Var. : le temf)le de Dieu, que nale
SUR l'efficacité de la pénitence. 313
imao^e imparfaite de ^ ce qui se fait clans la pénitence. Cette âme contrite et repentante voit le temple de Dieu renversé en elle, et l'autel et le sanctuaire si saintement consacré sous le titre du Dieu vivant ^ : hélas ! ce ne sont point les Assyriens, c'est elle-même cjui a détruit cette sainte et magnifique structure pour bâtir en sa place un temple d'idole ; et elle pleure, et elle gémit, et elle ne veut point recevoir de consolation. Mais, au milieu de ses pleurs, elle voit que cette maison sacrée se relève; bien plus, que ce sont ses larmes et sa douleur même qui, redressant^ ses murailles abattues, érigent de nouveau cet autel si indignement détruit, commencent à faire fumer dessus un encens agréable à Dieu et un holocauste* f|ui l'apaise. P'Ile se réjouit parmi ses larmes; elle voit qu'elle trouvera dans l'asile d'une bonne conscience une retraite assurée^, que nulle violence ne peut forcer : si bien qu'elle peut sans crainte y retirer ses pensées, y déposer ses trésors, y reposer ses inquiétudes*^, et, quand tout l'univers serait ébranlé, y vivre tranquille et paisible ' à l'abri d'une bonne conscience ^ et sous les ailes du Dieu qui y préside. Qu'en jugez-vous, Chrétiens? Une telle vie est-elle à charge? Cette âme à laquelle' sa propre doulevw procure une telle grâce, [p. vill] peut-elle regretter ses larmes? Ne se croira-t-elle pas beaucoup plus heureuse de '" pleurer ses péchés aux pieds de Jésus, que de rire '^ avec le monde parmi ses joies dissolues? Et combien donc est agréable la vie chrétienne, « où les regrets mêmes ont leurs plaisirs, où les larmes portent avec elles leur consolation? Ubi et fletus sine gaudio non est», dit saint Augustin '^.