Is., Lix, 6, 6, 7. — Ms. : opéra que celles du second
SUR l'intégrité de la pénitence. 343
tellement (jue tout ce qui est dedans soit anéanti ! « Brisons, dit saint Augustin, ce cœur impur, afin que Dieu crée en nous un cœur sanctifié: Ut crcetur mundum cor, contcratur immundum ^. » Si nous sommes en cet état, courons, Messieurs, avec foi au tribunal de la pénitence ; portons-y notre douleur, et tâchons de nous y revêtir de confusion.
Deuxième Point.
[P. llj C'est une règle de justice, que l'érjuité même a dictée, que le pécheur doit rentrer dans son état pour se rendre capable d'en sortir. Le véritable état du pécheur, c'est un état de confusion et de honte '. Le pécheur est sorti de cet état quand il a paru dans le monde la tête élevée, avec toute la liberté d'un front innocent. Il est juste qu'il rentre dans sa confusion : c'est pourquoi toutes les Écritures lui ordonnent de se confondre. « Confundimini, conf[undimini], domus Isracl^ : Confondez-vous, con[fondez]-v[ous], maison d'Israël,)) parce que vous avez péché devant le Seigneur.
Pour bien comprendre cette vérité, disons avant toutes choses ce que c'est que la confusion, et pourquoi elle est due aux pécheurs. La confusion. Chrétiens, est un jugement équitable rendu par la conscience, par le(|uel le pécheur, ayant violé ce qu'il y a de plus saint ^, est jugé indigne de paraître. Quel est le motif de cet arrêt? c'est que le pécheur s'étant élevé contre la vérité même, contre la justice même, contre l'être même, qui est Dieu "", il mérite de n'être plus, et à plus forte raison de ne plus paraître. C'est pourquoi sa pro|)re raison lui dénonce (lu'il devrait se caclwrîr éternellement, confondu par ses ingratitudes; et, afin de lui ôter cette liberté de paraître, elle va imprimer au dehors dans la
1. Serm. xrx, n. 3. — Ms. : cor même, par la lougeur de sou front, mundum. par la confusion de sa face, par le
2. Additions et nolex marginales tremlilement de sa conscience. » (vers 16f)0) : (( * Car il est juste et 3. Ezech., xxxvi, 32. < très juste que celui qui fait mal soit 4. Addition : * méprisé ce qu'il y a confondu ; que celui qui a trop osé de meilleur, trahi ce qu'il y a de soit couvert de honte ; que celui qui micuxfaisant (16(îlt).
est ingrat n'ose paraître : enfin (]uc h. Addition : * dans son empire, à
le pécheur soit déshonoré non seu- la face de see lois, et parmi sesbieulement par les autres, mais par lui- faits (1G69).
partie la plus visible, la plus éminente, la plus exposée, [p. 12J sur le visage, sur le front même, non point ^ à la vérité par un fer brûlant, mais par le sentiment de son crime, comme par une espèce de fer brûlant, une routeur qui le déshonore et qui le flétrit ', je ne sais (|uoi de déconcerté, qui le défait aux yeux des hommes '': marque certaine d'un esprit troublé"*, d'un cœur inquiet, d'une conscience tremblante.
Le pécheur superbe et indocile ne peut souffrir cet état de honte, et il s'efforce d'en sortir. Pour cela, il '' caciie son crime, ou il excuse son crime, ou il soutient hardiment son crime. Il le cache comme un hypocrite ; il l'excuse comme un orgueilleux; il le soutient comme un eff'ronté. C'est ainsi qu'il sort de son état, et qu'il usurpe impudemment à la face du ciel et de la terre les j)rivilèges de l'innocence ^,
Voici l'oracle de la justice qui lui crie : Rentre en toi-même, pécheur, rentre en ton état de honte. Tu veux cacher ton péché, et Dieu t'ordonne de le confesser ; tu veux excuser ton péché, et, bien loin d'écouter ces vaines excuses, Dieu t'ordonne d'en exposer toutes les circonstances aggravantes; tu ose[s] soutenir ton péché, et Dieu t'ordonne de te soumettre à toutes les humiliations qu'il a méritées : « Confonds-toi, confonds-toi, dit le Seigneur, et porte ton ignominie : Ergo et tu confundere, et porta ignominiam tuam '' . »
Ne vous plaît-il pas, Chrétiens, que nous mettions dans un plus grand jour ces importantes vérités? Ce ])écheur, cette j)écheresse, pour éviter de se fp. 13] cacher, tâciie plutôt de cacher son crime sous le voile
1. Non point... de fer brûlant: le premier par l'obscurité de sou addition marginale. action, le second par les artifices de
2. Addition : * elle, y va, d'.s-je, ses vains prétextes (var. : de ses imprimer (lt>G9). — Edit. : elle va, eicu.ses), le dernier par leur impudis-je... dence. Au jugement dernier : là, tous
S. Addition ; * et à ses propres ceux qui se sont cachés seront déyeux (KitiD). couverts: là. tous ceux qui »c sont
4. Additions: * [d'un] coura<Te excusés seront convaincus; là, tous
trcmblant,... (d'une conscience) ceux qui étaient si fiers et si inso-
convaincue (l(i(>0). lents dans leurs crime» seront abat-
n. Édit. : ou bien il (Effacé). tus et atterrés. Ainsi leur sera rcn-
ti. Additions marginales: * u C'eut due, à la face de tout l'univers,
ainsi qu'ils tachent d'éviter la honte l'éternelle confusion qu'ils ont si
(édit. : il tâche..., an singulier, pour bien méritée, n (1669.)
raccorder ceci avec le texte de 1662), 7. Ezcch., xv, ô2.
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(le la vertu, ses trahisons et ses perfidies sous le litre de la bonne foi, ses prostitutions et ses adultères sous ra|)parence de la modestie '.Il faut qu'il vienne rougir r)on seulement de son crime caché, mais de son honnêteté apparefite. Il faut qu'il vienne rougir de ce (|u'ayant assez reconnu le mérite de la vertu " pour la vouloir faire servir de prétexte, il ne l'a pas assez hoiiorée ■' pour la faire servir de règle ; il faut qu'il vienne rougir d'avoir été si timide que de ne pouvoir soutenir les yeux des hommes, et toutefois si hardi et si insensé que de ne craindre pas la vue de Dieu : « Ergo et tu coiifunderc, et porta [ignominiam tuani] : Confondstoi donc, ô pécheur, et porte ton ignominie. «
Mais ce péciieur ijui cache aux autres ses désordres, voudrait se les pouvoir cacher à lui-même ; il cherche toujours (juehiue appui fragile, sur leciuel il puisse rejeter ses crimes. Il en accuse les étoiles, dit saint Augustin'^ : lia! je n'ai pu vaincre mon tempérament''. 11 en accuse la fortune : C'est '' une rencontre imprévue. Il en accuse le démon : J'ai été tenté trop violemment. Il fait quelc[ue chose de plus : il demande ' qu'on lui enseigne les voies détournées, où il puisse se sauver avec ses vices et se convertir sans changer son cœur : « Il dit, remarf|ue Isaïe, à ceux qui regardent : Ne regardez pas; et à ceux qui sont préposés pour voir : Ne voyez pas pour nous ce qui est droit ; dites-nous des choses qui nous plaisent, trompez-nous par des erreurs agréables: Qui dicunt vldeiitihus : Nolitc vidvre ; et aspicientihus : NoUte aspiccre [[). 14] nohis en qme reeta sunt ; Jocjuiiiiiiii nohia pUicetitui, videtc ?7o/)j.s erro/cs **. » « Otez-moi cette voie, elle trof) droite ; ôteznioi '■* ce sentier, il est trop étroit : Aiiferte a ntc vinin, deeliiuite a nie seniituiii '". » Ainsi ", par une étrange
7. Première rt'dac/io'i : n au lieu f)iie la ■véritable conversion... (Voy.
ci-après, clans le texte : l'autenr y a reporté tout ce passage)... où le mal Foit changé en bien, n