II. Œil gauche de M. M Asymétrie prononcée
la partie interne de l'espace pupillaire est plus réfringente que la partie externe.
Fig. 78. T.
I. Système afocal à forte aberration ( pour la correction du kératocône ).
IL Système afocal a forte aberration négative.
Fig. 77. T.
le foyer. C'est probablement la faute de mon instrument : la ligne doit avoir été trop épaisse et les fentes trop larges '. Mais on voit très bien sur ma figure que l'intersection des deux lignes centrales bb' est située plus loin que celle des deux lignes périphériques, aa'. Les parties périphériques de l'espace pupillaire étaient donc plus myopes que les parties centrales. Pour avoir une idée de la manière dont un œil à aberration surcorrigée verrait la ligne, ou n'a qu'à retourner la figure. — La Fig. 77 II représente un autre cas plus irrégulier, où la cornée était probablement le siège d'une asymétrie prononcée.
Il est évident qu'on peut mesurer le degré d'aberration par cette méthode ; il s'exprime simplement par la différence entre la réfraction centrale et la réfraction périphérique. Pour avoir une bonne mesure il faudrait, pourtant, que l'expérience réussît mieux qu'il ne m'est arrivé jusqu'à présent. — On pourrait aussi en mesurer le degré au moyen de la déformation des ombres, si l'on avait une série de lentilles à aberration différente ; le degré de l'aberration s'exprimerait alors par la lentille correctrice, comme cela se fait pour les autres anomalies de réfraction. A cet effet on peut employer ou des ménisques, ou une combinaison de deux lentilles, l'une plan-convexe et l'autre plan-concave (Fig. 78). C'est aussi à ces moyens qu'il faudrait avoir recours, si l'on voulait essayer de corriger l'aberration, et c'est à mon avis le seul moyen rationnel pour corriger le kératocône, exemple le plus prononcé que nous ayons d'aberration surcorrigée. Dans beaucoup de cas de kératocône, la courbure de la cornée n'est malheureusement pas assez régulière pour qu'on puisse s'attendre à une grande amélioration. Je possède des lentilles de cette sorte, mais je n'ai pas encore eu l'occasion de les essayer. — J'ajoute que l'existence de l'aberration de sphéricité peut encore être démontrée par la skiascopie. Le phénomène que M. Bitzos a décrit dans son traité de skiascopie sous le nom d'ombre paracentrale est un effet dû à l'aberration.
J'arrive maintenant à l'observation qui me semble la plus remarquable de toutes, celle qui concerne le changement de l'aberration pendant l'accommodation. Young en cite trois preuves : 1° la déformation des ombres en barillet (Fig. 63 — 66) ; 2° le changement de la distribution de la lumière dans le cercle de diffusion qui prend la forme d'anneau (Fig. 62) et 3° les mesures optométriques (Fig. 67) auxquelles je reviendrai tout à l'heure.
Il faut remarquer maintenant que l'expérience ne réussissait ni à Wollaston ni à v. Helmholtz et qu'elle ne me réussit qu'imparfaitement à moi-même. Or, à juger d'après son amplitude d'accommodation
1 Je l'avais construit moi-même. L'instrument avec lequel Young fit tant de merveilleuses découvertes semble maintenant complètement oublié. Un des premiers opticiens de Londres a répondu à ma demande qu'il ne l'avait pas et qu'il n'en avait jamais entendu parler !
(6 Dioptries, v. page 159), Wollaston était déjà un peu âgé quand il a entrepris l'expérience, et je ne suis pas non plus de la première jeunesse (38 ans) ; je ne crois donc pas me tromper en admettant, que si v.Helmholtz ne l'a pas réussie, c'était à cause de son âge déjà un peu avancé, car j'ai vu réussir l'expérience avec tous les jeunes gens avec lesquels je l'ai essayée. Le phénomène semble même très frappant et le changement va toujours dans le même sens. Ceux qui, en état de repos, voient les ombres fortement déformées en croissant, indiquent que la courbure s'efface à peu près ou complètement (Fig. 72) ;
I Fig. 12. T. il
Fig. 72. I. Déformation des ombres en croissant clans un œil à forte aberration de sphéricité. — Repos.
IL Même œil accommodé. L'aberration est presque corrigée pendant l'accommodation (Œil droit du docteur Antonelli, emmétrope. Avec + 4,5. Flamme à l'infini.)
ceux qui n'ont qu'une légère déformation en croissant voient les courbes changer subitement de sens (Fig. 73), et ceux qui voient les ombres
I Fig. 73. T. 11
Fig. 73. Déformation en croissant ( I), se changeant en déformation en barillet (II) pendant l'accommodation.
( Œil droit de Mme T Myopie de 6 dioptries. Sans verre. Flamme à l'infini. )
droites ou légèrement déformées en barillet pendant le repos, observent une forte déformation en barillet (Fig. 63 à 66, Young). Le changement indique donc dans tous les cas une forte tendance à corriger ou à surcorriger l'aberration. — L'entre-croisement des lignes de l'optomètre montre un changement analogue (Fig. 67, 79).
J'ai déjà dit que je n'ai pas encore pu faire des mensurations de l'aberration, faute d'instruments, et je n'ai par conséquent pas pu contrôler les mesures de Young. D'un côté son résultat est si surprenant, qu'on pourrait être tenté de croire à une exagération, mais de l'autre si l'on pense à l'exactitude vraiment merveilleuse de ses autres mensurations, il y a tout lieu de croire qu'il ne s'est pas trompé.
Les expressions de Young sont à cet endroit encore plus obscures qu'ailleurs, et j'ai même dû résoudre des équations à plusieurs inconnues, pour arriver à me faire une idée de la manière dont il a exécuté ses mesures. Il semble que l'instrument dont il s'est servi ait été autrement divisé que celui décrit page 112. Il est probable que Young regardait à travers une lentille de 4" et que l'instrument était divisé en treizièmes de pouce, ou, si l'on admet que les mesures ne concordaient pas tout à fait avec celles citées avant, en douzièmes (lignes). Mais ce qui n'est pas douteux, c'est le rapport qu'il a trouvé entre l'accommodation centrale et l'accommodation périphérique.
Soient^ ses divisions, quelles qu'elles soient: d'après ses mesures, l'accommodation cen-
traie pouvait alors s'exprimer par — — -
et l'accommodation périphérique par
— — — ; le rapport entre elles serait donc
Fig. 79. T.
Intersection des lignes de l'optomètre ; Partie la plus éloignée Demi-schématique.
( Œil droit de Mme T. . . . ) 0. Place de l'oeil.