‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 30 sur 552 · Matth., Ml. 12, 4. Ms. : le propîiOte Zacharie · texte numérisé non relu

Matth., Ml. 12, 4. Ms. : le propîiOte Zacharie

'2 Prov., xx,2;>. Inadvertance de la niémoiic.

:i. Mirh.. VT. 10.

Chrétiens, elle a droit de les censurer et de les reprendre. C'est pourquoi nous apprenons par les saintes Lettres que l'un des devoirs les plus importants de ceux qui sont établis pour être les dépositaires de la vérité, c'est de reprendre sévèrement les péclieurs ; et il faut que nous apprenions de saint Augustin quelle est l'utilité d'un si saint emploi. Ce grand homme nous l'explique en un petit mot, au livre de la Correction et de la Grâce \ où, faisant compai'aison des préceptes que l'on nous donne avec les reproches^ que l'on nous fait, et recherchant à fond, selon sa coutume, l'utilité de l'un et de l'autre, il dit que, comme on nous enseigne par le précepte ce que nous avons à faire, on nous vjonire ^ par les reproches que, si nou.s ne le faisons, c'est par notre faute.

Et en effet. Chrétiens, c'est là le fruit princi])al de telle censure. Car *, quelque front qu'aient les pécheurs, le pécJié est toujours timide et honteux ; c'est pourquoi qui médite un crime médite pour l'ordinaire une excuse : |p. 6] c'est surprise, c'est fragilité, c'est une rencontre imprévue. Il se cache ainsi à lui-même plus de la moitié de son crime. Dieu lui suscite un censeur charitable, mais vigoureux, qui perce toutes ses défenses '% lui fait sentir cjue c'est par sa faute, et, lui étant tous les vains prétextes, ne lui laisse que son péché avec sa honte. Si <iuelque chose le peut émouvoir, c'est sans doute cette sévère correction, et c'est pourquoi le divin Apôtre ordonne à Tite, son cher disciple, d'être dur et inexorable en quelques rencontres : « Reprenez-les, dit-il, durement : Incrcpa illos dure ^ » ; c'est-à-dire qu'il faut jeter quelquefois au front des pécheurs impudents des vérités toutes sèches, qui les fasse [nt] rentrer en eux-mêmes d'étonneraent et de surprise; et si les corrections doivent emprunter en plusieurs rencontres une certaine douceur de la charité, qui est tendre et compatissaiite, elles doivent aussi emprunter souvent quelque espèce de rigueur^ et de dureté de la vérité, cjui est inflexible.

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