Var. : craignons..., croyons
SIR LA FK.MME ADII.TÈKE. 449
tice. C'est pourquoi le Seigneur Jésus les voyant approclier de lui dans cet esprit dédaigneux, il les confond par c'^tte parole : Celui, dit-il, qui est iniu)cejit, qu'il jette la prcinicre pierre.
Apprenons de là, Chrétiens, en quel esprit nous devons juger même des crimes les plus scandaleux. Gardons-nous de tirer aucun avantage de la censure que nous en faisons. C^ar n'avons-nous pas reconnu que ce n'est pas à nous de rien prononcer, mais de suivre humblement ce que Dieu prononce ? La lumière de vérité qui hrille en nos âmes et y condamne [p. il] les dérèglements ^ que nos frères nous rendent visibles dans leurs actions criminelles, n'est pas une prérogative " qui nous soit doiuiée pour prendre ascendant sur eux ; mais c'est une impression qui se fait en nous de la justice supérieure par laquelle nous serons jugés tous ensemble. Ainsi, prononçant par le même arrêt leur condamnation et la vôtre"*, pouvez-vous en tirer aucun avantage ? et ne devez-vous pas, au contraire, être saisis de frayeur et de tremblement ? Considérez le Sauveur, et voyez dans^ quel esprit de condescendance... : Je ne te condamnerai poi? ! Si la justice même est si indulgente, faut-il que la malice soit inexorable ? Si le juge est si patient, le criminel ose-t-il être rigoureux ? Car enfin, si le crime que vous condamnez, si cet infâme adultère qui vous fait dédaigner cette pécheresse, n'est pas dans votre cœur par consentement, il n'est pas moins dans le fonrl de votre malice, ou dans celui de votre faiblesse.
Ignorez-vous, Chrétiens, de quelle sorte les péchés s'engendrent en nous ? Ils y naissent comme des vers : Os fatuoruni ehullit stuUitiani ^ ; non engendrés par le dehors, mais conçus et bouillonnants ^ au dedans de la pourriture invétérée ^ de notre substance, et du fonds malheureusement fécond de notre corruption originelle. Ainsi, quand le crime ^ que vous blâmez ne serait point