‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 242 sur 552 · Var. : assurée. marqué au crayon · texte numérisé non relu

Var. : assurée. marqué au crayon

IMais je prévois, Chrétiens, une dernière difficulté contre les saintes vérités que j'ai établies. Les pécheurs étant convaincus par la force et par la douceur de la grâce de Jésus-Christ qu'il n'est pas impossible de changer de vie, nous font une autre demande : si cela se peut à la cour, et si l'âme y est en état de goûter ^ ces douceurs célestes. Que cette question est embarrassante ! Si nous en croyons l'Évangile, il n'y a rien de plus opposé que Jésus-Christ et le monde; et de ce monde, Messieurs, la partie la plus éclatante et par conséquent la plus dangereuse, chacun sait assez que c'est la cour. Comme elle est et le principe et le centre de toutes les affaires du monde, l'ennemi du genre humain y jette tous ses appâts ", y étale toute sa [p. ix] pompe. Là se trouvent les passions les plus fines, les intérêts les plus délicats, les espérances les plus engageantes : cjuiconque a bu de cette eau, il s'entête ; il est tout changé par une espèce d'enchantement ; c'est un breuvage charmé qui enivre les plus sobres, et la plupart de ceux qui en ont goûté ne peuvent plus goûter autre chose, en sorte que Jésus-Christ ni ses vérités ' ne trouvent presque plus de place en leurs cœurs. Et toutefois, Chrétiens, pour ne pas jeter dans le désespoir des âmes que le Fils de Dieu a- rachetées, disons qu'étant le Sauveur de tous, il n'y a point de condition ni d'état honnête qui soit exclu du salut qu'il nous a donné par son sang. Puisqu'il a choisi quelques rois"* pour être enfants de son Ëglise, et qu'il a sanctifié quelques cours par la profession de son Évangile, il a regardé en pitié et les princes et leurs courtisans ; et ainsi il a préparé des préservatifs pour toutes leurs tentations, des remèdes pour tous leurs dangers, des grâces pour tous leurs emplois. Mais voici la loi qu'il leur impose : ils pourront faire leur salut, pourvu qu'ils connaissent bien leurs périls ; ils pourront arriver en sûreté, pourvu c|u'ils marchent toujours en crainte, et qu'ils égalent leur vigilance à leurs besoins, leurs précautions à leurs

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