Act., I V, 20. pas de s'exposer à tous les effets de
'J. Deforis achève, en entassant la haine et de la fureur des Juifs,
dans la même phrase des idées assez ])our lui témoierner la s-incérité de
disparates, ce qui est tout le cou- son repentir, et lui prouver l'ardeur
traire de l'art d'écrire : a ainsi l'apô- de son zèle]. )j Du moins il enfermait
tre saint Pierre, [profondément liu- cette addition dans d'honuétes cro-
milié de sa chute, et pénétré de la chets. Ses successeur? les ont insen-
])liis vive douleur de son infidélité siblement supprimés. envers son divin Maître, ne craint
grande épreuve .que l'homme puisse porter, triomphe des tourments et de la mort même. Ni l'attache à la vie, ni l'opprobre d'un supplice ignominieux, ni la douleur d'un martyre cruel et long- ne peuvent ralentir son ardeur. Que dis-je? ils ne servent qu'à l'animer de plus en plus, par le désir dont son cœur est possédé, de se sacrifier pour celui qu'il aime si fortement. Et, loin de trouver rien de trop pénible dans l'amertume de ses souffrances, il veut encore } ajouter de son propre mouvement une circonstance non moins dure, pour exprimer plus vivement les sentiments de son profond abaissement devant son maître, pour lui faire comme une dernière amende honorable de ses infidélités passées, et l'adorer dans le plus parfait anéantissement de luimême. Tant il est vrai que l'amour de saint Pierre est à présent aussi fort que la mort, que son zèle est inflexible comme l'enfer, que ses lampes sont des lampes de feu, que sa flamme est toute divine ; et que, s'il a succombé autrefois à la plus faible épreuve, désormais les grandes eaux ne pourront l'éteindre, et le? fleuves de toutes les tentations réunies n'auront point la force de l'étouffer ^.
Quel contraste, mes Frères, entre nous et ce grand apôtre ! Si Jésus-Christ nous demandait, ainsi qu'à lui : « M'ain)ez-vousr Amas me?)) qui répondra: Seigneur, je vous aime? Tous le diront; mais prenons garde. L'hypocrisie le dit ; mais c'est une feinte. La présomption le dit; mais c'est une illusion. I/amour du monde le dit; mais c'est un intérêt qui n'aime Jésus-Christ que pour être heureux sur la terre. Qui sont ceux qui le disent véritablement? Ceux qui l'aiment jusque sur la croix, ceux qui sont prêts à iout pcrch-e pour lui demeurer fidèles, à tout souffrir pour être couï-ommés dans son amour.