‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 117 sur 552 · PIRIFICATION DE LA SAINTE VIERGE · texte numérisé non relu

PIRIFICATION DE LA SAINTE VIERGE

péché par notre clioix, la mort nous suivît contre notre gré, et que, « notre âme ayant bien voulu abandonner 13ieu, par une juste punition elle ait été contrainte d'abandonner son corps' : Spiritui^, (juio lolem^ deseriiil Deum, deserat corpus invitus '. » Ainsi, en consentant au péché, nous nous sommes assujettis à la mort : parce que nous avons choisi le premier pour notre roi, l'autre est devenue notre tyran. Je veux dire qu'ayant rendu au péché une obéissance volontaire, conune à un prince légitime, nous sommes contraints de gémir sous les dures lois de la mort, comme d'un violent usurpateur. Et c'est ce qui nous impose : la mort, qui n'est que l'effet, nous semble terrible, parce qu'elle domine par force ; et le péché, Cjui est la cause, nous paraît aimable, parce qu'il ne règne que par notre choix : au lieu qu'il fallait entendre, par le mal que nous souffrons malgré nous, combien est grand celui que nous avons commis volontairement.

(P. 7] Vous reconnaissez. Chrétiens, l'extrémité de la maladie ^, et il est temps maintenant de considérer le remède. O remède vraiment efficace et cure vraiment heureuse ! Car, puisque c'était notre mal de no craindre pas le péché, parce Cju'il est volontaire, et de n'appréhender que la mort, à cause qu'elle est forcée, qu'y avait-il de plus convenable que de contempler le Fils de Dieu, qui, ne pouvant jamais vouloir le péclié, nous montre combien il est exécrable : qui, embrassant la mort avec joie, nous fait voir qu'elle n'est point si terrible ; mais qui % ayant voulu endurer la mort pour expier le péché, enseigne assez clairement à tous ceux qui veulent entendre, qu'il n'y a point à faire de comparaison, que le péché seul est à craindre comme le vrai mal, et que la mort ne l'est plus, puisque même elle a pu servir de remède ^?

Paraissez donc, il est le temps, ô le Désiré des nations, divin auteur de la vie, glorieux triomphateur

1. \';ir. : ei (jue noire âme fût seul, c'est-à-dire éliminé; car il spfoiilrainie (le quitter son corps, par jait ridicule de croire que Bossuct une juste punition de ce qu'elle a- porte une particulière attention à vait bien voulu abandonner Dieu. cet adverbe inutile.

Page 1