C. Var. : où en viennent
SUR LA HAINE DE LA VERITE. 4b
salutaire ; venez vous voir to\it tel que vous êtes, afin que vous ayez horreur de vous-même ; et que, confondu par les reproches, vous vous rendiez enfin digne de louange ' : Ut, Deo mlserante,... desinat agere piidenda et dolenda, atqne agat Jandanda utquc gratanda ".
— Mais ne faut-il pas user de condescendance? N'estce pas une doctrine évangélique '^ qu'il faut s'accommoder à l'infirmité humaine? — Il le faut, n'en doutez pas. Chrétiens; mais voici l'esprit véritable de la condescendance chrétienne : elle doit [être] dans la charité, et non pas dans la vérité. Je veux dire : il faut que la charité compatisse, et non pas que la vérité se relâche * ; il faut [p. i] supporter l'infirmité, mais non pas l'excuser ni lui complaire. Il faut imiter saint Cvprien, dont saint Augustin a dit ces beaux mots, que, considérant les pécheurs, il les tolérait dans l'Église par la patience de la charité, et voilà la condescendance chrétienne ; « mais que tout ensemble il les reprenait par la force de la vérité ^, et voilà la vigueur apostolique : Et vcritatis lihcrtate^ redarguit, et cliaritatis virtute snstinuit ». Car, pour ce qui est de la vérité et de la doctrine, il n'y a plus à espérer d'accommodement ; et en voici la raison : Jésus-Christ a examiné une fois jusques où devait s'étendre la condescendance. Lui, qui connaît parfaitement la faiblesse humaine et le secours qu'il lui donne, a mesuré pour jamais l'une et l'autre avec ses préceptes. Ces grands conseils de perfection, quitter tous ses biens, les donner aux pauvres, renoncer pour jamais aux honneurs du siècle, passer toute sa vie dans la continence, il les propose Inen dans son Évangile ; mais, comme ils sont au delà des forces communes, il n'en fait pas [p. â:] une foi, il n'en impose pas l'obligation. S'il a eu sur nous quelque grand dessein que notre faiblesse ne pût pas porter, il en a différé l'accomplissement jusqu'à ce que l'infirmité ait été munie du secours de son Saint-Esprit : Non potestis portare modo^. Vous voyez donc, Chré-
"ï. Addition phts récente : u* ei non 4. Encore une phrase sonlifrnt-e
peulement de louanges, mais d'une qu'il faut hien se parder de retran-
gloire éternelle, n <■ cher : car elle l'est en raison de son