V. Dkscuiptiox i/ux optomktrk
Le <locteiir PonTKHFiKLh s'est servi d'une expérience, que ScHKiNKK avait tentée le premier, pour mesurer la distance focale de Tœil, et a déerit, sous le nom (foi^tomètre, un excellent instrument dont la construetioii est basée sur le principe de cette expérience» \ Mais cet ai>|>an*il est susceptible d'être considérablement amélioré, et je demanderai la permission d(» décrire un optomètre sim|)le dans sa construction et, tout à la fois, commode et précis dans son c^mploi.
Supposons un écran interposé (»ntre un point lumineux R (Fig. 2i2) et une surface réfringente, ou une h^ntille, CD. Cet écran
Fig iw
sera perforé en deux points, A (»t B. Recevons les rayons réfractés sur un deuxième écran, de sorte que l'image s'y forme. Il est bien évident que si ce deuxième écran EF se trouve à l'endroit du foyer des rayons réfractés, l'image formera un simple point. Mais si cet écran est porté en avant — en GU par exemple — ou en
1 Edinb. Med. Essuys. vol. IV p. 185.
arrière — comme en IK — les petits faisceaux passant par les trous du premier écran ne se rencontreront plus en un point unique ; ils viendront Eiboutir en deux endroits distincts de l'écran (soit G et H, aoit î et K). Dana l'un et l'autre cas on aura donc une double image de l'objet.
Et maintenant, ajoutons encore deux autres pointa lumineux iS et r (fig. 23), l'un plus rapproché et l'autre plus éloigné de la
lentille que le premier point, B. Si l'écran qui reçoit les ii se trouve à l'endroit du foyer des rayons provenant du premier point, R, les images du second et du troisième point devront toutes deux être doubles (s et s, t et t), puisque l'écran EFsc trouve en an-ière de la distance focale des rayons provenant du point lumineux le plus éloigné, et en avant du foyer des rayons réfractés, provenant du point le plus rapproché. C'est sur ce principe que se base l'instrument du Dr. Pobtebfield,
Mais si l'on suppose les trois points, T, B et S, joints par une ligne quelque peu inclinée vers l'axe de la lentille, chaque point de cette ligne, sauf le premier, iî, (Fig. 24), aura une double image;
et chaque paire d'images étant en contact avec celles du point lumineux voisin, elles formeront deux lignes continues. En outre, les images étant d'autant plus éloignées l'une de l'autre que les points qu'elles représentent, sont éloignés du premier point lumineux ii!, les lignes {st et st) viendront converger vers l'image (r) de ce point, où elles s'entrecoupent l'une l'autre.
L'optomètre peut être constniit au moyen d'une feuille de carton ou d'ivoire d'environ huit pouces ^ de long sur un de large, divisé dans le sens de la longueur par une ligne noire, qui ne devra pas être trop accentuée. Cette bande de carton est coupée suivant la forme qu'indique la figure 25, de telle sorte que le bout puisse être dressé et fixé dans une position inclinée, au moyen des deux vantaux latéraux. On peut aussi adapter à l'optomètre une pièce à part, à peu près de la forme indiquée par la figure. Dans la partie du milieu on pratique une ouverture d'environ une demipouce carré, bordée de deux entailles entre lesquelles peut glisser une bande de papier fort, munie de fentes de largeurs diverses et variant depuis un quarantième de pouce jusqu'à un dixième de pouce (0,6"*™ — 2,5"*™). Les interstices séparant les fentes doivent être un peu plus larges que celles-ci. De la sorte chaque observateur pourra choisir les fentes qui conviennent le mieux à l'ouverture de sa pupille. Pour adapter l'instnunent à l'usage d'yeux presbytes, on devra le compléter par une lentille, de quatre pouces de distance focale, placée à l'autre extrémité. De chaque côté de la ligne on trace des échelles. Tune commençant à un bout et divisée en pouces, l'autre commençant à l'autre bout et portant une division correspondante au tableau I et calculée d'après le Cor. 7, Prop. IV. Au moyen de cette dernière échelle tous les rayons, non seulement divergents mais aussi parallèles et convergents, provenant de la lentille, sont rapportés à leur foyer virtuel. Si l'on emploie de l'ivoire, il ne faut pas polir la surface ; autrement la réflexion régulière de la lumière peut créer beaucoup de confusion ; à cet égard le papier est bien préférable.
L'instrument est d'une application facile pour déterminer la distance focale des lunettes que réclament les yeux myopes et presbytes. M. Cary ^ a été assez aimable pour me communiquer les numéros et les distances focales des verres de lunettes généralement exécutés, et j'ai calculé les distances auxquelles ces
^ Le pouce anglais mesure SjOSOS'""*.
* Opticien de Tépoque.
numéros doivent être placés sur l'éctielle de l'optomètre, pour qu'un œil presbyte trouve inscrite à l'endroit le plus rapproché, auquel il peut amener l'entre-croisement des lignes, la distance
focale du verre, avec lequel il peut lire à une distance de 8". Un œil myope peut également voir avec des rayons parallèles en se servant du verre, dont le numéro se trouve en face de l'endroit d'entre-croisement le plus éloigné.
11 faut remarquer que les numéros des verres concaves sont arbitraires ; on peut voir la distance focale à laquelle correspond ctiaque numéro sur la table UI. — Dans sa première forme, l'optomètre contenait encore une écbelle, correspondant au proximum des yeux myopes. Elle était construite en faisant la supposition que l'amplitude d'accommodation était à peu près la même chez tout le monde et correspondait à 10 Dioptries. Mais en travaillant avec l'optomètre YouNG remarqua bientôt que cette supposition était absolument fausse.
On ne peut pas espérer que toute personne, au premier essai, déterminera avec précision la force des lunettes répondant le mieux au défaut de sa vue. Bien peu de gens, en effet, peuvent à
L'aspecI des lignée, vues & travers les fentes,
volonté mettre leurs yeux en état d'action complète ou de parfait repos. Dans la pratique ordinaire, un numéro de deux ou trois
degrés inférieur à celui qu'on a constaté avec Tinstrument sera jugé comme suflSsant J*ai aussi ajouté au second tableau les numéros de lunettes qu'exigerait un œil presbyte pour voir à une distance de douze et de dix-huit pouces. La série moyenne serait peutêtre celle qui conviendrait le mieux pour l'échelle.
L'optomètre s'applique à chaque œil séparément, et pendant le temps de l'observation l'autre œil ne doit pas être fermé, mais caché derrière un petit écran. Le point d'entre-croisement peut être constaté avec précision au moyen d'un indicateur glissant le long de l'échelle.
Très utile pour l'étude physiologique de Tœil, roptomètre de Young Test moins pour Texamen des malades, étant donné qu'on n'a aucun moyen de contrôler leurs réponses.
Le docteur Bull a construit naguère un petit oplomètre, d'extérieur assez semblable à celui dont on vient de lire la description, quoique le principe en soit différent. Il a en effet abandonné les fentes et remplacé la ligne par une série de petits quadrilatères, en forme de dominos. Le malade doit indiquer le plus éloigné et le plus rapproché, parmi ceux qu'il peut distinguer nettement. L'instrument ressemble donc plutôt à la modification de l'optomètre de Young décrite p. 176.
On voit que Young a parfaitement constaté le défaut dont soufifrent les optomètres, surtout ceux qui sont faits pour des observations à petite distance. Ils sollicitent un effort d'accommodation, qui fait paraître la myopie plus forte qu'elle ne l'est en réalité.
L'optomètre est représenté par les fig. 26 et 27. La fig. 28
montre l'aspect que prend la ligne vue à travers les fentes.
Les tableau suivants servaient à la construction de l'optomètre.
Le tableau I a servi à construire la deuxième échelle de l'optomètre (à partir de gauche). L'œil observateur est supposé se trouver au bout supérieur du dessin, derrière la lentille de 4" de distance focale. Chaque point de la ligne paraît donc plus éloigné qu'il n'est en realité, et les chiffres de l'échelle, qui sont les mêmes que ceux de la première colonne du tableau, indiquent la distance à laquelle paraît le point de la ligne à côté duquel ils se trouvent. La deuxième colonne du tableau indique la distance réelle du point à la lentille. — Les chiffres de la deuxième colonne se déduisent de ceux de la première au moyen de la formule ordinaire des lentilles. La distance virtuelle de 10" correspond par exemple à la distance réelle de 2'',86, puisque
Tableau I
servant à allonger l'échelle au moyen d'une lentille
de 4" de distance focale.
Distance
Distance
Distance
Distance
Distance
Distance
virtuelle
réelle
virtuelle
réelle
virtuelle
réelle
7,îo
Tableau II
servant à trouver la place des chiffres indiquant la distance
focale des verres convexes.
Distance
Proximum
Distance focale
Proximum
focale