Matth, xni. 52. 3. Trait cité avec éloges dans
2. Defoiis : déchargé? de faire de Tanalyse donnée par Herinant. bonnes œuvres. 4. Âmst. : à la sainteté et ronlre.
fabriques en ont presque tiré tout le fruit. Pour ce qui touchait sa personne, on voyait qu'il prenait à tâche d'honorer le seul nécessaire ^ par un retranchement effectif (le toutes les superfluités : tellement que ceux qui le consultaient, voyant cette s'ag-esse, cette modestie, cette égalité ^ de ses mœurs, le poids de ses actions et de ses paroles, enfin cette piété et cette innocence qui, dans la plus grande chaleur des partis, étaient toujours demeurées sans reproches, et admirant le consentement de sa vie et de sa doctrine, croyaient que c'était la justice même qui parlait par sa bouche ; et ils révéraient ses réponses comme des oracles d'un Gerson, d'un Pierre d'Ailly et d'un Henri de Gand. Et plût à Dieu, Messieurs, que le malheur de nos jours ne l'eût jamais arraché de ce paisible exercice !
Vous le «avez, juste Dieu '\ vous le savez, que c'est malgré lui que cet homme modeste et pacifique a été contraint de se signaler par^ni les troubles de votre Église. Mais un docteur ne peut pas se taire dans la cause de la foi ; et il ne lui était pas permis de manquer en une occasion ovi sa science exacte et profonde, et sa prudence consonnnée ont paru si fort nécessaires. Je ne puis non plus omettre en ce lieu le service très important qu'il a rendu à l'Ëglise, et je me sens obligé de vous exposer l'état de nos malheureuses dissensions, (juoique je désirerais beaucoup davantage de les voir ensevelies dans l'oubli et dans le silence. Quelle effroyable tempête s'est excitée en nos jours, touchant la grâce et le libre arbitre ! Je crois que tout le monde ne le sait que trop, et il n'y a aucun endroit si reculé de la terre où le bruit n'en ait été répandu. Comme presc^ue le plus grand effort de cette nouvelle tempête tomba dans le temps c[u'il était syndic de la Faculté de théologie, voyant les vents s'élever, les nues s'épaissir, les flots s'enfler de plus en plus, sage, tranquille et posé qu'il était, il se mit à considérer attentivement quelle était cette nouvelle doctrine, et quelles étaient les personnes qui la soutenaient. Il vit donc que saint Augus-
l.Lnc, x,42. le même passage du discours cité
2. A m?t. : cette légalité. par G. Heiinant d'après l'écrivain
8. On peut voir plus loin (p. 492) ou copiste, dont nous avons parlé.
Seimous de Busouet. — IV. 31
tin, qu'il tenait le plus éclairé et le plus profond de tous les docteurs, avait exposé à l'Église une doctrine toute sainte et apostolique touchant la grâce chrétienne ; mais que, ou par la faiblesse naturelle de Tesprit humain, ou à cause de la ^ profondeur ou de la délicatesse des questions, ou plutôt par la condition nécessaire et inséparable de notre foi, durant cette nuit d'énigmes et d'obscurités, cette doctrine céleste s'est trouvée nécessairement enveloppée parmi des difficultés impénétrables : si bien qu'il y avait à craindre qu'on ne fût jeté insensiblement dans des conséquences ruineuses à la liberté de l'homme. Ensuite il considéra avec combien de raison toute l'École et toute l'Église s'était appliquée à défendre ces^ conséquences; et il vit que la Faculté ^ des nouveaux docteurs en était si prévenue, qu'au lieu de les rejeter ^ , ils en avaient fait une doctrine propre : si bien que la plupart de ces conséquences, que tous les théologiens avaient toujours regardées jusqu'alors comme des inconvénients fâcheux, au-devant desquels il fallait aller pour bien entendre la doctrine de saint Augustin et de l'ÉgHse, ceux-ci les regardaient au contraire comme des fruits nécessaires, qu'il en fallait recueillir ; et que ce qui avait paru à tous les autres comme des écueils contre lesquels il fallait craindre d'échouer le vaisseau, ceux-ci ne craignaient point de nous le montrer comme le port salutaire auquel devait aboutir la navigation. Après avoir ainsi regardé la face et l'état de cette doctrine, que les docteurs '' sans doute reconnaîtront bien sur cette idée générale, il s'appliqua à coiniaître le génie de ses défenseurs. Saint Grégoire de Nazianze, qui lui était fort familier, lui avait ajjpris que les troubles ne naissent pas dans l'Éiglise par des âmes communes et faibles : Ce f^ont, dit-il ^, de grands esprits, mais ardents et chauds, qui causent ces mouvements et ces tumultes; mais ensuite, les décrivant par