‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 115 sur 552 · Var. : formé. [nous] représentons. — Gandar lit · texte numérisé non relu

Var. : formé. [nous] représentons. — Gandar lit

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et la nature de la maladie, nous venons que c'était le remède propre et, s'il m'est permis de parler ainsi, le spécifique infaillible.

Donc, mes Frères, notre maladie, c'est (jue nor.s redoutons tellement la mort que nous la craignons même plus que le péché ; ou plutôt (jue nous aimons le péché, pendant ciue nous avons la mort en horreur. \'oilà, dit saint Augustin *, un désordre étrange, un extrême dérèglement, que nous courions au péché, que nous pouvons fuir si nous le voulons, et que nous travaillions avec tant de soin d'échapper des mains de la mort, rlont les coups" sont inévitables '.

Et toutefois, Chrétiens, si nous savons ' pénétrer les choses, cette mort, qui nous paraît si cruelle, suffira pour nous faire entendre combien le péché est plus redoutable. Car, si c est un si grand malheur que le corps ait perdu son âme, combien plus que l'âme ait perdu son Dieu ! et si nos sens sont saisis d'horreur en voyant ce corps abattu par terre, sans force et sans mouvement, combien est-il plus horrible de contempler l'âme raisonnable, cadavre spirituel et tombeau vivant d'ellemême, qui, étant séparée de Dieu par le péché, n'a plus de [p. GJ vie ni de sentiment que pour rendre sa mort éternelle! Comment une telle mort n'est-elle ])as capable de nous effrayer ^ ?

Mais voici ce qui nous abuse. Quoique le péché soit le plus grand mal, la mort toutefois nous répugne plus, parce qu'elle est la peine forcée de notre dépravation volontaire''. Car c'est, dit saint Augustin, un ordre immuable de la justice divine que le mal que nous choisissons soit puni par un mal que nous haïssons ; de sorte que c'a été une loi très juste, qu'étant allés au

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