‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 347 sur 552 · Var. : insupportables. 8. Ms. : là par · texte numérisé non relu

Var. : insupportables. 8. Ms. : là par

Le croviez-vous \ pauvres âmes, lorsqu'il vous parlait si obligeamment, croyiez-vous que cette douceur lui coûtât si cher ? Vous croyiez peut-être alors qu'il vous faisait une grâce qui ne lui coûtait autre chose que d'ouvrir seulement son cœur, trésor inépuisable de compast<ions, et il faisait une échange " ; et, pour faire luire sur vous un rayon de faveur divine, il se dévouait intérieurement à des rigueurs infinies, à des duretés intolérables. A vous donc toute la douceur, à lui toutes les amertumes ; à vous les consolations, à lui les délaissements ; à vous la facilité, le pardon, la condescendance, à lui les [p. vu] foudres, à lui les tempêtes, et tout ce C|ue peut inventer une colère inflexible et inexorable.

Mes Frères, c'est à ce prix que Jésus nous est indulgent. Pouvons-nous, après cela, arrêter les yeux sur les bontés qu'il exerce, sans avoir le cœur pénétré de ce que lui coûtent nos crimes ? Autant de grâces qu'il nous donne, autant de pécliés qu'il nous remet, autant de fois qu'il nous dit : Je ne te condanmerai pas, et il nous le dit à chaque moment, nous devons croire, mes Frères, (ju'il étale autant de fois à nos yeux toutes les rigueurs de sa croix et toute l'hon-eur du Calvaire. Et comme à chaque moment son enfer devi'ait s'ouvrir sous nos pieds, autant d"iiistants qu'il nous accorde pour prolonger le temps de la pénitence, autant nous dit-il de fois : Vois, je ne te condamne pas; vois, je ne te condamne pas, puisque je t'attends ; je ne te condamne pas, puisque je t'invite ; je ne te condamne pas, puis(jue je te presse, et Cjuc je ne cesse de te dire : Retourne, ])révaricateur, et tu vivras ; retournez, enfants perfides ; retournez, épouses déloyale [s] : et pourquoi voulez-vous^ yérir, maison d'Israël ^ ? Donc, mes Frères, autant de moments que Jésus nous attend à la pénitence, autant de fois, non sa voix mortelle, mais, ce qui est beaucoup davantage, sa bonté, sa miséricorde, [p. viii] sa ]iatience déclarée, son sang, sa grâce, son Saint-Esprit nous disent au fond du cœur : Je ne te condanuie pas ; va, et désormais ne pèche plus. Et tout cet excès de

1. Tkl?.. ici e1 aux <leiix ]i>;iic« ininiri au xvn^ «itcl". suivante? : croyez. o. Ezech., xx.xii. II.

Page 1