‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 394 sur 552 · Var. : à. fumtn- ne in rncuum ffratiam Dri · texte numérisé non relu

Var. : à. fumtn- ne in rncuum ffratiam Dri

3. Ms. : celui que nous adorons, recipiatif. — Cf. t. III, fin du l"^' qui, nous sauvant du péché comme point, p. GOl-603.

du plus grand de tous les malheurs,

les couvre. Il dit aussi qu'il les lave, qu'il les éloigne de nous, et qu'il les efface. Pour entendre le secret de ces expressions et des autres que nous voyons dans les saintes Lettres, il faut remarquer attentivement l'effet du péché dans le cœur de l'homme et l'effet du péché dans le cœur de Dieu ^ .

Vous voyez donc... la rémission des péchés expliquée, et autorisée en toutes les formes qu'une grâce peut être énoncée... ".

Mais toute la grâce de la rémission est en Jésus- Christ. S'il faut éloigner de nous nos péchés, ciui nous fera cette grâce, sinon celui qui a pris sur lui nos iniquités et a porté nos crimes- en son propre corps ^ ? S'il en faut effacer la tache, quel autre que lui a donné son sang pour laver notre conscience des œuvres de mal "* ? Qui est celui qui les couvre aux yeux de Dieu, sinon

1. Pour le développement de ces deux idées, Bossuet devait prendre la suite du même sermon, imprimée t. III, p. 602. Nous donnons ici les deux passages dont il dut s'inspirer pour le présent discoi rs.

(( Le péché, dans le cœur de l'homme, est une humeur pestilente qui le dévore et une tache infâme qui le défigure. Il faut purger cette humeur maligne et l'arracher de nos entrailles : « Autant que le levant est loin du couchant, autant éloigne-t-il de nous nos iniquités : Quantum distat [ortus ah accidente, longe fecxt a nobis iniquitates nostras] (Ps. Cil, 12). » Et pour cette tache honteuse, il faut passer Téponge dessus, et qu'il n'en reste j)lus aucune marque : « Israël, c'est moi qui t'ai fait, ne t'oublie pas de ton Créateur ; c'est moi qui ai effacé tes iniquités comme un nuage qui s'évanouit, et comme une légère vapeur, c|ui étant dissipée par un tourbillon, ne laisse pas dans l'air le n'oiudre vestige : Dulerl ut nubem iniquitates tuas, et quasi nebulam pcccata tua. » ("Is., XLi v, 22.)

Mais, mes Sœurs, à, l'égard de Dieu, le péché a des effets bien plus redoutables : il fait un cri terrible à ses oreilles toujours attentives, il est un spectacle d'ho' reur à ses yeux toujours ouverts. Ce spectacle cause l'aversion, et ce cri demande la ven-

geance. Pour rassurer les pécheurs, Dieu leur déclare, par son Ecriture, qu'il couvre leurs crimes pour ne les ))lus voir; cju'il les met derrière son dos, de peur qu»^', paraissant à ses yeux, ils ne fassent soulever son cœur; enfin qu'il les oublie, qu'il n'y pense plus. Et quant à ce cri funeste, il en étouffe le son par une autre voix ; pondant que nos péchés nous accusent, il produit un avocat pour nous défendre, Jésus- Christ le juste, qui est la propitiation pour nos crimes (IJoan., il, ], 2), il déclare qu'il ne veut plus qu'on nous les impute,niquenousen soyons jamais recherchés. Le ciel et la terre s'en réjouissent, les montagnes tressaillent de joie, «parce [p. 5] que le Seigneur a fait miséricorde : Larcdatf, cœli, quoniam misericordiam fecit Dominus ; jubilate, exlrema terras ; resonalc, montes, laudationeml> (Is., XLiv, 2.-?).

2. Nous arrêtons ici les emprunts à 1661. Bossuet semble en avoir indiqué la mesure, en reprenant dansle renvoi même ( voy. ci-dessus, p. 522, n. 1) plusieurs des expressions de cette dernière phrase. Mais la page 145 du manuscrit, où se trouvent les indications qui ont été données, p. 522, note 1. contient la suite de ce premier point uéglig-éc jusqu'ici.

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