‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 163 sur 552 · Gandar : du désespoir. — Verbe <)iii>M · texte numérisé non relu

Gandar : du désespoir. — Verbe <)iii>M

au singulier, s'accordant avec le ô. Retour à la première rédartion,

fcuiet le plus voisin : latinisme. p. '.'.

'2. Bossuet se bornait d'abord à C. Vnr. : contenter bientôt l'amoui-

ajouter : « etc. Ha ! c'est là un plai- qu'il a pour ses peuples. — Gandar

sir vraiment royal.» lais.^c ceci dans le texte. Mais <h

?i. Philetn., 7. serait répété, si la surcliaige était

4. Ce mot se trouve plus haut sur une addition, le manuscrit, dans une première es-

rinces éloignées, et même dans cette ville, au milieu de tant de plaisirs et de tant de luxe, une infinité de familles meurer t de faim et de désespoir. Ce n'est pas une vaine exagération. Non, non, on ne monte pas dans la chaire, comme on ferait sur un théâtre, pour émouvoir la compassion en inventant des sujets tragiques. Ce que je dis, c'est la vérité : vérité constante, publique, assurée. O Dieu ! quelle calamité de nos jours, que tant de monde périsse de faim à nos yeux ! Ha ! quelle espérance pour nous à l'heure de notre mort, si le cri de cette misère ne perce [p. 9] nos cœurs.

Ha! Sire, Votre Majesté en est émue ; comme elle aime vraiment ses pauvres peuples, elle veut bien qu'on lui parle (var. : si elle n'aimait..., elle ne souffrirait pas, comme elle fait, qu'on parlât en sa présence) des cruelles extrémités où ils sont réduits. Leurs misères, leur patience, leur soumission presse d'autant plus Votre Majesté qu'ils n'osent pas même la presser, résolus de mourir plutôt que de faire la moindre faute contre le respect (car. : plutôt que de manquer au respect) .

Sire, c'est aux sujets à attendre, et c'est aux rois à agir. Euxmêmes ne peuvent pas tout ce qu'ils veulent, mais ils doivent considérer qu'ils rendront compte à Dieu de ce qu'ils peuvent. C'est tout ce que vos sujets peuvent dire à Votre Majesté. Il faut dire le reste à Dieu et le prier humblement de découvrir à un si grand roi les moyens de satisfaire à l'obligation de sa conscience (var. : contenter bientôt l'amour qu'il a pour ses peuples), de mettre le comble à sa gloire, et de poser l'appui le plus nécessaire de son salut éternel. »

Additions marginales :

Une intempérie étonnante, qui nous a beaucoup affligés, et qui nous menace de coups plus terribles. Quelle joie pouvonsnous avoir ? Ne nous semble-t-il pas qu'à chaque moment tant de cruelles extrémités nous reprochent devant Dieu et devant les hommes tout ce que nous donnons de trop à nos sens, à notre curiosité, à notre plaisir (var. -. à notre luxe) ?

[p. 8] Qu'on ne demande plus jusqu'où va l'obligation de faire l'aumône ! La faim a tranché ce doute, le désespoir a terminé cette question. Nous sommes réduits en ce cas extrême où toute la théologie demeure d'accord que, si l'on n'aide le prochain selon son pouvoir, on est coupable de sa mort, on rendra compte de son sane: et de son âme, qui périt par le désespoir.

fp. 9] Mais ce n'est pas un ouvrage de particuliers de soulager de telles misères. C'est tout ce que pourrait faire une main royale. Les rois mênie[s] ne peuvent pas tout ce qu'ils veulent. Mais ils ne doivent rien épargner (tar. : ils rendront c-ompte à Dieu) de ce qu'ils peuvent. -Sire, c'est tout ce qu'un sujet peut dire à Votre Majesté...

CAKÊME DU LOUVRE.

SERMON SUR LA PR()VII)i-:XCE.

^'cnd^cJi, 10 mars 16(52.

Bossnot semble avoir d'abord soiipé à placer ce sermon au mercredi. L'enveloppe primitive portait : 2 m., c'est-à-dire deuxième mercredi (8 mars). L'auteur a effacé cette indication, quand il s'est décidé à faire suivre immédiatement la mort du Mau^■:ais riche de la damnation « de ce misérable. » Nous avons dit plus haut que le sermon sur l'Enfer n'est pas venu jusqu'à nous.

La misère du juste Lazare et l'abondance du riche sans pitié amenaient tout naturellement la grave question de l'existence d'une Providence, et de nos devoirs envers elle. C'était la seconde fois que Bossuet composait un sermon sur ce sujet. Nous avons donné le premier au 7 mai 16.56 (t. II, p. 149). Les lecteurs épris d'études purement littéraires trouveront une comparaison en règle entre les deux sermons sur la Providence dans le Bossvet orateur de M. Gandar (p. 148-160). Ils s'apercevront, je suppose, de la méprise échappée au savant critique, lorsqu'il considère comme un postulat, dans notre discours, l'énoncé de la question, présenté, il est vrai, sous une forme très oratoire ; et ils n'auront garde de se laisser trop aisément persuader que Bossuet, sans daigner alléguer de bonnes preuves, s'est contenté d'afErmer « du ton superbe et confiant d'un victorieux. »

Dans ce discours, rédigé avec soin comme la plupart de ceux de cette station, une grande partie du brouillon du premier point subsiste à côté de la rédaction définitive '. Nous donnerons parallèlement l'une dans le texte, l'autre dans les notes. Elles présentent, comme toujours, des différences instructives.

On peut croire que Bossuet se proposa de reprendre ce sujet en 1666. Il a du moijis relu son discours vers cette époque (peutêtre en 1665), et y a fait quelques corrections de détail 2. Nous les signalerons à l'occasion. On trouvera dans le second point une allusion aux Turcs toujours menaçants, et qui finiront par s'emparer de Candie en 1669. C'était aux yeux de M. A. Floquet un motif d'assigner à ce discours la date de 1666. Le manuscrit

1. Mg fr. 12822, f» 177-194, in-4, po.=térieure à l<i(i2, sont .=uivis d'un avec marge. chiffre qui a été snrcessivenfient 1,

2. Sur une enveloppe actuellement 2, 3. Mais cette feuille se rapportait jointe au sermon, les mots : 2 sem., peut-être à un autre discours, de (deuxième semaine), d'une écriture 1666.

SLU LA PROVIDENCE. 217

ne permet pas de s'y (irrêter, ne fût-ce qu'en raison de la dififérence des écritures dans les deux carêmes rovaux.

Fili, recordare quia reccpistî bona in vita tua, et Laznrus similiter mala : nunc autcm hic consolatur, tu vero cruciaris.

(I.iic, XVI, 25.)

Nous lisons dans l'Histoire sainte que, le roi de Samarie ayant voulu bâtir une place forte qui tenait en crainte et en alarmes toutes les places ^ du roi de Judée, ce prince assembla son peuple, et fît un tel effort contre l'ennemi, que non seulement il ruina cette forteresse, mais qu'il en fit servir les matériaux pour construire deux grands châteaux forts ", par lesquels il fortifia sa frontière. Je médite aujourd'hui. Messieurs, de faire quelque chose de semblable ; et, dans cet exercice pacifique, je me propose l'exemple de cette entreprise militaire. Les libertins déclarent la guerre à la providence divine, et ils ne trouvent rien de plus fort contre elle que la distribution des biens et des maux, qui paraît injuste, irrégulière, sans aucune distinction entre les bons et les méchants. C'est là que les impies se retranchent comme dans leur forteresse imprenable, c'est de là qu'ils jettent hardiment des traits contre^ la sagesse qui régit le monde*. Assemblons-nous, Chrétiens, pour combattre les ennemis ^ du Dieu vivant ; renversons ^ leurs remparts superbes ^ . Non contents de leur faire voir que cette inégale dispensation des biens et des maux du monde ne nuit rien " à la Providence, montrons au contraire qu'elle l'établit. Prouvons par le désordre même qu'il y a un ordre supérieur qui rappelle tout à soi par une loi ' immuable ; et bâtissons les for-

1. Var. ; cellof, — tontes celles. supprime avec plus de raison

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