XII. Résumé du mémoire
Pour finir je vais récapituler les résultats principaux de ces recherches, que j'ai pris la liberté de présenter à la Société avec tant de détails. Ce sont :
P La détermination du pouvoir réfringent d'un milieu de densité variable, et son application à la structure du cristallin.
2® La construction d'un instrument qui permet de déterminer exactement la distance focale d'un œil quelconque, à simple vue, et d'en comger les défauts.
3® La preuve que les différentes parties de l'œil sont exactement ajustées de manière à permettre une distinction nette de la plus grande étendue possible au même instant.
4^ La mesure de la dispersion des rayons colorés dans l'œil.
5^ La démonstration, établie par l'immersion de l'œil dans l'eau, que l'accommodation ne dépend pas d'un changement de courbure de la cornée.
6® La preuve que la longueur de l'axe de l'œil ne peut subir aucun changement de quelque importance, preuve établie en maintenant fixées les deux extrémités de l'axe.
7^ L'examen des conclusions qu'on peut tirer des expériences faites, jusqu'à présent, sur des personnes privées du cristallin ; la poursuite de ces recherches suivant les principes suggérés par le docteur Porterfield et la confirmation de son opinion de l'impossibilité absolue pour ces personnes de changer la réfraction de l'organe.
8^ La déduction d'un argument décisif en faveur du changement de forme du cristallin, tiré de l'aberration des rayons latéraux ; la détermination de la forme que prend le cristallin de mon œil, basée sur la grandeur de cette aberration, et la constatation de la manière dont ce changement doit se produire chez tout le monde ^
^ Il est curieux de remarquer que Young, parmi ses découvertes, ne cite pas celle qui a eu jusqu'ici la plus grande importance pour l'ophtalmologie pratique, à savoir la découverte de l'astigmatisme.
Et je me flatte de l'espoir qu'on ne me trouvera pas trop hardi, si je considère ces séries d'expériences comme suffisamment démonstratives.
On sait que cet espoir fut long à se réaliser. Le mémoire dont on vient de lire la traduction, n*a pas été étudié jusqu'ici avec le soin que méritait une œuvre aussi remarquable, la plus étonnante qui ait jamais paru sur ces matières. Le fait que l'accommodation se produit par une augmentation de la convexité du cristallin, — fait que Young avait définitivement démontré — fut contesté pendant longtemps encore, jusqu'à ce que les belles découvertes de Purkinje et Langenbeck, de Cramer et v. Helmholtz vinssent confirmer l'exactitude de la conclusion de notre auteur.