‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 365 sur 552 · Édit. : les conséquences. 4. Amst. : la rejeter · texte numérisé non relu

Édit. : les conséquences. 4. Amst. : la rejeter

3. Texte des éditions. Expression 5. Ne seiait-ce pas une autre peu vraisemblable toutefois, malgré faute, pour lef doctes f

ce qu'on verra plus loin sur le cré- G. Orat. xxxii, 3. [P. G., t.

dit dont jouissait le jansénisme à XXXVI, col. 176.] son origine parmi « la fleur de

leurs caractères propres, il les appelle excessifs, insatiables, et portés plus ardemment qu'il ne faut aux choses de la religion : paroles vraiment sensées, et qui nous représentent au vif le naturel de tels esprits^.

Vous êtes étonnés peut-être d'entendre parler de la sorte un si saint évêque. Car, Messieurs, nous devons entendre que si l'on peut avoir trop d'ardeur, non point pour aimer la saine ^ doctrine, mais pour l'éplucher de trop près, et pour la rechercher trop subtilement, la première partie d'un homme qui étudie les vérités saintes, c'est de savoir discerner les endroits où il est permis de s'étendre, et où il faut s'arrêter tout court et se souvenir des bornes étroites dans lesquelles est resserrée notre intelligence : de sorte que la plus prochaine disposition à l'erreur est de vouloir réduire les choses à la dernière évidence de la conviction ; mais il faut modérer le feu d'une mobilité inquiète, qui cause en nous cette intempérance et cette maladie de savoir, et être sages sobrement et avec mesure, selon le principe ^ de l'Apôtre ^, et se contenter simplement des lumières qui nous sont données plutôt pour réprimer notre curiosité, que pour éclaircir tout à fait le fond des choses. C'est pourquoi ces esprits extrêmes, qui ne se lassent jamais de chercher, ni de discourir, ni de disputer, ni d'écrire, saint Grégoire de Nazianze les a appelés excessifs et insatiables.

Notre sage et avisé syndic jugea que ceux desquels nous parlons étaient à peu près de ce caractère, grands hommes, éloquents, hardis, décisifs, esprits forts et lumineux, mais plus capables de pousser les choses h l'extrémité que de tenir le raisonnement sur le penchant, et plus propres à commettre ensemble les vérités chrétiennes qu'à les réduire à leur unité naturelle, tels enfin, pour dire en un mot, qu'ils donnent beaucoup à Dieu ' et que c'est pour eux une grande grâce de céder

1. Edit. : paroles vraiment sen- ris : saine. Cf. II Tira., iv, 3. Sanam séea, et qui nous représentent au doctrinam.

vif le naturel de tels esprits. Vous g, On attendrait plutôt : «selon

êtes étonnes peut-être d entendre j^ .^ ^^ l'Apôtre. » (C'est

parler de la sorte un SI saniteveque. ,, .Vi i ^ ^ i t^ r . x

6ar, Messieurs, nous devons enten- ^ ''^'^^eurs le texte de Deforis).

dre... — Incohérence. 4. Rom., xii, 3.

2. Amst. : sainte. Pérau et Defo- 5. Texte peu satisfaisant, surtout

entièrement à s'abaisser sous l'autorité suprême de l'Église et du Saint Siège. Cependant les esprits s'émeuvent, et les choses se mêlent de plus en plus. Ce parti zélé et puissant charmait du moins agréablement, s'il n'emportait tout à fait la fleur de l'École et de la jeunesse; enfin il n'oubliait rien pour entraîner après soi toute la Faculté de théologie.

C'est ici qu'il n'est pas croyable combien notre sage Grand maître a travaillé utilement parmi ces tumultes, convainquant les uns par sa doctrine, retenant les autres par son autorité, animant et soutenant tout le monde par sa constance ; et, lorsqu'il parlait en Sorbonne dans les délibérations de la Faculté, c'est là qu'on reconnaissait par expérience la vérité de cet oracle : « La bouche de l'homme prudent est désirable dans les assemblées, et chacun pèse toutes ses paroles en son cœur : Os prudcntis quœritur in ecclesia, et verha illius cogitahunt in cordihus suis \ » Car il parlait avec tant de poids, dans une si belle suite et d'une manière si considérée, que même ses ennemis n'avaient point de prise. Au reste, il s'appliquait également à démêler la doctrine et à prévenir les pratiques par sa sage et admirable prévoyance ; en quoi il se conduisait avec une telle modération, qu'encore qu'on n'ignorât pas la part qu'il avait en tous les conseils, toutefois à peine auraitil paru, n'était que ses adversaires, en le chargeant publiquement presque de toute la haine, lui donnèrent aussi, malgré lui-même, la plus grande partie de la gloire. Et certes, il est véritable qu'aucun n'était mieux instruit du point décisif de la question. Il connaissait très parfaitement et les confins et les bornes de toutes les opinions de l'École ; iusqu'où elles concouraient ^, et où elles commençaient à se séparer ; surtout il avait grande connaissance de la doctrine de saint Augustin et de l'école de saint Thomas. Il connaissait les endroits par où ces nouveaux docteurs semblaient tenir les limites certaines, [et ceux] par lesquels^ ils s'en étaient

si l'on met ici une virgule, comme 3. Amst. : les limites certaines par

dans les précédentes éditions. lesquelles. — Deforis : les limites

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