L'ASSOMPTION DE LA SAINTE VIERGE
Prcché au Val-dc-Gràce, en 1GG3, devant Anne d'Autriche.
On trouve dans la Gazette de France, et dans la Muse historique de Loret, la mention de ce sermon ^. L'allocution finale, avec les allusions qu'elle contient, permettait, dès IS.ôl, à l'abbé Vaillant de le reconnaître et de lui assigner sa date véritable 2. Il fut prononcé au fort de la querelle qui avait éclaté entre le pape Alexandre VII et Louis XIV. Ce prince venait môme, par mesure d'intimidation, de mettre la main sur Avifi^non et sur le Comtat Venaissin. Sans discuter les prétentions exorbitantes du roi, l'orateur conseilla courageusement à la reine mère d'intervenir en faveur du chef de l'Éirlise. Et nous voyons, en effet, par une lettre de Hugues de Lionne, ministre des Affaires étrangères, adressée au cardinal Barberini le 17 août de cette année, qu'Anne d'Autriche mit tous ses soins à établir la bonne intelligence entre les deux puissances 3.
Ce discours si délicat et si élevé, d'une hardiesse mystique qui semble aller jusqu'à la témérité, n'est malheureusement qu'esquissé en plusieurs endroits. Dans quelle mesure Dcforis a-t-il pu être tenté d'achever l'ébauche du maître, il est asse? difficile de le dire en l'absence du manuscrit. Il était aisé d'éliminer les additions avouées, qu'il plaçait entre crochets. Restent des traductions suspectes. Pour l'ensemble du discours, les pensées sont trop hautes et trop exquises pour être une contrefaçon, et nous ne nous laisserons pas inquiéter outre mesure par une confidence que nous fait naïvement le vieil éditeur. Il avait rencontré dans ce manuscrit, il n'indique pas en quel endroit, un extrait de saint Bernard, en latin ; et il le donne dans ime note, en français, « faute de trouver une place, dit-il, où il puisse ne point interrompre la suite du discours. » Quelques fragments d'esquisse, qu'il renvoie au bas des pages, proviennent peut-être d'un autre sermon, prêché, .selon Ledieu "*, l'année suivante, à Saint-.Sulpice.
1. Plus de manuscrit. faires étrangères, 1ijC3, Rome, t. ]ô5,