I. Œuvres, édit. lySg, II, p
INTRODUCTION
Louer sa femme fut la mode
Au bon siècle des Amadis;
Je suis cette antique me'thode,
Et j'aime com-me au temps jadis «.
Une affection de cette nature suffirait à embellir toute solitude. Celle du Croisic offrait encore à notre poète, nous allons le voir, d'autres adoucissements.
Des Forges s'est plu à peindre sa patrie comme une terre triste et sauvage, fermée au culte des lettres, au goût des choses de l'esprit, où l'on sait à peine ce que c'est qu'un vers, où l'on ne trouverait pas une âme à qui parler poésie, théâtre, littérature.
C'est là une grande et injuste exagération, explicable seulement par la continuelle aspiration de Des Forges au séjour de Paris : aspiration d'autant plus ardente qu'elle ne put être satisfaite, et qui lui fit parfois méconnaître les biens mêmes qu'il avait sous la main. Sans sortir des œuvres de notre poète, il est aisé de se convaincre, par son propre témoignage, qu'au Croisic et en Bretagne, tout autour de lui, il rencontrait des esprits ouverts et cultivés, très capables de comprendre, d'apprécier, d'encourager ses études et ses inspirations.
N'est-ce pas au Croisic qu'elle habitait, cette aimable et spirituelle dame de Mondoret, la parente, l'amie dévouée du poète, sa complice dans la mystification de M»»