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profonde et plus intime ; et ce regret amer d'abandonner tout, s'il avait la liberté de s'expliquer, on verrait qu'il confirme par un dernier acte tout ce qui s'est passé dans la vie, bien loin de le rétracter. C'est, Messieurs, ce qui rae fait craindre que ces belles conversions des mourants ne soient que sur la bouche ou sur le visage, ou dans la fantaisie alarmée, et non dans la conscience. — Mais il fait de si beaux actes de détachement ! — Mais je crains qu'ils ne soient forcés ; je crains qu'ils ne soient dictés par l'attache même. — Mais il déteste tous ses péchés ! — Mais c'est peut-être qu'il est condamné à faire amende honorable avant que d'être traîné au dernier supplice. — Mais pourquoi faites-vous un si mauvais jugement ? — Parce que, ayant commencé trop tard l'œuvre de son détachement total, le temps lui a manqué pour accomplir une telle affaire.
Second Point.
[P. il J'entends ^ dire tous les jours aux hommes du monde qu'ils ne peuvent trouver de loisir : toutes les heures s'écoulent trop vite, toutes les journées finissent trop tôt ; et, dans ce mouvement éternel, la grantie affaire du salut, qui est toujours celle qu'on remet, ne manque jamais ^ de tomber toute entière au temps ^ de la mort, avec tout ce qu'elle a de plus épineux.
Je trouve deux causes de cet embarras : premièrement nos prétentions, secondement notre inquiétude. I>es prétentions nous engagent et nous amusent jusqu'au dernier jour ; cependant notre inquiétude, c'est-à-dire l'impatience d'une humeur active* et remuante, est si féconde en occupations, que la mort nous trouve encore empressés dans une infinité de soins superflus.
Sur ces principes, ô hommes du monde, venez, que je vous raconte votre destinée. Quelque charge que l'on vous donne, quelque établissement que l'on vous assure, jamais * vous ne cesserez de prétendre: ce que vous croyez la fin de votre course, quand vous y serez arri-