‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 200 sur 552 · Var. : tellement, — si bien que. et le renouvellement · texte numérisé non relu

Var. : tellement, — si bien que. et le renouvellement

h. Édit. Gandar : l'éclat. — Cor- 0. Raturé : toi seule nous fais voir

rigé par M; Gazier. le peu que nous sommet.

2(JG C AHfc:.ME DU LOUVRE.

(lignite: si riiomnie s'estime trop, tu sais déprimer* son orgueil.; si riionime se méprise trop, tu sais relever son courage ; et, pour réduire toutes ses pensées à un juste tempérament, tu lui apprends ces deux vérités, qui lui ouvrent les yeux pour se bien connaître : qu'il est méprisable" en tant qu'il passe, et infiniment estinia])le en tant qu'il aboutit à l'éternité. Et ces deux importantes considérations feront le sujet de ce discours^.

Premier Point.

[P. 4] C'est une entreprise hardie* que d'aller dire aux lionuiies qu'ils sont peu de chose. Chacun est jaloux de ce qu'il est "*, et on aime mieux être aveugle que de connaître son faible ; surtout les grandes fortunes veulent être traitées délicatement ; elles ne prennent pas plaisir ^ qu'on remarque leur défaut : elles veulent que, si on le voit, du moins on le cache. Et toutefois, grâce à la mort, nous en pouvons parler avec liberté. Il n'est rien de si grand dans le monde qui ne reconnaisse en soi-même beaucoup de bassesse ^, à le considérer par cet endroit-là. Vive l'Éternel ! ô grandeur humaine, de quelque côté que je t'envisage, sinon en tant que tu viens de Dieu et que tu dois être rapportée à Dieu, car, en cette sorte, je découvre en toi un rayon de la Divinité qui attire justement mes respects; mais, en tant que tu es jiurement humaine, je le dis encore une fois, de quelque côté que je t'envisage, je ne vois rien en toi c^ue je considère, parce que, de quelque endroit ciue je te tourne, je trouve toujours la mort en face, qui répand tant d'om-

1. Hésitations : dùpri[mer], — 4. Rature : délicate. abat[tie], — déprimer... 5. Ratuié : de son b[ien].

2. Édit : infiniment méprisable.. 6. Var. : délicatement, et nepren- — L'adverbe est souligné, c'est-à- neut pas plaisi •...

dire effacé, comme une exagération 7. Mot souligné, comme insuffioratoire. — Le second infiniment, sant. Kon remplacé toutefois. — plus exact, n"est pas condamné. — Première rédaction : < Il n'est rien Ou a pu d'ailleurs raisonnablement dans le monde qui ne confesse facigupjioser que la première rédaction lement qu'il n'est r'en, à le consiétait supprimée, à cause d'une sorte dérer par cet endroit-là. Mais c'est de cacophonie :« ... qu'il est infini- eu ore trop de vanité de distinguer tnrnt mép isable en tant qu'il finit en nous la (quelque, ejj'uce) partie dans le temps, et... » faible, comme si nous avions (s'il y

3. Tar. : Et c'est le partage de [avait], f/^oce) qnel.que chose de mon discours. considérabl \ Vive l'Éternel !... »

bres de toutes parts sur ce que l'éclat du monde voulait colorer, que je ne sais plus sur quoi appuyer ce nom auguste de grandeur, ni à quoi je puis appliquer un si beau titre.

[P. 5] Convainquons-nous, Chrétiens, de cette importante vérité par un raisonnement invincible. L'accident ne peut pas être plus noble que la substance; ni l'accessoire plus considérable que le principal ; ni le bâtiment plus solide que le fonds sur lequel il est élevé ; ni enfin ce qui est attaché à notre être plus grand ni plus important que notre être même. Maintenant, qu'est-ce que notre être ? Pensons-y bien, Chrétiens : qu'est-ce que notre être? Dites-le-nous, ô Mort; car les hommes superbes ^ ne m'en croiraient pas. Mais, ô Mort, vous êtes nmette, et vous ne parlez qu'aux yeux. Un grand roi vous va prêter sa voix, afin que vous vous fassiez entendre aux oreilles, et que vous portiez dans les cœurs des vérités plus articulées ".

Voici la belle méditation dont David s'entretenait sur le trône et ^ au milieu de sa cour. Sire, elle est digne de votre audience : Eccc mcnsurabilcs posuisti dics meos, et substantîa mea tanquam nihilum onte te ^ : O éternel roi des siècles ! vous êtes toujours à vous-même, toujours en vous-même ; votre être éternellement permanent ^ ni ne s'écoule, ni ne se change, ni ne se mesure ; et voiei que roM.s avez fait mes jours v,esurahles, et ma substance n'est rien devant vous. [p. OJ Non, ma substance n'est rien devant vous, et tout l'être qui se mesure n'est rien, parce que ce qui se mesure a son terme, et lorsqu'on est venu à ce terme, un dernier point détruit tout, comme si jamais il n'avait été. Qu'est-ce que cent ans, qu'est-ce que mille ans, puisqu'un seul moment les efface ^? jVIultipliez vos jours, comme les cerfs", c^ue la Fable ou l'histoire de la nature fait vivre durant tant de siècles ; durez autant que ces

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