DE DIFFÉRENTS ANIMAUX
Chez les quadrupèdes ordinaires, la structure du cristallin est à peu près la même que chez l'homme. Le nombre de radiations a peu d'importance; dans le cristallin humain j'en trouve dix de chaque côté (Fig. 84), et non trois comme j'avaisconclu d'une observation précipitée.
Pour trouver des difficultés à observer les fibres, il faut avoir une vue bien peu apte aux recherches microscopiques. J'ai travaillé avec la persévérance la plus obstinée pour trouver des nerfs dans r,g.si
le cristallin, et il m'a quelque- "i^pcitio,, d™ fibr.» ,iu ,ri,uaiin hunmin. fois semblé avoir réussi, mais il m'est impossible de m'avancer
' Un verre dépoli est presque transparent dans l'eau.
plus loin que de déclarer être convaincu qu'ils doivent exister, et que ceux qui ont absolument nié leur existence se sont trop hâtés. Les longs nerfs |eiliaires] qui se trouvent entre la choroïde et la sclérotique se divisent en deux, trois ou plusieurs branches à l'endroit où commence la zone ciliaire et semblent fournir quelques petites fibres à la choroïde à cet endroit. Souvent les fibres se réunissent en formant une petite protubérance, qui ne mérite guère le nom de ganglion ; elles sont à cet endroit attachées à la dure membrane brun ■ blanchâtre , qui couvre la substance compacte spongieuse, dans laquelle les vaisseaux des processus ciliaires se subdivisent et s'anastomosent (Fig. 85). La quantité de nerfs qui continuent leur chemin vers l'iris semble beaucoup moins considérable que celle qui arrive à l'endroit de la division ; il y a donc peu de doute que la division est calculée de manière à fournir quelques petites branches au cristallin ; d'après l'aspect des parties, il n'est pas impossible que quelques fibres p, ^ passent dans la cornée, quoiqu'il soit
Diïisiun d« nerfi daiu la zone cUiairei ping probable OUC la tUilica COnjOtlC-la 8,l*™tiq«e est enlevé.. 0„ voit un de, ,. ^ . -, J U T /k
nerfs s'avancer jusqu'à l'iris, où il se ttVa 86 lOUmit Cn dchOrS. LeS tibreS,
divise. - Veau. ^^j p^ggent probablement dans le
cristallin, entrent immédiatement dans un mélange de substance ligEunenteuse et d'une membrane dure et brunâtre, et jusqu'à présent je n'ai pas réussi à les isoler. On trouvera peut-être des animaux chez lesquels cette substance est d'une autre nature ; je n'ai pas perdu tout espoir de trouver les nerfs chez les quadrupèdes, en injectant les vaisseaux pour pouvoir les distinguer plus facilement et en blanchissant les nerfs au moyen d'un acide. Notre insuccès ne peut pas servir de preuve contre l'existence de ces nerfs ; ils sont naturellemeni très délicats et transparents, et nous avons dans la cornée un exemple d'une
membrane d'une sensibilité extrême dans laquelle on n'a pas encore trouvé des nerfs. La capsule est attachée au corps ciliaire, et le cristallin est adhérent à la capsule dans deux ou trois points ; mais j'avoue que je n'ai pas été en état d'observerqiieces points fussent situés exactement en face des troncs des nerfs. Les adhérences sont donc probablement dues aux vaisseaux qu'on voit quelquefois traverser la capsule dans des yeux injectés. On peut du reste suivre des ramifications qui, à partir de quelques-uns de ces points, pénètrent dans la substance du cristallin {Fig. 86), en suivant, en général, à peu près la même direction que les fibres ; quelquefois le point de départ est au point opposé de l'un des rayons de la même surface.
Mais les vaisseaux principaux du cristallin semblent dériver de l'artère centrale par deux ou trois branches près du sommet postérieur.
Je pense que c'est là la cause qui fait qu'une partie de la cataracte adhère souvent à p. gg
la capsule à cet endroit. Les Ramificationa pariant d» bord du criatalUn.
vaisseaux suivent souvent à
peu prés la direction des radiations et ensuite celle des fibres ; il y a souvent une subdivision superficielle d'une des radiations à l'endroit où ils entrent. Les vaisseaux provenant de la choroïde semblent surtout approvisionner une substance qui, jusqu'à présent, a échappé à l'observation. Cette substance remplit la partie marginale de la capsule du cristallin, sous la fonne ^«- ^^
/ . .... La zouï du crEatalliu, aji^rçu « travers la
d une zone mmce, qui produit une capsule.
anH SUR LE MECANISME DE L'ŒIL
faible élévation visible à travers la capsule (Fig. 87). Elle est composée de fibres plus grosses que celles au cristallin, mats qui ont à peu près la même direction que celles-ci ; souvent elles sont mêlées avec des petits globules.
— Chez certains animaux le bord de cette zone est crénelé, surtout en arrière, où elle est plus courte, ce qu'on peut observer chez la perdrix. Chez cet oiseau on voit toute la surface du cristallin coupi ^ verte de points ou plutôt de glo- Lï lime crvi»i«e ei ie« giobuJa rtpiiière- bules, disposés suivaut des lîgncs
mm I arrangés du rriitAllin de la perdrix, . >■. /t?- odi II
régulières (rig. 88), rappelant celles d'un rayon de miel ; au sommet la disposition est pourtant moins uniforme. Cette régularité prouve bien que le phénomène n'est pas dû à une illusion d'optique, mais il faut ''*^ un bon microscope pour voir
nettement le dessin. On peutfacilement enlever la zone dans l'eau et la durcir dans l'alcool. Sa destination n'est pas connue ; peut-être sép. ^ crète-t-elle le li-
U urne en partie entevé*. montrant des nmificalion» qui la quide cHstalUnien
.,.„»», p.., n.«., d... ,. .™wii.. ^j mérile-t-elle le
nom de glanile aussi bien que la plupart des substances qu'on désigne habituellement ainsi. En l'enlevant, j'ai très-distinctement
VU des ramifications, qui passent à travers elle dans le cristallin (Fig. 90) ; il n'est en effet pas difficile de découvrir des vaisseaux qui attachent les bords du cristallin à la capsule ; il est surprenant que M. Petit ait douté de leur existence. Je n'ai pas encore pu distinguer nettement cette glande cristaliinienne dans l'œil humain, mais je conclus à l'existence de quelque chose d'analogue aux globules, par l'aspect moucheté de l'image d'un point lumineux, que j'ai déjà mentionnée [page 141 ]. Je ne peux pas expliquer cet aspect autrement qu'en l'attribuant à un dérangement de ces particules, produit par la force extérieure, et à l'impression inégale exercée par elles à la surface cristaliinienne.
Les remarques anatomiqiies de Younc sont loin d'avoir la valeur de ses observations concernant la physiologie de la vision. On sait par exemple que le cristallin ne possède ni vaisseaux ni nerfs ; les globules que YouNG a découverts dans l'œil de la perdrix sont probablement identiques à l'épithélium de la cristallnlde antérieure, mais l'aspect moucheté de l'image lîg. 37 n'a rien à faire avec ces globules ; il provient d'irrégularités de la surface antérieure de la cornée. Ce que YouNG désigne comme glande cristaliinienne n'est pas une glande ; cette partie correspond à la zone formée par les fibres les plus périphériques du cristallin, qui surtout chez les oiseaux et les reptiles ont une direction radiaire.
Chez les oiseaux et les poissons, *
les fibres du cristallin sont également radiaires ; elles s'amincissent à mesure qu'elles se rapprochent du sommet, où elles se perdent en une substance uniforme de même consistance que le reste, et qui semble perforée au centre par un vaisseau sanguin (Fig. 91). Contrairement à l'opinion de Leeuwenhoek les fibres Fig. 9i
ne se continuent certainement pas, Disp™''""» ■i*^» '■''«» '^'"^ '<^' ""<■«":' chez les quadrupèdes, à travers la •
ligne de séparation, où elles se rencontrent en formant un angle ; il parait qu'il n'existe pas de substance interposée enti'e elles ;
la ligne de séparation est souvent marquée par des vaisseaux très fins. Mais comme probablement toute la masse du cristallin, tant qu'elle est mobile, est douée de la faculté de pouvoir changer de forme, il n'y a pas besoin d'une union solide ou d'un attachement des fibres, puisque le mouvement ne rencontre que peu ou pas de résistance. Un muscle ordinaire reprend sa forme naturelle aussitôt que la contraction cesse, même sans l'assistance d'un antagoniste, et le cristallin même, sorti de l'œil dans sa capsule, possède assez d'élasticité pour reprendre sa forme propre lorsque la force qui le
Elasticité de hu comprime, ccssc d'agir. La capsule est très élastique, et comme capsu e ^jj^ ^^^ jj^^^ latéralement au corps ciliaire, elle doit aider le cristallin à reprendre sa forme aplatie. Si on demande pourquoi le cristallin ne peut pas diminuer sa convexité aussi bien qu'il peut l'augmenter, on peut répondre que les parties latérales ne peuvent probablement se contracter que très peu et, le pourraient-elles davantage, il n'y aurait pas de place pour l'augmentation du diamètre du disque, qui serait la conséquence d'un raccourcissement de l'axe. Les parties situées près de l'axe n'ont pas de fibres disposées de manière à pouvoir raccourcir celui-ci par leur contraction.
Le» processus Je mc cousidèrc comme en partie indemnisé du travail que j'ai fait inutilement en cherchant les nerfs du cristallin, par les idées plus exactes que j'ai acquises sur la nature et la position du corps ciliaire. On a déjà remarqué que les processus ciliaires ne sont pas attachés à la capsule du cristallin chez le loup et le lièvre. Si par processus ciliaires on entend les filaments qu'on voit détachés après avoir enlevé la capsule et qui sont composés de vaisseaux ramifiés, l'observation est également vraie pour les quadrupèdes ordinaires et je dirais même pour l'œil humain ^ La même remarque a en effet été faite par Leroi, Albinus et d'autres. Cette circonstance n'est pas généralement comprise. Il est si difficile d'arriver à une vue nette de ces corps sans les déranger, que je dois en partie à un hasard de ne pas m' être trompé à leur égard ; une fois l'observation faite, j'ai appris à la démontrer d'une manière
* Voir H ALLER. Physiol. V, p. 482, et Duverney, loe. citât.
incontestable. Après avoir enlevé l'hémisphère postérieur de la sclérotique et autant que possible du corps vitré, j'introduis la pointe d'une paire de ciseaux dans la capsule et j'enlève le cristallin et la plus grande partie de la capsule postérieure avec le corps vitré restant. Je sépare ensuite la sclérotique de la choroïde et de l'iris, et après avoir divisé la capsule antérieure en segments à partir du centre, je retourne ceux-ci vers le corps cillaire. Les processus ciliaires apparaissent alors couverts de leur pigment, parfaitement séparés aussi bien de la capsule que de l'iris (Fig. 92) ; on voit la surface de la capsule brillante et sans aucun doute en état naturel tout près de la base de ces processus. Je ne dis pas que la séparation entre l'iris et les processus ne s'étend pas un peu plus en arrière que la séparation entre les processus et la capsule, mais la différence est faible et ne s'élève pas à
plus de la moitié de la longueur La capaule du crblallin, coupée eu segmente
de la partie libre. L'aspect des et retourné* pour montrer lea proeeMUB
^ ^ ciliHiree libres. — Veau.
processus est absolument inconciliable avec la nature musculaire ; il est donc doublement inadmissible de les considérer comme muscles attachés à la capsule. L'attachement latéral des processus à la capsule commence à la base lisse de leur surface postérieure, et il se continue presque jusqu'au point où s'attache la base de l'iris. Cette portion de la base des processus serait donc beaucoup trop courte pour produire un effet sensible, de quelque manière qu'on voulût admettre qu'elle soit disposée à se contracter.
Il n'est pas facile de dire à quoi servent ces processus. S'il était nécessaire d'avoir des organes spéciaux pour la sécrétion, on pourrait les désigner comme des glandes servant à la filtration de
l'humeur aqueuse, mais il n'y a aucune raison pour se les figurer destinés à ce but.
Le marsupium nigrum des oiseaux et la partie de la choroïde qui affecte la forme de fer à cheval chez les poissons, sont des substances qu'on a quelquefois à tort désignées comme musculaires. Comme Haller l'assure avec raison, toutes les fibres apparentes du marsupium nigrum sont simplement des plis d'une membrane, qu'on peut facilement développer sous le microscope au moyen d'un pinceau fin, après avoir coupé les bouts, ce qui ne laisse aucun doute sur sa nature non musculaire. L'expérience rapportée par M. HoHE ' ne peut pas être considérée comme un argument suffisant pour nous engager à attribuer à cette substance une faculté que son aspect nous engage si peu à espérer d'elle. La substance rouge de la choroïde des poissons pourrait plutôt tromper l'observateur ; sa couleur lui permet certaines prétentions, et j'ai commencé à l'examiner avec quelque pré- F;g 93 vention en faveur de sa
Lue partie (l« lu chorotde de la morus. sv.t lo ,u],sUi.iL,= nature mUSCUlalfe. Mais
ronge, L'nrl^re ('«iitrale est nuxiieiiilue lilireiiwjit
A rinKrtion du nerf. si on se rappelle la cou-
leur ordinaire des muscles des poissons, la rougeur perd de son importance. Une fois la membrane, qui couvre librement sa surface interne, enlevée (Fig. 95), elle semble montrer des divisions transversales, rappelant vaguement celles des muscles, et se terminer d'une manière qui a quelque analogie avec les insertions des muscles. Sous le ' Phil. Tmnsacl. 1796. p. 1«.
microscope les divisions transversales se présentent comme des fentes, et toute la masse a évidemment une structure uniforme sans trace de fibres.
La différence est très frappante, lorsqu'on la compare avec une partie d'un muscle quelconque. Elle est en outre fixée à la lamelle postérieure de la choroïde dans toute son étendue, n'ayant aucune attache capable de diriger son effet, sans parler des difficultés qu'il y aurait à con- u^mb™..,,.! — î^a«rf«cei,.tet™deia
cevoir quel pourrait subsliœre muge, boursoullÉ* par le chBlHraeiB..
être cet effet. Son usage reste complètement dissimulé à
notre curiosité, comme il arrive pour tant d'autres parties de l'organisme animal.
Le maraupiitm nigrum est l'organe, qu'on désigne généralement sons le nom dePe/^e; c'est lin pli de la choroïde qui fuit saillie dans le i;or|>!i ^.
vitré des oiseaux. 11 L-iipiinrcnpedelnaul^lniirPi-imsi'. Inmemliniue
sert à la nutrition dn éUiU «iJevr.*'.
corps vitré. La substance rouge des yeux de poissons a souvent été décrite sous le nom de glande choroldienne ; elle est due à un développement énorme des vaisseaux de la choroïde. — Certains poissons possèdent, du reste, un organe musculaire connu sous le nom de la Campanule de Haller ; il prend son insertion au bord inférieur du cristallin, en face du ligament par lequel cet organe est suspendu au corps ciliaire chez les poissons, et semble destiné à produire un aplatissement du cristallin.
L'uniieuii Les coquilles osseuses des yeux des oiseaux ont été décrites il y
Troisemix*"* a longtemps dans les „Philosophical transactions** par MM. Méry * et Ranby* et par M. Warren*, plus tard dans deux excellents mémoires sur l'œil du dindon et celui du hibou par M. Petit ^ et dernièrement par M. Pierce-Smith* et M. Home^ ; elles ne peuvent d'aucune manière avoir grand intérêt pour l'accommodation de l'œil à différentes distances. Elles semblent plutôt nécessaires pour protéger l'organe, qui est gros et proéminent, et qui n'a aucun support de quelque force dans l'orbite pour le protéger contre les accidents de différentes natures, auxquels sont exposés ces animaux à cause de leur manière de vivre et de leur mouvement rapide. Elles sont beaucoup moins exposées à des fractures que ne le serait un anneau osseux entier. Le marsupium nigrum semble destiné à empêcher un changement de la position du cristallin par une force extérieure. Il est situé de manière à n'arrêter que très peu de lumière ; la partie interceptée aurait surtout frappé l'insertion du nerf optique ; il semble trop attaché au cristallin pour permettre un allongement quelque peu considérable de l'axe de l'œil, quoiqu'il ne puisse certainement pas empêcher une protrusion de la cornée.
Yeux «le.^ Quant aux yeux des insectes, il y a une observation de Poupart
qui mérite d'être citée ici. Il fait remarquer que l'œil de la libellule
» Phil. Trans. Vol. XXXIII, p. 223. Abr. Vol. VII, p. 485. ^ Phil. Trans. Vol. XXXIV, p. 113. Abr. Vol. VII, p. 437. « Mémoires de l'Acad. 17^5, p. 163, 1736, p. tm. Ed. Amst. * Phil. Trans. 1795, p. 263.
" Phil. Trans. 1796, p. 14.
innectes
est creux et communique avec un vaisseau aérien, placé longitudinalement dans le corps, de façon que l'œil puisse être rempli d'air. Il suppose que l'insecte possède cet appareil pour pouvoir accommoder son œil à des objets situés à différentes distances ^. Je n'ai pas encore eu l'occasion d'examiner l'œil de la libellule ; mais rien n'empêche d'admettre que les moyens de produire un changement du pouvoir réfringent de l'œil puissent varier chez les différentes espèces d'animaux, aussi bien que leur aspect et la conformation générale de leurs organes. Un examen des yeux des libellules, des guêpes et des homards m'a amené non seulement à rejeter l'opinion de PouPART, mais même à me placer parmi les naturalistes qui se demandent si ces organes méritent en réalité le nom [d'yeux] qu'on leur donne en général. Cuvier a donné une très jolie exposition de la question dans son excellent traité d'anatomie comparée. Ses descriptions ainsi que celles de Swammerdam concordent bien, en général, avec mes observations. La situation de ces organes ainsi que leur aspect général parlent en faveur de l'hypothèse qui les fait considérer comme des yeux, et le grand nombre de fibres nerveuses qu'ils reçoivent semble prouver tout au moins que ce sont des organes de sens. Swammerdam prétend que leurs nerfs se croisent chez le crabe ermite ; ce n'est pas le cas chez l'écrevisse. La membrane extérieure est toujours transparente et ses divisions plus ou moins lenticulaires. Beaucoup d'insectes ne possèdent pas d'autres organes qui ressemblent à des yeux, et lorsque ces yeux sont couverts, les insectes semblent complètement ou en partie aveugles ^. — Mais d'autre part beaucoup d'insectes ne possèdent pas ces yeux, et parmi ceux qui les possèdent, il y en a beaucoup qui ont d'autres organes incomparablement mieux adaptés à la vision. Les parties dures de la peau voisines de ces organes sont souvent aussi transparentes, lorsqu'on enlève la croûte qui les couvre. M. Kirby m'informe que les antennes de Vapis longicornis montrent aussi cet aspect réticulé, quoique insuffisamment
' Phil. Trans. Vol. XXII, p. 673. Abr. II, p. 762. ^ HooKE. Microy raphia 179.
prononcé, pour qu'on puisse en conclure leur usage. — La membrane réticulée est toujours couverte d'un mucus opaque, qui semble devoir empêcher complètement la transmission de la lumière. Il n'y a rien non plus dans leur structure qui ressemble à un liquide transparent, et la convexité des parties lenticulaires ne suffit aucunement pour faire converger les rayons lumineux vers un foyer rapproché ; chez le homard, la surface externe est même parfaitement lisse, et la surface interne est seulement divisée en carrés par un tissu qui y adhère. Il n'y a rien qui ressemble à une rétine, et une image analogue à celle qui se forme dans les yeux des autres animaux (même des vers) ne peut pas se former dans ces organes. L'opinion de Bidloo, qu'il y aurait dans le centre de chaque hexagone une perforation qui transmettrait la lumière, ne semble pas admissible non plus. Si ces organes sont réellement des yeux, leur manière de percevoir la lumière rappelle plutôt l'audition que la vision, et ils ne pourraient donner qu'une idée très imparfaite de la forme des objets. Il est aussi à remarquer que les coléoptères qui n'ont pas d'autres yeux volent surtout la nuit et stigmates out la vue faible. — Les stigmates, en général au nombre de 3, 6, 8 ou 12, ont beaucoup plus l'aspect des yeux. Chez la guêpe, il y a extérieurement une lentille biconvexe, épaisse, solidement fixée dans la peau et parfaitement transparente ; la partie extérieure est dure, la partie intérieure plus molle. Derrière elle il se trouve une substance qui semble correspondre au corps vitré, et derrière celle-ci il y a probablement une rétine. Il faut considérer le cristallin comme réuni à la cornée, sans qu'il y ait aucune trace ni d'iris ni d'humeur aqueuse. Dans les yeux réticulés, il n'y a rien qui ressemble à un cristallin. — Les stigmates ne sont jamais mobiles, mais, pris ensemble, ils ont un champ visuel très large ; et il est possible que la partie postérieure de la lentille ait la faculté de changer sa convexité pour s'adapter à la perception d'objets situés à différentes distances.