‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 293 sur 552 · III Reg.. IV, 29. et lalitudinem cordis. quasi (ms. : si · texte numérisé non relu

III Reg.. IV, 29. et lalitudinem cordis. quasi (ms. : si

5. Var. : à S^alomon une sagesse eut) arenam quœ est in litlorc maris.

et particulièrement les princes, ne sont pas si heureux que la vérité vienne à eux de droit fil, pour ainsi dire, et d'un seul endroit ^. Il faut donc un cœur étendu pour recueillir la vérité deçà et delà, partout où l'on en découvre quelque vestige : et c'est pourquoi il ajoute, un cœur étendu connne le sahle Je la mer, c'est-à-dire capable d'un détail infini, de [s] moindres particularités ", de toutes les [p. xv] circonstances les plus menues, pour former un jugement droit et assuré. Tel était le roi Salomon. Ne disons pas. Chrétiens, ce que nous pensons de Louis Auguste, et, retenant en nos cœurs les louanges que nous donnons à sa conduite, faisons quelque chose qui soit plus digne de ce lieu. Tournons-nous au Dieu des armées et faisons une prière pour notre roi :

O Dieu, donnez à ce prince cette sagesse, cette étendue, cette docilité modeste, mais pénétrante, que désirait Salomon. Ce serait trop vous demander pour un homme que de vous prier, ô Dieu vivant, que le Roi ne fût jamais surpris. C'est le privilège de votre science de n'être pas exposée à la tromperie. Mais faites que la surprise ne l'emporte pas, et que ce grand cœur ne change jamais que pour céder à la vérité. O Dieu ! faites qu'il la cherche; ô Dieu! faites qu'il la trouve : car, pourvu qu'il sache la vérité ^, vous lui avez fait le cœur si droit que nous ne craignons rien pour la justice.

Sire, vous savez les besoins de vos peuples, le fardeau excédant [leurs] forces dont [ils sont] chargés*. Il se remue pour \ otre ^lajesté (juelque chose d'illustre et de grand, et qui passe la destinée des rois, vos prédéc[esseurs] : soyez fidèle à Dieu, et ne mettez point [d'obstacle] par vos péchés aux choses qui se préparent":

1. Phrase effacée: ((Chacun la fardeau dont il est chargé excédant trouve dan» son intérêt, dans ses ses forces. — Après tant de correcsoupçons, dans «es passions, et la tions inutiles et abusives, on ne deporte comme il l'entend aux oreilles vait pas imputer une telle prose à du souverain. )> Bossuet, sous prétexte de resjject

2. Var. : de toutes les particula- pour sa mémoire et pour ses œurités. vres. ,

3. Var. : et quand il saura la vc- ô. Édit. (même celle de M. Garité. zier) : « qui se couvent. » — Le mot

4. M.=. : ses forces.... dont il est préparent est écrit en abrégé dans chargé. — Anci«nnesédit.: Sire,vous une surcharge: pparent. — Var.: savez le.>i besoins de vos peuples, 1« Q Dieu ! quelle est la destinée de

portez la gloire de votre nom et celle du nom français à une telle hauteur (ju'il n'y ait plus rien à vous souhaiter que la félic[ité éternelle].

Yotie itgne I Is'y mettez point d'obslacle par voi péché?.

SUR LA PASSION DE XOTRE-SEIGXEUR.

Vendredi saint, 7 avril 1002.

Le Carême du Louvre s'acheva dignement par une prédication à la fois savante et pathétique, sur le testament de Jésus- Christ à la croix ^. La copie authentique de ce discours -, faite par ordre de l'orateur, remplace aujourd'hui l'autographe. Elle est postérieure de plusieurs années à celui-ci, à en juger par (juelques corrections et additions de la propre main de Bossuet. Dans ces lacunes comblées et dans ces légères modifications de quelques passages, nous avons comme le bon à tirer, donné par l'orateur lui-même. Nous signalerons en note les premières rédactions effacées, qui tantôt reproduisaient le texte primitif, tantôt n'étaient autre chose, comme nous le verrons, qu'une fausse iuterpiétation de !a pensée qui y était exprimée.

Hic est... sanguis mexis Novi Testmnenti.

C'est ici ^ mon sang, le sang du is ou veau Testament.

(Malth., XXVI, 28.)

Le testainent de Jésus-Christ a été scellé et cacheté durant tout le cours de sa vie. Il est ouvert aujourd'hui publiquement sur le Calvaire pendant que l'on y étend Jésus à la croix. C'est là qu'on voit ce testament oravé en caractères sanulants sur sa chair indignement déchirée ; autant de plaies, autant de lettres ; autant de jïouttes de sang- qui coulent de cette victime innocente, autant de traits qui portent empreintes les dernières

l.Pas de sermon au Louvre le il a'av.ait )ias voulu j;uli? (.Ç^rwicn

jour de Pâques. En 1662. Leurs Ma- pour une Profession, le jour de la

jestés entendirent, ce jour-là, la pré- Sainte Croix, ]6ti0, t. IIL p. .î29). Il

<lication de Dom Cosme, à Saint- est ici accepté comme synonyme de

Germain-l'Auserrois. (( Ceci est mon sang. » Plus "loin, le

2. Ms. fr. 1282.3, f. 314-.346. In-4, même texte sera paraphrasé ainsi :

avec marge. Copie, paginée par ca- « Ce sang que vous voyez répandu

'hiers de quatre pages. pour la rémission des péchés, c'est

.3. 11 eet, ce semble, assez étrange le sang du Nouveau Testament. » que Bossuet revienne à c« tour, dont

volontés de ce divin testateur. Heureux ceux qui peuvent entendre ^ cette belle et admirable disposition que Jésus a faite en notre faveur, et qu'il a confirmée par sa mort cruelle ! Nul ne peut connaître cette écriture, que l'esprit de Jésus ne l'éclairé et que le sang de Jésus ne le purifie. Ce testament est ouvert à tous, et les Juifs et les Gentils voient le sang et les plaies ^ ; mais ceux-là n'y voient que scandale, et ceux-ci n'y voient que jolie^. Il n'3^ a que nous, Chrétiens, qui apprenons de Jésus-C-hrist même que le sang qui coule de ses blessures est le sang du Nouveau Testament ; et nous sommes ici assemblés, non tant pour écouter que pour voir nous-mêmes dans la Passion du Fils de Dieu la dernière volonté de ce cher Sauveur, qui nous a donné toutes choses, quand il s'est lui-même donné pour être le prix de nos âmes.

Il y a dans un testament trois choses considérables : on regarde en premier lieu si le testament est bon et valide ; on regarde en second lieu de quoi dispose le testateur en faveur de ses héritiers ; et on regarde en troisième lieu ce qu'il leur ordonne. Appliquons ceci, Chrétiens, à la dernière volonté de Jésus mourant : voyons la validité de ce testament mystique, par le sang et par la mort du testateur ; voyons la munificence * de ce testament, par les biens que Jésus-Christ nous y laisse; voyons l'équité de ce testament, par les choses qu'il nous y ordonne. Disons encore une fois, afin que tout le monde l'entende, et proposons le sujet de tout ce discours. J'ai dessein de vous faire lire le testament de Jésus, écrit et enfermé dans sa Passion ; pour cela, je vous montrerai combien ce testament est inébranlable, parce que Jésus-Christ l'a écrit de son propre sang ; combien ce testament nous est utile, parce que Jésus nous y laisse la rémission de nos crimes ; combien ce testament est équitable, parce que Jésus nous y ordonne la société de ses souffrances. Voilà les trois points de ce discours. Le premier nous expliquera le

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