‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 37 sur 552 · Var. : Correction de 16GG : dans comrlaisanoes. v · texte numérisé non relu

Var. : Correction de 16GG : dans comrlaisanoes. v

• un trilmnal. 8. Yar. de 1 Evaneile.

6. Qinritvt/ue éveille, chez Bos- 9. Gandar : dans notre vie. Légère euet, l'idée de pluralité : c'est une inexactitude.

vérité chrétienne n'a point été annoncée seront ensevelis, dit saint Augustin % comme des morts dans les enfers ; mais ceux qui savent la vérité et qui pèchen»contre ses préceptes, ce sont ceux dont David a dit « qu'ils y descendront tout vivants : Descendant [in injernum vivenies^ ^. » Les autres y sont comme entraînés et précipités ; ceux-ci y descendent de leur plein gré ; ceux-ci y seront comme des [vivants] et les autres comme des [morts] ". Cela veut dire, Messieurs, que la science de la vérité leur donnera un sentiment si vif de leurs peines, que les autres en comparaison, quoique tourmentés très cruellement, sembleront comme morts et insensible [s]. Et quelle sera cette vie? C'est qu'ils verront éternellement [p. n] cette vérité qu'ils ont combattue ; de quelque côté qu'ils se tournent, toujours la vérité sera contre eux : In opprobrium, vt vidcnnt semper* ; en quelques antres profonds qu'ils a'ent tâché de la receler pour ne point entendre sa voix, elle percera leurs oreilles par des cris terribles ; elle leur paraîtra tout nue, aigre, inexorable, inflexible ^, pour confondre éternellement leur ingratitude.

Ha ! mes Frères, éloignons de nous un si grand malheur. Enfants de lumière et de vérité, nous devons aimer la lumière, même celle qui nous convainc ; nous devons adorer la vérité, même celle qui nous condamne. Ft toutefois, Chrétiens, si nous sommes bien conseillés, ne soyons pas longtemps en querelle avec une ennemie si redoutable*^; [p. o] accommodons-nous pendant qu'il est temps avec ce puissant adversaire ; ayons la vérité pour amie, suivons sa lumière qui va devant nous, et

1. Enarr. in Pg. Liv.n. 1C. i"ge. et que le juge ne nous livre à

*?. Ps. îAV. 16. — M<. : Descen- reséciiteiir, qui nous fera entrer

dermit. dans une prison, où non? ^émiions

3. L'ordre des mots entre crochets (éternellement. (-/7>/C(') iusqu'à, ce nue est interverti an manuscrit; mais nous ayon-> payé jusqu'au dern'er c'est une inadvertance manifeste, sou ; c'e^t-^-dire c]u'il n'y aura plus que Gandar aurait pu corriger. [pour nous] aucnne res-omce. par-

4. Dnn., xn.2 ce que nous serrons toujours insolh. Var. : nue, armée de tous ses vables. » — L'auteur supprime ce

reproches. passage : cette allégorie evangéli-

(!. /'(/.«.«açecjface.-CC ...réconcilions- que (Ma th.. v, 2.'i-'27\ qu'il a])pli-

nous bientôt avec elle, en nous quait ^ l'enfer, avec saint .\uL'usL'n,

composant selon ses légles, de peur pouvant, selon une autre interp-é-

que cet adversaire, de<enu enfin tation. s'appliquer au jiurgatoirfc implacable, ne nous mené devant le

48 CAR^MK l(t:S CAK.MÉI.ITES.

nous ne inaielieruiis point panai les ténèbres. Allons (iroitenient et honnêtement, eonime des hommes qui sont en plein jour, et dont toutes les actions [sont] éclairées ; et à la fin nous arriverons à la clarté innnorlello et au plein jour de l'éternité. Amen.

Cette fin du premier point, conservée par Defuris dann le texte (hi sermon (partie au ^", partie au 3'"^ point) u clé retranchée pur Bossuet Jui-même. (Cf. p. H2).

« Mais revenons à notre sujet, et continuons de suivre la pi.sle lie l'aversion {var. : de lu Iiaine) que nous avons pour la vérité et pour ses règles invariables.

Vous avez vu, Chrétiens, que le pécheur la détruit (cor.: veut détruire) tout autant qu'il peut, non seulement dans \a Loi et dans l'Évangile, qui en sont, vous avons-nous dit, de fidèles (var.: les véritables) €0])ies, mais encore dans le sein de Dieu, où elles sont écrites en original. Il voit qu'il est impossible : Je s}iis Dieu, dit le Seigneur, et ne change [point] (.Malach., m, 6.). Quoi que l'homme puisse attenter, ce qu'a prononcé sa divine bouche est fixe et invariable; ni le temps ni la coutume ne [p. 11] prescrivent point contre l'Évangile : Jésus Christus heri et hodie, ipse et in secula (Hebr., xiii, 8). Il ne faut donc pas espérer que la loi de Dieu se puisse détruire. Que feront ici les pécheurs toujours poussés de cette haine secrète de la vérité qui les condamne? Ce qu'ils ne peuvent corrompre, ils l'altèrent; ce qu'ils ne peuvent abolir, ils le détournent, ils le mêlent, ils le falsifient, ils tâchent de l'éluder par de vaines subtilités. Et de quelle sorte. Messieurs? En formant des doutes et des incidents, en réduisant l'É/vangile à des questions artificieuses, {p. 12] qui ne servent (ju'à faire perdre, parmi des détours infinis, la trace toute droite (le la vérité. (Première rédaction effacée ; comme un avocat infidèle (var. : chicaneur) qui ne pouvant exi)rK{Upr la loi, dont la décision formelle et précise prononce contre sa partie (var.: sur sa cause) en la même espèce, ce qu'il ne peut expliquer, il l'enveloppe en proposant des douti-s et des questions qui ne servent...)

Car ces pécheurs subtils et ingénieux, ((ui tournent de tous côtés l'Évangile, qui trouvent des raisons de douter sur l'exécution de tous ses préceptes, qui fatiguent les casuistes par leurs consultations infinies, ne travaillent qu'à envelopper la règle des mœurs. Ce sont des hommes, dit saint Augustin, a qui se tour mentent beaucoup pour ne trouver pas ce (lu'ils cherchent: A'/7i(7 laborant nisi non invenire quod qu:crunt » (De Gènes, cont. M.iuich-, n, 2) ; ou plutôt ce sont ceux dont parle l'Apôtre, qui n'ont jamais de maximes fixes ni de conduite certaine, « qui apprennent toujours et qui n'arrivent jamais à la science de la vérité : Semper discenies, et nunquam ad scienliam veritatis pcrvenientes » (II Tim., ni, 7).

Ce n'est pas ainsi. Chrétiens, que doivent être les enfants de Dieu. A Dieu ne plaise que nous croy'ons que la doctrine chré-

tienne soit toute en doutes et en questions ! L'Évangile [p. 13] nous a donné quelques principes, Jésus-Christ nous a appris quelque eliose. Qu'il puisse se rencontrer quelquefois des difficultés extraordinaires, je ne m'y veux pas opposer : mais je ne crains point d'assurer que, pour bien récrier notre conscience sur la plupart des devoirs du christianisme, la simplicité et la bonne foi sont de grands docteurs : ils laissent peu de choses indécises. Par la grâce de Dieu, Messieurs, la vie pieuse et chrétienne ne dépend pas des subtilités ni des belles inventions de l'esprit humain : pour savoir vivre selon Dieu en simplicité, le chrétien n'a pas besoin d'une grande étude ni d'un grand appareil de littérature: «Peu de choses lui suffisent, dit Tertullien, pour connaître de la vérité autant (rar. : ce qu'il) qu'il lui en faut pour se conduire : Cluistiano pavcis ad sclevfinu) rcrifniis opvs est (De Anim., n. 2).

Qui nous a donc produit tant de doutes, tant de fausses subtilités, tant de dangereux adoucissements sur la doctrine des mœurs, si ce n'est que nous voulons tromper ou être trompés ? Ces excellents docteurs auxquels je vous renvoyais, la simplicité et la bonne foi, donnent des décisions trop formelles, [p. 14]. — La chair, qui est condamnée, cherche des détours et des embarras. De là tant de questions et tant de chicanes. C'est pourquoi saint Augustin a raison de dire que ceux qui les forment « soufflent sur de la poussière et jettent de la terre dans leurs yeux: Sufflnvles in piilrerein, et excitantes terram in nevlns itiins » (Conf., Xii, IH). Ils étaient dans le grand chemin, et la voie de la justice même leur paraissait toute droite ; ils ont soufflé sur la terre, et de vaines contentions, des questions de néant (var. : de nul poids) qu'ils ont excitées, ont troublé leur vue comme une poussière importune, et ils ne peuvent plus se conduire.

Sans faire ici la guerre à personne, si ce n'est à nous-mêmes et à nos vices, nous pouvons dire hautement que notre attachement à la terre et l'affaiblissement de la discipline a fait naître plus que jamais en nos jours ces vaines et pernicieuses subtilités. I.,es uns cherchent Jésus-Christ comme les Mages, pour adorer sa vérité ; les autres le cherchent dans l'esprit d'Hérode, pour faire outrage à sa vérité.

Règle pour s'examiner : Quiconque cherche est inquiet et veut se mettre en repos, voyez quelle est cette inquiétude et de quelle veine elle vient. Par là vous pourrez connaître votre disposition véritable. Mais si vous voulez ne vous tromper pas à connaître quelle est cette inquiétude et de quelle veine elle vient, examinez attentivement ce que vous craignez. Ou vous craignez de mal I p. ir)| faire, ou vous craiirnez qu'on vous dise ([ue vous faites mal. L'un est la crainte des enfants de Dieu, l'autre est la crainte des enfants du siècle. Si vous «-raignez de mal faire, vous cherchez Jésus-Christ dans l'esprit des Mages, pour rendre honneur à la vérité ; sinon, vous cherchez Jésus-Christ dans l'esprit tl'Hérode, pour lui faire outrage. »

Bosxuet a repris quelques-uns de ces déccloppemcnts, en les remaniant, dani^ le i'™« point de ce sermon (cf. p. 35 à H7) , et dans le sermon de I66G jioiir le même diniaiiche de la Passion. Sormous do Bossuet. — I"? . 4

CARflME ])!• S CARMÉLITES. DIMANCHE DES RAMEAUX.

JO avril- 1601.

Ce beau sermon ' a paru digne à ]\r. Gazier de figurer dans un Choix classique. L'édition qu'il en a donnée d'après le manuscrit autographe contient plusieurs améliorations. Quelques passages cependant demandaient, à notre avis, à être moiiifiés dans un sens plus rigoureux encore 2. Vers la fin du sermon se lit dans le ms. un renvoi au panégyrique de saint Jacques (saint Jacques le Majeur, frère de l'évangéliste saint Jean), où les éditeurs croyaient voir une référence à TKpître can mique de l'apôtre (lu même nom (saint Jacques le Mineur), le fils d'Alphée, un des neveux de la sainte Vierge que le Nouveau Testament appelle « frères du Seigneur. »

Faut-il ajouter, mais seulement pour mémoire, une erreur de détail assez étrange, qui n'est peut-être qu'une faute d'impression .■' Elle se rencontre à la fin de la première rédaction de l'avant-propos, qu'on avait jointe à la nouvelle édition, comme nous la joindrons aussi à la nôtre: « ...s"il i)laît à Dieu de nous éclairer des lumières de Jésus-Christ par rinterces[sion de Marie: /li'e|.)) On comprend qu'il faut lire: «des lumières de son Suiitl-Kaprif... «

S0MM.\IRE. — Carmélites, G'' dimanche, l'allrnce, fsoujfmtices.

Exorde : Calvaire ; trois crucifiés. S. Augustin.

(1^'' point.) •'. Dieu semblable à nous, afin ijue nous fussions soniblable[s] à lui (p. 1, 2, 3, 4, 5). Incarnation. A"o/e;. Jhid. — Fsprit de Jésus-Chri.st, souffrances: \ iriiin dolonim ci ncicutotii infirmitaiem (p. 6, 7, 8). — Nécessité de souffrir {]>. 10, 11, r^, 13).

C?* point.) Pénitence dans les peines. \'oleur ])éiiitrnt. exemple (p. 4, b). Souffrance, épreuve de la verhi, or du saiiciuairc (p. (i, 7, iS, y, ](), 11).

l.AI.'.fr.r.'fi'JJjforJO-iUJ.ii'.-lavec qu"iiii nouveau texte en tô te du ser-

marjro. mon. ont lUé ajoutés (riuie main

2. A la fin du sccoDd e.xorde, se rapide par Bos^Piiet pour un sermon

trouve, tracée au crayon, une non- de IGGô (E. Griselle, J(eeue d'Uixt.

velle rédaction que M. Lebarq a /;««/■.. avril ]9i:!. p. 407.)

prise pour l'œuvre du neveu de Bos- 3. La paginuliou du sermon ne

suet: elle e't bien de la main de commence qu'au premier point, l'évêque de Meaus. Ces notes, ainsi

Voleur pénitent miséricord[ieusement] traité par Jésus (p. 12, 13, 14). — Aujourd hui, quelle promptitude ! Avec moi, quelle compagnie! Dans le paradis, quel repos ! (p. 16).

(3^ point.) Enfer dès ce monde : peine sans pénitence. Deux (eux dans les Écritures (a, b, c, d, e, f). Consolation aux enfants (le Dieu dans les afflictions. Distingués des méchants, même ((uand ils souffrent les mêmes maux. Cùmpar[aison] : saint Augustin (il).

Kxliortation à prendre la médecine (h, i).

Per patientlain curramn.^ ad propoRitinn vobis ccrtamen, adspicientes in auctorem fidei ^ et consummatorem, Jcsum.

Courons par la patience au combat qui nous est proposé, jetant les yeux sur Jésus, l'auteur et le consommateur de notre foi.

(lîebr., XII, 1, 2.)

Voici les jours salutaires ^ où l'on érigera le Calvaire dans tous nos temples, où nous verrons couler les ruisseaux de sang de toutes les plaies du Fils de Dieu, où l'Eglise représentera si vivement par ses chants, par ses

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