Var. : de fidélité à son roi, à son créateur
7. Notes marginales postérieures (introduites dans le texte par les éditeurs, — sauf Lâchât, cette fois,
— avec des compléments, et des altérations de toute sorte, pour faire de ce canevas une rédaction suivie):
(( * Adam ; dans le plus épais de la forêt. S'ils ne peuvent se cacher non plus fîue lui, s'excuser à son exemple. Eve ; la fragilité ; la complaisance ; la compagnie: la tyrannie de l'habitude; la violence de la passion. Ainsi on n'a pas besoin de se tourmenter à chercher bien loin des excuses ; le péché s'en sert à lui-même, et prétend se justifier par son propre excès.
Quelquefois, convaincus en leur conscience de l'injustice de leurs actions, ils veulent seulement amuser le monde. Puis, se laissant décevoir {var. : emporter, — enchantei") eux-mêmes à leurs belles inventions,
ils se les impriment en les débitant, et adorent le vain fantôme qu'ils ont supposé en la place de la vérité :
« tant l'homme se joue soi-même et sa propre conscience : Adeo nostram guoque contcientium liidiuius.'))(TeitulL, ad Nation., lib. I, n. IG.)
Dieu est lumière ; Dieu est vérité ; Dieu est justice. Sous l'empire de Dieu, ce ne sera jamais par de faux prétextes, mais par une humble reconnaissance de ses péchés qu'on évitera la honte éternelle qui en est le juste salaire. Une lumière très claire de [justice] et de vérité {^fs.: (( Une lumière très claire de lumière et de vérité... », lapsus que nous corrigeons d'après le Tune videbunt, Avent de 1665; — édit.: un rayon très clair... dans lequel les pécheurs...) sortira du trône, dans laquelle les pécheurs verront qu'il n'y a point d'excuse valable qui puisse colorer leur rébellion ; mais, au contraire, que le comble du crime, c'est l'audace de l'excuser et la présomption de le défendre : « Discuoperui Esau, 1-evelavi ahscondita ejus, et celari non poterit (Jerem., XLix. 10) :
J'ai dépouillé le pécheur, j'ai dissipé les fausses couleurs par lesquelles il avait voulu pallier ses crimes, j'ai manifesté ses mauvais desseins si subtilement déguisés, et il ne peut plus se couvrir par aucun prétexte. »
Dieu ne lui laisse plus que son péché et sa honte.
11 veut que la censure soit eiercée,
SUR l'intégrité de la pénitence. 347
Et toi, pauvre conscience captive, dont on a depuis si longtemps étouffé la voix, parle, parle devant ton Dieu ; parle : il est temps, ou jamais, de rompre ce silence violent que l'on t'impose. Tu n'es point dans les bals, dans les assemblées, dans les divertissements, dans les [p. 15] jeux du monde; tu es dans le tribunal de la pénitence ; c'est Jésus-Christ lui-même qui te rend la liberté et la voix, il t'est permis de parler devant ses autels. Raconte à cette impudique toutes ses dissolutions; à ce traître toutes ses promesses violées ^ ; à ce voleur public toutes ses rapines; à cet hypocrite (|ui trompe le monde, les détours' de son ambition cachée; à ce vieux pécheur endurci qui avale l'iniquité comme l'eau, la longue suite de ses crimes ; fais rougir ce front d'airain, montre-lui tout à coup, d'une même vue, les commandements, les rébellions ; les avertissements, les mépris'; les outrages redoublés parmi les bienfaits, l'aveuglement accru par les lumières; enfin toute la beauté de la vertu, toute l'équité du précepte, avec toute l'infamie de ses transgressions, de ses infidélités, de ses crimes. Tel doit être l'état du pécheur (|uand il confesse ses péchés. Qu'il cherche à se confondre lui-même. S'il rencontre un confesseur dont les paroles efiicaces le pousse [nt] en l'abîme de son néant, qu'il s'y enfonce jusqu'au centre. Il est bien juste. S'il lui parle avec tendresse, qu'il songe que ce n'est que sa dureté qui lui attire cette indulgence, et qu'il se confonde davantage encHjre de trouver un si grand excès de miséricorde dans un si grand excès d'ingratitudes. Péclicurs ', voilà l'état où vous \eut Jésus, humiliés,
et que les pécheurs soient repris ; venez vous voir tel que vous êtes,
(( parce que, dit saint Augustin \de afin que vous ayez horreur de vous-
Corrept. et ffrat., cap. Xiv. n.4ô], mémo, et que confondu par les re-
s'il y a quelque espérance de salut proche.-^, vous vous rendiez enfin
pour eux, c'est par là que doit com- digne de louange. y> (IGti'.t.)
mcncer leur guérison ; et s'ils sont 1. Var : toutes ses paroles infî-
endurcis et incorrigibles, c'est par là dùles.
que doit commencer leur supolice. » 2. Var. : la honte.
Cherchez des amis, et non des flat- 3. Var. : les grâces, les méconnais-
teurs ; des juges, et non des com- sauces.
plices ; des médecins, et non des 4. Ce mot est au pluriel, et les empoisonneurs. Ne cherchez ni com- p.irticipes qui suivent, au singulier, plaisance, ni adoucissement, ni cou- ilais );ous semble donner raison ans descendance ; vene/,, venez rougir, éditeurs, f|iii mettent la phrase entandis que la honte est salutaire ; tière au pluriel.
3i8 CARÊME DU LOUVRE.
coiifoiulus, et par les bontés et par les rii^ueurs, et par les grâces et par les vengeances, et par resi)érance et par la crainte.
[P. 16j Mais ceux qui doivent entrer jikis profondément ^ dans cet état de confusion, ce sont. Messieurs, ces pécheurs superbes qui, non contents' d'excuser, osent encore soutenir leurs crimes. Nous les voyons tous les jours « qui les prêchent, dit l'Écriture, et s'en glorifient': Peccntum siiuni quasi Sodoma pnvdicnverunt '*. » Ils ne trouveraient pas assez d'agrément dans leur intempérance, s'ils ne s'en vantaient publiquement, « s'ils ne la faisaient jouir, dit TertuUien, de toute la lumière du jour et de toute la conscience "^ du ciel : At cnim delîcta vestra, et luce omni, et nocte onini, et tota caeli conscîentia friiuntur'^. -» Les voyezvous, ces superbes qui se plaisent à faire les grands par leur licence ; qui s'imaginent s'élever bien haut audessus des choses humaines par le mépris de toutes les lois ; à qui la putleur même semble indigne d'eux, parce que c'est une espèce de crainte : si bien qu'ils ne méprisent pas seulement, mais qu'ils font un insulte public ^ à toute l'Église, à tout l'Évangile, à toute la conscience des hommes^? Erf^o et tu confundere : c'est toi, pécheur audacieux, c'est toi principalement f|ui dois te confondre. Car considérez, Chrétiens, s'il y a quelque chose de plus indigne que de voir usurper au vice cette noble confiance de la vertu. Mais je m'exprK|ue trop faiblement : la vertu, dans son innocence, n'a (|u'une assurance modeste; ceux-ci, dans leurs crimes, [p. 17] vont jusqu'à l'audace, et contraignent même la veitu de trembler sous l'autorité qu'ils se donnent {lar leur insolence ".