‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 100 sur 552 · Fhid., XV, 13. — Edit. : Majorem · texte numérisé non relu

Fhid., XV, 13. — Edit. : Majorem

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états de Faniour (jue saint Pierre a ressenti pour le Fils de Dieu ; et, suivant les traces de l'Écriture, nous ' vous ferons voir aussi premièrement son amour imparfait et faible par le mélange des sentiments de la chair ; secondement son amour épuré et fortifié par les larmes de la pénitence ; troisièmement son amour consommé et perfectionné par la liloire du martyre.

Premier Point.

Il semble que ce soit faire tort à l'amour que saint Pierre avait pour son maître, que de dire qu'il ait été iniparfait. Le premier pas qu'il fait, c'est de quitter toutes choses pour l'amour de lui : Ecce no.s rcliquimus omnia ~. Et peut-il témoigner un plus grand amour, que lorsqu'il lui dit avec tant de force : « A qui ironsnous? vous avez les paroles de la vie éternelle : Ad quevi ibimus ? vcrha vitsc icterrnr hahes ''. « Toutefois son amour était imparfait, parce qu'il tenait beaucoup plus d'une tendresse naturelle qu'il avait pour Jésus-Christ, (jue dune charité véritable. Pour l'entendre, il faut remarquer quelle sorte d'amour Jésus-Christ veut que l'on ait pour lui. Il ne veut pas que l'on aime simplement sa gloire, mais encore son abaissement et sa croix. C'est pourquoi nous voyons en plusieurs endroits que, lorsque sa grandeur paraît davantage, il rappelle aussitôt les esprits au souvenir de sa mort : Diccbnnt excensum ejus ^. C'est de quoi il entretenait, à sa glorieuse transfiguration, Moïse et Élie ; de même, en plusieurs endroits de l'Évangile, on voit qu'il a un soin tout particulier de ne laisser jamais perdre de vue ses souffrances^. Ainsi, pour l'aimer d'un amour parfait, il faut surmonter cette tendresse naturelle qui voudrait le voir toujours dans la gloire, afin de prendre un amour fort et vigoureux qui puisse le suivre dans l'ignominie. C'est ce que saint Pierre ne pouvait pas goûter. Il avait

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