‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 38 sur 552 · Ms. ifidei nosirce · texte numérisé non relu

Ms. ifidei nosirce

2. Première rédaction : (fol. 192). Parmi les pratiques diverses de la piété chrétienne que j'ai tâché de vous expHquer dans les discours précédents, j'ai différé jusqu'à ces saints jours {var. : jusques à ce temps) avons proposer la plus haute, la plus importante, la plus évangélique de toutes, je veux dire l'amour des souffrances. Il m'a semblé, Chrétiens, que, pour vous entretenir avec efiicace d'une doctrine si dure, si contraire (var.: si répugnante) au sens, et si nécessaire à la foi {rar. : et si peu goûtée dans le siècle, où l'on n'étudie rien avec plus de soin (pie Fai't de vivre avec volnpté),il fallait attendre le temps où le Sauveur lui-même nous prêche à la croix, et que je parlerais faiblement, si ma voix n'était soutenue de celle de Jésus mourant, ou plutôt du cri de son sang, «ï qui parle mieux, «dit l'Apôtre, et plus fortement (( que celui d'Abel. »

Nou3 voici arrivés aus jours salu-

taires où l'on érigera le Calvaire dans tous nos temples, où nous verrons couler les ruisseaux de sang de toutes les plaies du Fils de Dieu, où l'Église représentera si vivement par ses chants, par ses paroles et par ses mystères celui de sa Passioii douloureuse, qu'il n'y aura aucun de ses enfants auquel [ms.: auxquels, var.:

à qui) nous ne puissions dire ce que l'Apôtre a dit aux Galates, que .lésus-Christ a été crucifié devant ses yeux. Parmi ces spectacles de mort et de croix, le chrétien sera bien dur, s'il ne suspend, du moins quelques jours, ce tendre amonr des plaisirs, pour se rendre capable d'entendre combien les douleurs de .Tésus lui doivent rendre considérable l'amour (i}ar.: celui) des souffrances.

Servons-nous de ce temps propice, prenons cette occasion favorable, pour imprimer dans lescœur[s] de.^ chrétiens le véritable esprit (var.:

la première vérité) du christianisme.

L'Eglise commence aujourd'hui à lire dans les saints mystùres l'biï-

52 CARKMF, IIRS CARMÉLITES.

paroles et par .ses mystères celui de sa Passion douloureuse, qu'il n'y aura aucun de ses enfants à qui nous ne puissions dire ce que rA])ôtre disait aux (îalates ', que Jésus-(.'lirist a été crucifié tievant ses yeux. L'fiulise" conunence aujourd'hui à lire dans l'action'^ l'histoire de la Passion de son Rédempteur : commençons aussi dès ce premier jour à nous en remplir tellement l'esprit, que nous n'en perdions jamais la pensée pendant ces solennités pleines d'une douleur qui console et d'une tristesse qui adoucit toutes les autres ■*.

Parmi ces s{)ectacles de mort et de croix qui s'offrent à notre vue, le chrétien sera bien dur, s'il ne suspend, du moins durant quelques jours, ce tendre amour des plaisirs, pour se rendre capable d'entendre combien les peines de Jésus-Christ lui rendent nécessaire celui des souffrances. C'est pourquoi j'ai différé jusqu'à ces saints jours à vous proposer dans cette chaire cette maxime iondamentale " de la piété chrétienne. Il m'a semblé, Chrétiens, que, pour vous entretenir avec efficace d'une doctrine si dure, si contraire au sens, si considérable à la foi ^, et si peu goûtée dans le siècle, où l'on n'étudie rien avec plus de soin que l'art de vivre avec volupté, ii fallait attendre le temps dans le(|ue] Jésus-Christ luimême Jious prêche à la croix; et j'ai cru que je y)arlerais faiblement, si ma voix n'était soutenue par celle <le Jésus mourant, ou plutôt par le cri de son sang, qui })urle mieux, dit saint Paul % et plus fortement que celui d'A bel.

Servons-nous donc. Chrétiens, de cette occasion favorable, et tâchons d'imprimer dans les cœurs la loi de

toiie de la Passion : commençons h'action est un des noms dn canon

aussi, dus ce premier jour, à nous en de la Messe et quelquefois de la

remplir tellement l'esprit, qu'en Messe entière.

ayant toujours la pensée présente 4. Var. : d'une tristesse si douce

durant cette sainte semaine, elle que, si peu qu'on s'y abandonne, elle

nous inspire {var. : que nous en giidiit toutes les autres. — Texte de

ayons toujours la pensée présente !M. Gazier. Mais Bossuet, après avoir

et qu'elle nous in.spire) des senti- d'abord effacé la rédaction que nous

rnentsqui soient dignes do chrétiens. adoptons, y est ensuite revenu défi-

Cest ce que j'espère, Mes.sieurs, s'il nitiveuieut.

l)laît à Dieu de nous éclairer des 5. Var. : cette pratique impor-

lumières de son Saint-Esprit par tante...

riMterces[sion de Maiie : .icf]. C. M. Lebarq introduisait ici un

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