Le reste de la page en blanc
^'end^edi de la Passion, 'M mars lOG'J.
Les marges de ce manuscrit ', principalement dans le second point, ont reçu des notes et additions, parfois considérables. Les éditeurs se sont ingéniés à les insérer dans le corps du discours. Elles y introduisent une véritable confusion. L'orateur, en effet, n'a pas prétendu le retoucher ; mais, se préparant à prêcher de nouveau sur la pénitence, quelques années plus tard, il s'est borné à emprunter ici quehjues pages, et à jeter rapidement sur les marges les pensées qui se présentaient à son esprit. Dans cette opération, il ne s'est pas inquiété de voir si elles se fondaient naturellement avec celles qui précèdent ou qui suivent dans l'ancien sermon ; encore moins se demande-t-il si elles ne font pas double emploi avec plusieurs passages des deux autres sermons prêches la même semaine, en 1662. Pour nous, ne lui imputons pas les redites, auxquelles il était loin de songer. On trouvera, en note, précédées d'un astérisque, ces surcharges, pour la plupart très intéressantes. Plusieurs sont des réminiscences du sermon sur le Jugement dernier, de l'Avent royal de 1665 ; l'écriture montre qu'elles sont postérieures.
Stans 2 rétro seciis pcdes cjiis, lacrymts cœpit rigare pcdes eju.i.
^Madeleine, se jetant aux pieds de Jésus, commence'' à les laver de ses larmes. (Luc, vu, 38.)
Est-ce une chose croyable que l'esprit de séduction soit si puissant dans les hommes que non seulement ils se plaisent à tromper les autres, mais qu'ils se trompent eux-mêmes, que leurs propres pensées les déçoivent, que leur propre imagination leur impose ? Il est
1. Ms. fr. 12823, f. 101-114. — On 2. Var. : (en tête du second exor-
a intercalé dans ce volume, entre le de) : Vides hanc mulierem f comme
sermou sur l'Ardeur de la Pénitence au premier sermon,
et celui-ci, un feuillet (f. 100) con- 3. C'est la leçon du manuscrit,
tenant un canevas pour la Mission Les éditeurs corrigent ; « commen-
de Metz, en 1008. (Voyez t. III, ça. » Peut-être en effet y avait-il in-
p. 411).) ad vertance : le grec porte : rjp^axo.
SUR l'intégrité de la pénitence. 335
ainsi, Chrétiens, et cette erreur paraît principalement dans l'affaire de la pénitence.
Il y a de certains pécheurs que leurs plaisirs engagent, et cependant que leur conscience inquiète ; qui ne peuvent ni approuver ni changer leur vie ; qui n'ont nulle complaisance pour la loi de Dieu, mais que ses menaces étonnent souvent et les jette[nt] dans un trouble inévitable qui les incommode. Ce sont ceux-là, Chrétiens, qui, se confessant sans utilité, font ' par coutume un amusement sacrilège au sacrement de la Pénitence ; semblables à ces malades faibles d'esprit et de corps, qui, ne pouvant jamais se résoudre ni à quitter les remèdes ni à les prendre de bonne foi, se jettent dans les pratiques d'une médecine qui les tue. C'est une semblable illusion qui nous fait voir tous les jours tant de fausses conversions, tant de pénitences trompeuses, qui, bien loin de délier les pécheurs, les chargent de nouvelles chaînes. Mais j'espère que Madeleine, ce modèle de la pénitence, dissipera aujourd'hui ces fantômes" de pénitents, et amènera au Sauveur des pénitents véritables. Implorons pour cela le secours d'en haut par les prières de la sainte Vierge. [.4re.]
[P. i] Le cœur de Madeleine est brisé, son visage tout couvert de honte, son esprit ^ profondément attentif dans une vue intime de son état et dans une forte réflexion sur ses périls. La douleur immense qui la presse fait qu'elle court au médecin avec sincérité ; la honte qui l'accompagne * fait qu'elle se jette à ses pieds avec soumission ; la connaissance de ses dangers fait qu'elle sort d'entre ses mains ^ avec crainte, et qu'elle n'est pas moins occupée des moyens de ne tomber plus que de la joie d'avoir été si heureusement et si miséricordieusement relevée.
De là. Messieurs, nous pouvons apprendre trois dispositions excellentes, sans lesquelles la pénitence est infructueuse. Avant ciue de confesser nos péchés, nous