SS 1,4S
43,sii
TSCHERNING
lysses
En parcourant ce tableau on a à peu près la même sensation qu'on éprouve dans le salon carré du Louvre lorsque, après avoir passé en revue les tableaux des différentes époques, on s'arrête devant les tableaux de Jean van Eyck, l'inventeur de la peinture à l'huile. Les successeurs out certainement fait des progrès, mais de combien peu en comparaison de ce qu'a produit l'instigateur ! Il ne faut pourtant pas oublier que Young avait eu des prédécesseurs, lui aussi, et que surtout les excellentes mesures anatomiques de Jean-Louis Petit lui avaient été d'une grande utilité.
Passons en revue les différentes constantes et examinons les changements qu'on a cru devoir appliquer aux données de Young.
1) L'indice des liquides de Vœil est un peu plus grand que celui de l'eau distillée admis par Young, à cause des matières solubles qu'ils contiennent.
2) Le rayon de la surface antérieure de la cornée diffère beaucoup plus pour les différents yeux, que le chiffre de Young ne diffère des autres chiffres du tableau. Le chiffre de Young est donc très probable.
3) On avait cru jusqu'à présent que la surface postérieure de la cornée n'avait aucune influence sur la réfraction. Après avoir découvert de nouveau l'image catoptrique de cette surface, et après avoir déterminé sa courbure, je trouve que son influence n'est pas tout à fait négligeable. Je l'ai donc introduite dans les calculs en admettant comme indice de la cornée 1,377 d'après une mesure de Matthiesen.
4) La profondeur de la chambre antérieure diffère beaucoup pour les différents yeux. Le chiffre de Young peut très bien être juste.
5) Quant à Vépaisseur du cristallin, on remarquera qu'U y a une différence considérable entre le chiffre de Young (4,6"*™) et celui de V. Helmholtz (3,6™"*), et que le mien tient à peu près la moyenne entre les deux.
La mesure de Young est prise dans les observations anatomiques de Petit, le chiffre de v. Helmholtz doit être considéré comme une moyenne de quelques (trois) mesures d'yeux vivants, le mien donne comme épaisseur du cristallin d'un seul œil la moyenne de quatre différentes mesures. Quoique je ne puisse pas l'affirmer, n'ayant pas examiné un nombre d'yeux suffisant, il me semble probable que les mesures de v. Helmholtz sont trop petites. Les mesures faites sur l'œil vivant sont du reste nécessairement un peu incertaines, car l'image catoptrique de la surface antérieure du cristallin est toujours plus ou moins diffuse et les erreurs qu'on commet sont smiout très sensibles lorsqu'il s'agit de déterminer une grandeur aussi petite. — On sait qu'on a voulu chercher un appui pour l'hypothèse d'accommodation de V. Helmholtz dans ce fait que ses mesures de l'œil
vivant donnaient une épaisseur moindre que celle qu'on trouve en enlevant le cristallin de l'œil après la mort. D'après l'hypothèse en question, le cristallin serait pendant la vie constamment aplati par une traction de la part de la zonule, traction qui ne cesserait que sous l'influence d'une contraction du muscle ciliaire. En sortant le cristallin de l'œil cette lentille, n'étant plus exposée à aucune traction, se bomberait en prenant la forme d'accommodation maxima. Il est à remarquer que les mesures de v. Helmholtz lui-même ne parlent pas en faveur de cette hypothèse, car si j'excepte l'épaisseur, ses mesures de cristallins morts s'accordent très bien avec ses mesures du cristallin en repos, faites sur des personnes vivantes. Ses cristallins morts n'étaient nullement en état d'accommodation maxima.
6) Les rayons des cristalloïdes indiqués par Young sont trop petits pour être des moyennes ; peut-être même n'en trouvera-t-on jamais de si petits dans un œil en repos. Listing et après lui Helmholtz ont introduit les valeurs de 10™*" et de 6"'"^ qui se rapprochent beaucoup plus de la vérité ; c'est là la seule diff'érence importante qui existe entre l'œil schématique nouveau de v. Helmholtz et l'œil de YouNG.
YouNG était forcé d'avoir recours à des observations anatomiques pour avoir une idée de la courbure des cristiilloïdes. La découverte des images de Purkinje nous a donné depuis un moyen pour mesurer ces courbures dans l'œil vivant. Il est vrai que l'aspect diffus de l'image de la surface antérieure amène une certaine incertitude dans la mensuration de son rayon, conmie pour la détermination de l'épaisseur du cristallin. Mais cela importe peu ici car d'une part la longueur qu'on mesure est plus grande et l'influence d'une erreur en devient moins considérable, et d'autre part, parce que le rayon apparent qu'on mesure est considérablement plus grand que le vrai rayon. En réduisant la valeur trouvée, pour en déduire le rayon réel on réduit en même temps l'erreur commise.
7) YouNG a mis l'axe de l'œil, compté à partir de la surface antérieure de la cornée jusqu'à la surface postérieure de la sclérotique, à 23,86"^°^. La plupart des anatomistes qui se sont occupés de cette question évaluent l'axe extérieur à 24"^™ ou un peu plus pour un œil normal (Voir Graefe-Saemisch, Handbuch I, p. 44), ce qui donnerait un peu plus de 25"^*" pour un œil myope d'environ 4 dioptries, comme l'était celui de Young. Vu la manière dont il exécutait sa mesure, il est très probable qu'il a commis une légère erreur en ce sens ; on ne peut même pas se figurer qu'il ait pu éviter d'exercer une certaine pression sur l'œil en forçant sa petite clef entre le globe et l'os, jusqu'à ce que le phosphène arrivât à atteindre le point fixé ; l'existence même du phosphène indique une dépression de la scléro-
tique. — Et comme c'est avec la longueur d'axe qu'il a calculé la distance focale du cristallin, on s'explique très bien pourquoi celle-ci est trop petite.
8) L'indice dti cristallin est toujours la moins bien connue des constantes optiques de l'œil. Comme nous pouvons mesurer les rayons et l'épaisseur, la question de l'indice se confond avec celle de la distance focale. Passons en revue les moyens que nous possédons pour la déterminer.
a. Connaissant la longueur d'axe de l'œil, ainsi que la place et la forme du cristallin, que nous pouvons déterminer directement, on peut trouver l'indice par un simple calcul. — Mais comme personne d'autre que YouNG n'a pu mesurer l'axe de l'œil vivant, cette méthode ne peut être employée généralement.
b. Le seul moyen qui nous reste alors pour déterminer la force réfringente du cristallin sur des vivants, est l'observation des opérés de cataracte. En supposant la position et la forme du cristallin connues, on n'a qu'à déterminer la réfraction et à mesurer la cornée avant et après l'opération pour avoir des données suffisantes pour déterminer la distance focale du cristallin. Jusqu'à présent nous ne possédons que très peu d'observations qui puissent être utilisées dans ce but. Après l'opération, on détermine en général la réfraction très exactement, mais on ignore le plus souvent l'état antérieur de l'œil. En effet, le malade ne recourt à l'oculiste que lorsqu'il ne voit plus, ou au moins lorsque la vue commence à baisser, et que le cristallin a déjà subi des altérations, qui peuvent avoir une influence sur sa force réfringente. On essaie depuis quelque temps d'améliorer la vision des yeux excessivement myopes, en enlevant le cristallin transparent ; il est encore douteux qu'on arrive ainsi à rendre un service aux malades, mais ce qui n'est pas douteux, c'est qu'on ferait faire un progrès à l'optique physiologique en se servant de cette occasion pour obtenir quelques bonnes déterminations de la distance focale du cristallin. En déterminant la réfraction on devrait faire bien attention à la distance du verre correcteur à l'œil, et il serait utile de répéter la détermination en faisant emploi de l'expérience de Scheiner. — La détermination du rayon de la cornée n'offre pas de difficultés, si l'on possède un ophtalmomètre.
Mais si nous ne disposons pas d'observations bien probantes, nous pouvons néanmoins tirer des conclusions générales aes observations d'opérés de cataracte, comme Mauthner et d'autres l'ont fait. On sait que la grande majorité des opérés de cataracte ont, après l'extraction, besoin d'un verre convexe d'environ 11 dioptries, placé à environ 15*"™ devant l'œil, pour voir nettement de loin. Or, on voit au tableau que l'œil de Young supposé emmétrope, et l'axe réduit en conséquence, aurait besoin d'un verre d'environ 14 dioptries après
Textraction du cristallin. La force réfringente de celui-ci était donc trop grande, comme nous l'avons vu, parce que les rayons étaient admis trop petits. Ses successeurs, Listing et v.Helmholtz, introduisirent des valeurs plus correctes des rayons, mais ils commirent Terreur d'augmenter en même temps l'indice, de manière à garder à peu près la même distance focale que Young. Ce n'est que dans le nouvel œil schématique de v. Helmholtz que ce savant a admis un indice, qui ne diffère guère de celui de Young, ce qui porte la distance focale du cristallin de 43"^"* à 50"*"*. Le tableau montre que cette distance focale semble encore trop grande, comparée avec les observations d'opérés de cataracte. J'ai donc pensé bien faire en admettant un indice un peu plus faible que celui de Young (1,42).
Tels sont les moyens que nous possédons pour déterminer la distance focale du cristallin dans l'œil vivant. Comme ils ne sont guère suffisants, on a essayé de mesurer des cristallins morts. Il est d'abord clair que si l'on dispose d'un cristallin humain qui soit suffisamment frais pour avoir gardé sa forme et sa transparence, on peut déterminer la position des foyers et en général de tous les points cardinaux directement, par des méthodes qui se rapprochent plus ou moins de celle de M. Cornu ; et en mesurant en même temps la courbure des surfaces et l'épaisseur, on a tous les éléments qu'il faut pour déterminer l'indice, v. Helmholtz a fait des déterminations de cette sorte, mais qui ne semblent pas avoir donné de très bons résultats ; en tout cas les valeurs (ju'il a trouvées pour l'indice total sont très-fortes (1,4519 et 1,4414), et la distance focale bien petite (45'""* et 47"»*»). WoiNOw^ a répété ces mesures et a trouvé en partie des valeurs moindres pour l'indice (1,43 — 1,44). — Il serait à désirer que ces mesures fussent encore reprises ; ce sont en effet elles et les observations d'opérés de cataracte qui, à mon avis, promettent de nous donner les renseignements les plus sûrs Sur cette question délicate.
Reste à mesurer l'indice directement, méthode déjà tentée par Young. On peut assez facilement mesurer l'indice du centre et celui de la couche superficielle, mais on rencontre de grandes difficultés en essayant de déterminer la loi d'après laquelle l'indice varie entre la surface et le centre, loi qu'il serait nécessaire de connaître pour pouvoir déterminer l'indice total. La loi admise par Young était purement hypothétique ; il l'avait sans doute choisie parce qu'il savait calculer l'indice total dans cette hypothèse. Les propositions VII et VUI ont plutôt pour but de montrer comment l'indice total (1,4359), qu'il avait trouvé par le calcul, pouvait s'accorder avec l'indice plus faible (1,400), que la méthode de Wollaston lui avait donné pour le centre du cristallin. Pour pouvoir calculer l'indice total il faudrait dans l'expression
log l — log n
n log l — / log n
= n jc.-
connaître l^n, le rapport entre Tindice du noyau et Tindice à la surface et 2® /?, la puissance de la distance au centre avec laquelle l'indice varie. Mais Young n'avait mesuré que Tindice du centre, et ne possédait par conséquent nullement les éléments qu'il fallait pour le calcul.
Après Young, différents auteurs se sont occupés de la question de savoir d'après quelle loi l'indice du cristallin varie et comment il faut calculer son indice total. Avant tous il faut citer Matthiesen, qui, après avoir étudié la structure du cristallin chez un grand nombre d'animaux, est arrivé à établir la loi suivante. Désignons par n^ l'indice en un point situé à une distance égale à 6 du centre, par Hc l'indice du centre, par fis l'indice à la surface, et par a la distance de la surface jusqu'au centre. D'après la loi de Matthiesen on a alors
nh = ns-\- {fie — ns) ~ —
et l'indice total serait, avec une grande approximation
On n'a donc qu'à mesurer, avec le réfractomètre, les indices du centre et de la couche extrême et ajouter le double de leur différence à V indice de la couché extrême, pour trouver V indice total, l'indice du centre étant la moyenne entré l'indice de la couche extrême et l'indice total.
On conçoit qu'il est difficile de vérifier cette loi directement, en déterminant l'indice de parties d'un cristallin humain, situées à différentes distances du centre. Aussi M. Matthiesen et ses élèves ont-ils surtout fait leurs recherches sur des cristallins de grands animaux (les bœufs, les baleines), et ils ont en outre essayé de confirmer la loi par l'analogie avec d'autres substances d'indice variable, par exemple de petites sphères de gélatine, qu'on laisse pendant un peu de temps dans l'eau de manière à ce que les parties superficielles puissent s'imbiber de liquide.
Young avait trouvé 1 ,4000 comme indice du centre du cristallin mort et admis 1,4117 pour le centre du cristallin vivant et \ ,4359 pour l'indice total. — Dans son dernier travail (Die neueren Fortschritte in unserer Kentniss von dem optischen Baue des Auges der Wirhelthiere, dans les Beitraege zur Psychologie und Physiologie der Sinnesorgane, offerts à v. Helmholtz à l'occasion de son 70® anniversaire), Matthiesen donne les mesures complètes de sept cristallins.
L'inUice centrât varie entre 1,4077 et 1,4154, et on calculant l'indice total de la manière indiquée ci-dessus, on trouve des valeurs qui varient entre 1,4252 et 1,4441, et qui donnent une moyenne de 1,434; cela est très près du chiffre de Youhg. Matthiesen donne lui-même un indice total de 1,43C7 comme moyenne de treize cristallins mesurés. Les déterminations de Young ont donc presque donné le même résultat que les meilleures des mesures modernes. — D'après les observations faites sur des opérés de cataracte, on devait pourtant, comme nous l'avons déjà remarqué, s'attendre à des chiflres moins élevés et plus uniformes pour l'indice total que ceux que Matthiesen a trouvés.
Lorsque je regarde un petit point lumineux, par exemple l'image "de la flamme d'une bougie, formée par un petit miroir concave, il apparaît sous la forme d'une étoile radiée, d'une croix, d'une ligne irrégulière, mais jamais comme un point parfait, à moins que je ne corrige la réfraction inégale de mon œil au moyen d'une lentille concave inclinée convenablement.
Si je rapproche le point très près de mon œil, il se transforme en une surface presque circulaire, à peu prés uniformément éclairée si j'excepte quelques lignes 1res fines, ayant une direction presque radiaire (Fig. 36). A cet effet la meilleure image est celle de la
Fig.36 in petit |>uinl liimi
flamme d'une bougie, ou d'une petite tache brillante, vue à travers une petite lentille à peu de distance [de l'œil] ou par réflexion à [la surface cl']une lentille plus gi-ande. Si l'on exécute une pression sur l'œil en le tenant fermé avec un doigt, par exemple, la vision
reste souvent confuse un peu de temps après qu'on a enlevé le doigt, et l'image est en ce cas couverte de taches et de lignes irrégulières (Fig. 37). — Les lignes radiaires [mentionnées plus haul] sont probablement occasionnées par de petites irrégularités de la surface du cristallin, qui est en effet très légèrement sillonnée dans la direction de ses fibres. L'aspect moucheté sera expliqué plus loin. — En éloignant le point lumineux, l'image devient
Fig. 48
Fîg.4i f
F^.3S-45. Différent»
> tormea cl« rioHige d'ua point lumiiu
BilleurrojerHBBeinbtei
l U fig. 40, mab U «si bien pli» petit.
ovale, le diamètre vertical étant le plus long et les lignes sombres deviennent un peu plus distinctes {Fig. 38) ; l'éclat est plus fort dans les environs du centre, mais au centre même il y a une tache plus sombre, due à une faible dépression au sommet du cristallin, telle qu'on l'observe souvent après la mort. La situation des raies est constante, mais irrégulière ; les plus distinctes sont au nombre de sept ou huit ; quelquefois on peut en compter une vingtaine de plus faibles.
Si on éloigne le point lumineux un peu plus, l'image prend la forme d'une droite verticale assez courte (Fig. 39), les rayons
horizontaux étant réunis, pendant que les rayons verticaux sont encore séparés (Fig, 39). Dans la phase suivante (Fig. 40), qui correspond au foyer le plus parfait, la ligne se dilate au milieu et se transforme en un carré aux angles saillants, montrant des lignes plus sombres suivant les diagonales. Le carré s'aplatit ensuite pour former un losange (Fig. 41) et le losange fait place à une ligne horizuntale d'éclat non uniforme (Fig. 42). A une distance plus grande la ligne s'allonge et s'élargit aussi en présentant des excroissances, mais elle ne forme pas une surface uniforme, la partie centrale restant toujours considérablement plus lumineuse, à cause du môme aplatissement du sommet, qui tout à l'heure la rendait plus sombre (Fig. 43 — 45).
Quelques-unes de ces figures montrent une analogie frappante avec des images produites par la réfraction de rayons obliques (Prop. IV. Scol. 4) et elles ressemblent encore plus à une combinaison de deux de ces images de directions opposées (Fig. 47). Il
Fig. 40
elle UHt lui |wu iiluH nbtiuw. i-e i|iii eut |irulHUil«n«it iln A lUie •iblii(uil« inuiiu gnuiije de la ■urfH» iHiBUriisure du criotullùi |?|.
Fig. il. Coniliiiiaurjii lie duui llt(Ur<ig, |iureU]iw A la ciiiquitiue furniu de Fig. 6 deatinée à iiniter Fig. 45.
ne reste donc pus de doute que les deux surfaces du cristallin sont obliques pur lapport à la ligne visuelle et contribuent toutes les deux à la distorsion du point focal. On peut aussi vérifier ce que je viens de dire, en observant l'image formée par une lentille ordinaire, placée obliquement par rapport aux rayons incidents (Fig. 6).
J'ai saisi l'occasion du Congrès d'ophtalmologie de Paris 1891 (BuLetin de la Société Française d'ophtalmologie, p. 233) pour attirer l'attention sur cette manière d'examiner l'optique de l'œil. Tous les défauts, l'astigmatisme régulier et irrégulier, l'aberration de sphéricité et l'aberration chromatique se dessinent dans ces figures, mais souvent d'une manière très difficile à interpréter. Je possède une petite collection, représentant les formes sous lesquelles un point lumineux est vu par dilFérentes personnes ; il n'y a pas deux de ces figures qui se ressemblent. Les ligures, dessinées par Young, sont plus régulières qu'on ne les trouve en général, au moins lorsque le point lumineux possède un éclat un peu vif. La figure 48 Tab. I, qui m'a été dessinée par un peintre de mes amis, en montre un exemple. — Je recommande la méthode tout particulièrement pour les cas où l'on trouve une acuité visuelle faible sans pouvoir constater un défaut palpable, cas dans lesquels on pose souvent le diagnostie d'amblyopie. On trouvera souvent alors des défauts optiques par la méthode en question.
Si l'on emploie une image de réflexion pour cette expérience, comme Young le recommande, il faut foire attention à ce que l'angle d'incidence ne soit pas trop grand. Dans le cas contraire, le faisceau réfléchi est astigmate, de façon que même un oeil parfait ne verrait pas un point lumineux.
Je n'ai jamais remarqué l'aplatissement du sommet du cristallin dont parle Young ; dans l'œil humain on peut, au contraire, au moyen des images catoptriques constater que le milieu est plus convexe que la périphérie. Au moins c'est visible pour la surface antérieure. — Comme nous avons vu, Young s'est probablement trompé en attribuant tout son astigmatisme à l'obliquité du cristallin ; ranBlog:ie
entre ses images et celles qu'on obtient avec une lentille placée obliquement n'est pas non plus trop frappante.
Champ visuel L'dxc visucl étant fixé dans une direction quelconque, je peux en même temps voir un objet lumineux placé latéralement à une distance considérable ; mais Tangle est bien différent dans les différentes directions. Il s'étend à 50^ en haut, à 60® en dedans, à 70® en bas et à 90® en dehors. Ces limites internes du champ visuel correspondent bien aux limites eodemes formées par les différentes parties du visage, lorsque l'œil est dirigé en avant et un peu en bas, ce qui est sa position la plus naturelle. Les limites internes sont pourtant un peu plus larges que les limites externes, mais elles sont toutes les deux bien calculés pour nous permettre d'apercevoir le plus vite possible les objets qui nous intéressent le plus. L'œil du Dr. Wollaston a un champ visuel plus large aussi bien dans la direction horizontale que dans la direction verticale, tout en gardant à peu près les mêmes proportions ; il s'étend pourtant plus en haut. — On sait que la rétine s'avance plus vers l'angle interne de l'œil que vers l'angle externe ; en haut et en bas son étendue est a peu près la même, et elle dépasse dans toutes les directions les limites du champ visuel, même si l'on ne tient compte que de la réfraction cornéenne. La partie sensible semble plutôt coïncider avec le Tapetum des quadrupèdes ;
Champ de vision mais l'éteudue totale de la vision parfaite ne dépasse guère dix
parfaite , , , . i i i i
degrés ; ou, pour m expnmer plus exactement, la vue commence déjà à diminuer à un ou deux degrés de la ligne visuelle, et à une distance de cinq ou six dégrés elle devient à peu près stationnaire et reste la même, jusqu'à ce qu'elle s'éteigne à une distance beaucoup plus grande. La diminution tient en partie à l'inévitable aberration des rayons obliques, mais surtout au défaut de sensibilité de la rétine, car si l'image du soleil même tombe sur une partie périphérique de la rétine, elle ne produit pas une impression assez forte pour former une image secondaire permanente, tandis qu'un objet d'un éclat très modéré produit cet effet, vu directe-
faible
ment. — On a dit qu'il est plus facile d'observer une lumière ta fovea est
n«iii 1) s . t ...... moins sensibi
laible, la queue d une comète par exemple, en vision indirecte q^^ u qu'en vision directe. Si le fait est certain, la raison en est probable- pé"pWrie à
-, une lumière ir
ment que des grandes masses de lumière et d'ombre sont plus faciles à distinguer lorsque les différentes parties sont un peu confuses que lorsque le tout est parfaitement net. J'ai ainsi souvent observé que le dessin d'une tenture ou d'un tapis formait certaines lignes, lorsque je les regardais sans mon verre [correcteur], des lignes qui disparaissaient aussitôt que je rendais le foyer parfait. — Il aurait probablement été incompatible avec l'économie de la nature d'accorder une plus large part de sensibilité à la rétine. Le nerf optique tel quel est déjà très gros et la délicatesse de l'organe le rend très-sensible même à de petites irritations, et très-exposé à des affections inflammatoires ; pour rendre la vision aussi parfaite qu'elle est, il était donc probablement nécessaire de restreindre cette perfection dans des limites très étroites. Le mouvement de l'œil a une étendue d'environ 55^ dans toutes les directions. Le champ de vision parfaite s'étend donc, par ce mouvement, à 110^
En faisant abstraction de la vision des couleurs, dont Tauteur ne s'occupe pas dans ce travail, nos connaissances actuelles de ces questions ne sont guère plus avancées qu'au temps de Young.
Champ de regard
La forme de toute l'étendue de la rétine est telle, que chaque La rétine se
, . 1 p .,1 .,1 . .1 1 trouve partou
partie de sa surtace reçoit la meilleure image, que puisse donner le ^u foyer le ph pinceau réfracté correspondant, et la variation de densité du cris- parfait tallin a pour effet de faire contribuer chaque pinceau à la formation d'une image meilleure que n'aurait pu la fournir aucune autre combinaison imaginable. Pour le faire voir j'ai construit un diagramme qui représente les images successives d'un objet remplissant toute l'étendue de la vision, comme elles se formeraient par les réfractions produites successivement dans l'œil. En prenant l'échelle de mon propre œil, je suis obligé de remplacer la série
d'objets situés à l'infini par un cercle de 10" de rayon. Il convient
de considérer seulement les rayons qui passent par le sommet antérieur du cristallin, puisque le centre de chaque pinceau doit se trouver sur le rayon qui passe par le milieu de la pupille, et que la petite distance de ce point au sommet du cristallin, tend toujours à corriger la réfraction inégale [astigmatique] des rayons obliques. La première courbe (Fig. 49) est Timage formée par Vinter-
' ■ Ef^G Cl IB 1A
Fig. 49
Images d'un large objet luinineux, formées Hiic.cessivement par les difTérenies surfaces réfriii*
génies de l'œil. Lu figure montre ({ue lu dernière image coïncide avec la rétine. EG est la
distance qui sépare les foyers des rayons horizontaux et verticaux dans mon œil.
section la plus éloignée [deuxième ligne focale] des rayons réfractés par la cornée [seulement], et la deuxième l'image formée par Tintersection la plus rapprochée [première ligne focale]. La distance entre les deux courbes montre le degré de confusion de l'image et la troisième courbe correspond à sa partie la plus brillante. Telle doit être la forme de l'image que la cornée tend à former dans un œil
privé de cristallin, et il n'existe aucun moyen extérieur de corriger convenablement ce défaut de la vision périphérique. — Les trois courbes suivantes correspondent aux images formées après laréfraction [par la cornée et] par la surface antérieure du cristallin. Les trois suivantes montrent le résultat des trois réfractions successives. La dixième courbe est presque identique à la neuvième, avec une petite correction près de Taxe, en F, où quelques rayons perj)endiculaires peuvent arriver, grâce à la largeur de la pupille. En comparant cette courbe avec la onzième qui représente la forme de la rétine, on verra qu'il ne faut pas autre chose qu'une diminution modérée de la densité des parties latérales du cristallin pour faire coïncider complètement les deux courbes. Si la loi, suivant laquelle cette densité varie, était plus exactement connue, on pourrait calculer son influence sur l'image au moyen de la huitième proposition, mais les opérations seraient un peu laborieuses. L'image ainsi corrigée se rapprocherait probablement beaucoup de la forme de la douzième courbe.
Matthiesen^ qui a plus tard repris cette question, est arrivé au même résultat que Young.
Pour trouver la position de l'entrée du nerf optique, je place deux bougies aune distance de 10" [Fune de Tautre], je recule de 16' Position et
, • !• • •! * j. 'j. 2 ^ /y » j 'j. * i grandeur de I
et je dirige mon œil vers un point situé a 4' a droite ou a gauche ^^^le de du milieu de l'intervalle ; les flammes disparaissent alors dans une Manotte tache de lumière diffuse, mais le moindre déplacement de l'œil amène l'une ou l'autre dans le champ visuel. Bernoullj^ devait donner à son regard une déviation plus grande et la tache aveugle paraissait plus large. II résulte de cette expérience que la distance du centre du nerf optique à l'axe visuel est 4,06™°* (0",16) (Prop. V), et que le diamètre de la partie la plus insensible de la rétine est de 0,85™"* (Vso").
Pour déterminer la distance du nerf optique au point situé en La fovea est
!• j 1 'Il •» • • *i i • •» • , située en deho
lace de la pupille, j ai pris un œii humain, que j ai coupe en ^j^ j^^^
à la pupille
' Dioptrik. Leipzig 1877, p. 154.
^ Conim. Petrop. I, p. 314.
segments, allant du sommet de la cornée jusqu'au nerf optique. Après avoir étalé les segments sur un plan, je mesurai la distance la plus grande et la plus petite de la cornée jusqu'au trou du nerf optique ; la différence se trouva être exactement de 5,07"^°» (0",2). A ce chiffre il faut ajouter 0,51'"°> (0",02), à cause de l'excentricité de la pupille par rapport à l'iris, qui dans l'œil que je mesurais n'était pas bien grande. La distance du centre du nerf jusqu'au point opposé à la pupille était donc
^^ — ^ '^^ = 2,79-- [OMIJ.
Il s'ensuit que l'axe visuel est 1,27— [0",05] plus loin du nerf optique que le point opposé à la pupille. — Il est possible que cette distance diffère dans les différents yeux. Dans mon œil l'obliquité du cristallin et l'excentricité de la pupille par rapport à lui tendent à faire parvenir un rayon direct sur le point opposée à la pupille^ sans une grande inclinaison [déviation en dehors] de l'œil. Et il n'est pas invraisemblable que l'œil se tourne un peu en dehors pour regarder un objet situé droit devant lui, quoique la déviation soit trop faible pour être soumise à une mensuration. Déitiniinatioii II cst à remarquer qu'il est bien difficile de mesurer les prooxpenmentaie pQpjjQj^g jg j'^gj] asscz exactement pour déterminer avec certi-
du centre * i^
oi.tique de rœii tudc la graudcur de l'image rétinienne. La situation, les courbures et la structure du cristallin ont une telle influence, qu'on doit admettre la possibilité d'une erreur d'environ un dixième de la grandeur totale. Dans le but d'obtenir une vérification expérimentale, je plaçai deux bougies à peu de distance l'une de l'autre, et après avoir tourné mon œil en dedans, j'appliquai l'anneau d'une clef de manière à produire un phosphène, dont le bord coïncidât avec la bougie interne ; en fixant ensuite la bougie externe, je trouvai que le phosphène avançait de plus de deux septièmes de l'intervalle. Donc, la même partie de la rétine qui correspondait à un angle de sept, vue du centre de rotation de l'œil, correspondait
^ „Throw a direct ray upon it."
à un angle de cinq, vue du point d'intersection hypothétique des rayons principaux (Fig. 50) et la distance de ce point à la rétine
Fig. 50 Une méthode pour mesurer la grandeur de l'image rétinienne.
serait 16,18™™ [0",637]. Ce chiffre correspond très exactement avec le résultat de mon calcul, et la distance du nerf optique au point de la vision parfaite ne peut dans aucun cas être bien plus petite que nous ne l'avons trouvée ici. Dans les yeux des quadrupèdes la partie la plus colorée de la choroïde se trouve plus loin du nerf que l'axe réel de l'œil.
v. Helmholtz fait, avec raison, la remarque que Fidée d'employer deux bougies pour déterminer la largeur de la tache aveugle n'était pas très heureuse. La distance angulaire du bord interne de la tache jusqu'au point de fixation serait, d'après Young, 12*^ 56, et le diamètre de la tache 3® 5'.
Le premier chiffre concorde assez bien avec ceux des autres
auteurs, mais le diamètre de la tache de Mariotte est de 6 — 7" ^.
Voici les résultats de différents auteurs :
Young Listing Helmholtz
Bord interne 12^56' 12^37,5' 12^25'
Diamètre 3^ 5^ 5^55,9^ 6^56^
Milieu 13^88' 15^35,5' 15^53'
En admettant que le milieu se trouve à 15^ 30', la distance linéaire devient 4,49™™, en admettant 16,18™™ pour la distance du centre optique de l'œil jusqu'à la rétine (voir ci dessus). E. H. Weber a mesuré cette même distance zur un œil mort et trouvé 4,66™™.
^ Helmholtz. Optique physiologique, II, p. 287.
Il résulte des expressions de Young qu'il considérait comme le vrai axe de Toeil une droite, passant par le milieu de la pupille et divisant une section horizontale du globe en deux parties égales. Cet axe serait situé entre la ligne visuelle, dirigée plus en dedans, et Taxe du cristallin, dirigé plus en dehors (ce qu'on peut vérifier sur la figure 30 représentant une section horizontale de son œil). Il admettait en outre que cet axe ne passait pas par le sommet de la cornée, mais un peu en dedans de celui-ci. — Avec la correction que j*ai cru devoir
appliquer quant à l'obliquité du cristallin (p. 129), cet axe coïnciderait à peu près avec Taxe du cristallin et formerait par conséquent le véritable axe optique de Toeil.
Voici comment il déterminait sa direction.
Soit Fig. 51 une section horizontale de Tœil droit, vu d'en haut, et soit AB Taxe de Young, passant par le milieu de la pupille ; Fig. 51. T. soit C le sommet de la
Section horizontale de l'œil droit, vu d'en haut. Schématique, comée, Ole Centre de
L'obliquité est exagérée. Tentrée du nerf opti-
AB. Axe de Young. • -n i i» t^
F^ Fovéa. ^"®' ^* ^ ^^ fovea. En