Var. ; pour combattre, — dé- ennemis
truire (i Var : détruisons.
4. Édit : se persuadant fau.=?e- 7 Correction plu.s récente: * les ment que le désordre apparent des remparts superbes de ces nouveaux choses humaines rend témoip:na!TC Sarn.iritams (16fiô ou 1fi66). contie elle, — Quatorze mot .j <;oii- 8 Edit : ne nuit [en j rien, lignés, c'est-à-dire retranri é= M. S. Var. ; conduite.
Gandar les conserve ; M Gaiier les
218 CAHÊMfc: 1)L LOUVRE.
teresses de Juda des débris et des ruines ' de celles de Samarie. C'est le dessein de ce discours, que j'expliquerai plus à fond après [que nous aurons imploré les lumières du Saint-Esprit par l'intercession de la sainte ^ ierge :J Ave.
[P. 1] Le théologien d'Orient, saint Grégoire de Nazianze, contemplant la beauté du monde, dans la structure duquel Dieu s'est montré si sage et si magnifique, l'appelle " élégamment en sa langue le plaisir et les délices de son Créateur, 6coy Tp'j'^Y,v. Il avait appris de Moïse que ce divin architecte, à mesure qu'il bâtissait ce grand édifice, en admirait lui-même toutes les parties : [ Vidit Deus lucem quod esset hona} ' ; qu'en ayant composé le tout, il avait encore enchéri et l'avait trouvé « parfaitement beau : » [Et erant valde bona] * ; enfin qu'il avait paru tout saisi de joie dans le spectacle de son propre ouvrage. Où il ne faut pas s'imaginer que Dieu ressemble aux ouvriers mortels, lesquels, comme ils peinent beaucoup dans leurs entreprises et craignent toujours pour l'événement, sont ravis que l'exécution les décharge du travail et les assure du succès. Mais, Moïse regardant les choses dans une pensée plus sublime et prévoyant en esprit qu'un jour les hommes ingrats nieraient la Providence qui régit le monde, il nous montre dès l'origine combien Dieu'^ot satisfait de ce chef-d'œuvre de ses mains, afin que, le plaisir de le former nous étant un gage certain du soin qu'il devait prendre à le conduire, il ne fût jamais permis de douter qu'il n'aimât à gouverner ce qu'il avait tant aimé à faire et ce qu'il avait lui-même jugé si digne de sa sagesse.
Ainsi nous devons entendre que cet univers, et particulièrement le genre humain, est le royaume de Dieu, que lui-même règle et gouverne selon des lois immuables ; et nous lious appliquerons aujourd'hui à méditer les secrets de cette céleste politique qui régit toute la
1 Var ; démolitions. 4. ibid., 31. — Les crochets ont
2 (irrit xxxiv (.Vuuc ixvi!:.) ctt mispar Bossuet il cei deux cita- 3. Gen., i, ■i. lions.
SUR LA l'ROVIDENCE. 219
nature, et qui, enfermant dans son ordre l'universalité ^ [p. 2] des choses humaines, ne dispose pas avec moins d'égards les accidents inégaux qui mêlent ' la vie des particuliers que ces grands et mémorables événements qui décident de la fortune des empires.
Grand et admirable sujet, et digne de l'attention de la cour la plus auguste du monde! Prêtez l'oreille, ô mortels, et apprenez de votre Dieu même les secrets par lesquels il vous gouverne ; car c'est lui qui vous enseignera dans cette chaire, et je n'entreprends aujourd'hui d'expliquer ses conseils profonds qu'autant que je serai éclairé par ses oracles infaillibles.
Mais il nous importe peu, Chrétiens, de connaître par quelle sagesse nous sommes régis, si nous n'apprenons aussi à nous conformer à l'ordre de ses conseils. S'il y a de l'art à gouverner, il y en a aussi à bien obéir. Dieu donne son esprit de sagesse aux princes ^ pour savoir conduire les peuples, et il donne aux peuples l'intelligence pour être capables d'être dirigés par ordre*; c'est-à-dire qu'outre la science maîtresse par laquelle le Prince commande, il y a une autre science subalterne qui enseigne aussi aux sujets à se rendre dignes instruments de la conduite supérieure ; et c'est le rapport de ces deux sciences qui entretient le corps d'un État par la correspondance du chef et des membres.
Pour établir ce rapport dans l'empire de notre Dieu, tâchons de faire aujourd'hui deux choses. Premièrement, Chrétiens, quelque étrange confusion, quelque désordre même ou quelque injustice qui paraisse dans les affaires humaines, quoique tout y semble emporté
1 . Edil. : (^niéme celles <\e. M. Gan- faccc, l'a^ ^r demandnit, sa i)reuve dar etdeM.Gazier") :rinstabilité.— à un aufcf»' passage do l'Écriture: Erreur de lecture. C'est, une abrévia- «Nous lisons au livre de l'Exode lion mal interprétée. Bossuet écrit fxxxv, Si) qu'il y a une science vrlité pour univermlHé. comme il donnée de Dieu, non seulement pour écrit urnd pour universel, plier pour in venter et pour concevoir, mais en particulier, etc. core pour exécuter et pour accom-
2. Var. : qui troublent. pljr tout ce qui était nécessaire pour
3. <( Josué : Douter., xxxiv. 9. » la construction de son tabernacle : ajoute Rossnet. On lit, en effet, dan.s Ad excoçltrindum et fnriendwn. »
le pHPsa>rc indiqué : ./o.<'/p rcrn, filius 4. Var. : pour cU'r conduits et di-
yvn. ri'plHiis vst Spiritn sapientiœ... rigés, — pour savoir se laisser coa- — Dans une première rédaction ef- duire, — conduire par ordre.
par l'aveugle rapidité de la fortune \ mettons bien avant dans notre esprit que tout s'y conduit par ordre, que tout s'y gouverne par maximes, et qu'un conseil éternel et inmiuable se cache parmi tous ces événements que le temps semble déployer avec une si étrange " incertitude. Secondement, venons à nous-mêmes ; et, après avoir bien compris quelle puissance nous meut et quelle sagesse nous gouverne, voyons quels sont les sentiments qui nous rendent dignes d'une conduite si relevée. Ainsi nous découvrirons, suivant la médiocrité de l'esprit humain ^, en premier lieu les ressorts et les mouvements, et ensuite l'usage et l'application de cette sublime politique qui régit le monde; et c'est tout le sujet de ce discours.
Premier Point.
[P. 3] Quand je considère en moi-même la disposition des choses humaines, confuse, inégale, irrégulière, je la compare souvent à certains tableaux, que l'on montre assez ordinairement dans les bibliothèques des curieux comme un jeu de la perspective. La première vue ne vous montre que des traits informes et un mélange confus de couleurs, qui semble être ou l'essai de quelque apprenti, ou le jeu de quehjue enfant, plutôt que l'ouvraîre d'une main savante. Mais aussitôt* que celui qui sait le secret vous les fait regarder " par un certain endroit ^, aussitôt, toutes les lignes inégales venant à se ramasser d'une certaine façon dans votre vue, toute la confusion se démêle, et vous voyez paraître un visage avec ses linéaments et ses proportions, où il n'y avait auparavant aucune apparence fie forme '' humaine. C'est, ce me seml)le. Messieurs, une image assez naturelle du monde, de sa confusion apparente et de sa justesse cachée, que nous ne pouvons jamais remarquer qu'en le regardant par un certain point que la foi en Jésus-Christ nous découvre.