ' ?
Mais sur ce point, comme sur tous les autres, l'accord s'établit prompteraent ; rien ne troubla l'affection vive et profonde qui unit constamment les deux époux et dont témoignent nombre de pièces qu'ils se sont adressées l'un à l'autre, entre lesquelles on nous permettra de citer quelques stances d'une épître de Des Forges à sa femme, pour le premier jour de l'an 1752 :
Intime moitié' de moi-même, Toi qui naquis pour m'enflammer.
Peut-on aimer plus que je t'aime.
Et pourrois-je te moins aimer ?
Il semble, à te voir entourée Des ris et des jeux inge'nus, Que la Sagesse s'est parée De la ceinture de Vénus.
Ta volonté cherche la mienne Et suit mon goût et mes désirs; Ma volonté prévient la tienne Et ne cherche que tes plaisirs.
" Le temps, ajoute-t-il, loin de flétrir les roses de ton visage, se plaît à les embellir. Aurais-tu donc un charme secret pour conserver ta beauté, un philtre pour exciter l'ardeur de mon affection ? »
Non, tout ton art est dans tes grâces, El tout ton charme est dans ton cœur.
Et il finit par ces jolis vers :