En marge: In cunctis cmivaî
3. Var. : Cependant on le verra libus corruent rami ejus. — 1660; tout de son long couché... — Les <i ... se trouveront dan.s toutes les éditeurs maintiennent à tort dans vallées.» Bossuet efface cette exle texte le premier mot de cette pression faible pour lui en substivariante. En 1660, la 'phrase : « On tuer une autre, qui fait image.
le verra tout de son long sur une 10. (1660) : qu'il avait ramassées
montagne... » précède l'autre : avec tant de soin — Ramassées
<ii;Tous ceux qui se leposaient... » pour amnfséef.
4. Cf. Iliad., XVIII, 104 ; Racine, II. (1660) . en mille mains
Sermons lie BosHuet. — IV. 17
avec étoiinement les restes de cette fortune ruinée ^ : Est-ce là que devait aboutir toute cette grandeur formidable au iDonue ? Est-ce là ce j^rand arlire dont rombie couvrait toute la terre ^? 11 n'en reste plus (ju'un tronc inutile. Est-ce là ce fleuve impétueux qui semblait devoir inonder toute la terre ? Je n'aper^-ois jjIus' (ju'un peu d'écume''.
O lioinme, que penses-tu faire, et pourquoi te travailles-tu vainement ? — Mais je saurai bien m'affermir ^ et profiter de l'exemple des autres: j'étudierai [p. 20] le défaut de leur politique et le faible de leur conduite, et c'est là que j'apporterai le remède. — Folle précaution ! car ceux-là ont-iîs profité de l'exemple de ceux qui les précéd[èr]ent ? 0 homme, ne te trompe pas : l'avenir a des événements trop bizarres °, et les pertes et les ruines entrent par trop d'endroits dans la fortune des hommes, pour pouvoir être arrêtées de toutes parts. Tu arrêtes cette eau d'un côté, elle pénètre de l'autre ; elle bouillonne même par dessous la terre ^ . — Mais je jouirai de mon travail. — Eh quoi ! pour dix ans de vie ^ ! - — Mais je regarde ma postérité^ et mon nom. — Mais peut-être que ta postérité n'en jouira pas. — Mais peut-être aussi qu'elle en jouira. — Et tant de sueurs, et tant de travaux, et tant de crimes, et tant d'injustices, sans pouvoir jamais arracher^" de la fortune, à laquelle tu te dé-
1. Var. : dùlabice (Textede IGGO.) ruine et la iK-cadence entrent dars
'2. Var. : qui portait son faîte ius- les affaires humaines par trop d'en-
qn'aiiS nues. — M. Gazier en fait le droits ].our que nous soyons capa-
texte, estimant, mais }iar erreur bles de les piévoir tous, et avec une
cette fois, (pie la coriecliun a été. trop grande impétuosité pour en
ajouti'e en lUOC). pouvoir arrêter le cours.
ti. A'ar. : Je ne vois plus... tî. Var. : trop secrets. — trop ra-
•1. (UiOlO : toute cette i)ompe et pides.
cette giaiideur formidable ? Est-ce 7. Gand.ir : * Vous croj-ez être
là ce giand fleuve qui devait inon- bien muni aux environs : le fonde,-
der toute la terre ? Je ne vois plus ment manque par en bas ; un coup
fju'im peu d'écume. Ne le voyons- de foudie [frappe] par en haut.
nous pas !ous les jours ? — C'est une addition i)ostérieure
f). (]G6(l) : Mais je serai plus sage: (16(5(1), et M. Gazier a eu raison de
et voyant les exemples de ceux qui la relranclier du texte de 10(J2.
m'oi.t précédé, je prvjtiterai de leurs 8. (lOGO) : Et pour dix ans (]iie tu
fai tes — Comme si ceux qui t'ont as de vie !
précédé n'en avaient pas vu faillir 0. (KitiO) : que je veux laisser
d'autres devant eus, dont les fautes opulente.
ne les ont pas rendus plus sages. La lô. Yar. : sans pouvoir tirer.
SIR l'ambition. 259
voues, qu'un misérable peut-être ! Regarde ^ qu'il n'y a rien d'assuré pour toi, non pas même un tombeau pour graver dessus " tes titres superbes, seuls ^ restes de ta grandeur abattue : l'avarice ou la négligence de tes héritiers* le refuseront peut-être à ta mémoire, tant on pensera peu à toi quelques années après ta mort''! Ce qu'il y a d'assuré, c'est la peine de tes rapines, la vengeance éternelle de tes concussions et de ton ambition infinie. O les dignes restes de ta grandeur 1 ô les belles suites de ta fortune !
[P. 2i] 0 folie "^ ! ô illusion, ô étrange aveuglement des enfants des hommes ! Chrétiens, méditez ces choses ; Chrétiens, qui que vous soyez, qui croyez vous affermir sur la terre, servez-vous de cette pensée pour chercher le solide et la consistance. Oui, l'homme doit s'affermir ; il ne doit pas borner ses desseins dans des limites si resserrées que ce]le[s] de cette vie : qu'il pense hardiment à l'éternité. En effet, il tâche, autant qu'il peut, que le fruit de son travail n'ait point de fin ; il ne peut pas toujours vivre, mais il souhaite que son ouvrage subsiste toujours : son ouvrage, c'est sa fortune, fiu'il tâche, autant qu'il lui est possible, de faire voir aux siècles futurs telle qu'il l'a faite. Il y a dans l'esprit de l'homme un désir avide de l'éternité : si on le sait appliquer, c'est notre salut. Mais voici l'erreur : c'est que l'honune l'attache à ce qu'il aime; s'il aime les biens périssables, il y médite quelque chose d 'éternel ; c'est pourquoi il cherche de tous côtés des soutiens à cet édifice caduc, soutiens aussi caducs que l'édifie e même qui lui paraît chancelant. O homme, désai)use-toi : si tu aimes l'éternité, clierche-la donc en ellemême, et ne crois pas pouvoir appliquer sa consistance iné])raiilable à cette eau qui passe et à ce sable mouvant. O éternité, tu n'es qu'en Dieu ; mais plutôt, ô élernité, tu es Dieu même ! c'est là que je veux chercher mon appui, mon établissemetit, ma fortime, mon repos assuré, et en cette vie et en l'autre. .l/?u/i.
l.(l()i;0): Et tant de sueurs pour lierai,.,
un peut-être ! Regarde... ô. Cf. VOniison /'iin:hre Je .V.'c.'.ei