‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 40 sur 552 · Var. : l'inspire. a. irehr., Xir · texte numérisé non relu

Var. : l'inspire. a. irehr., Xir

2. Var.: Regardez, dit-il, Jésus- 4. /n J's. xx x rv, Herm. il, n. 1. Christ, à qui la joie de sauver ses — Ms. : Incruce très hominrs : unus peuples a fait embrasser la croix, salvatnr, aller salvandiit, alius daaprès avoir méprisé la confusion. mnandus.

de l'autre côte, un qui la rejette. Au milieu, le modèle et l'original; d'un côté, un imitateur, et de l'autre côté, un rebelle et un adversaire ^. D'un côté, un qui endure avec soumission ; de l'autre, un qui se révolte jusques sous la verge". Discernement terrible et diversité surprenante ! "^l'ous deux sont en la croix ^ avec Jésus-Christ, tous deux compagnons de son supplice ; mais, hélas ! il n'y en a (ju'un qui soit compagnon de sa gloire. \ oilà le spectacle qui nous doit instruire. Jetons ici les yeux sur Jésus, « l'auteur et le consommateur de notre foi : » nous le verrons. Chrétiens, dans trois fonctions remarquables. II souffre lui-même avec patience ; il couronne celui qui souffre selon son esprit ; il condamne celui qui souffre dans l'esprit contraire. C'est ce qu'il nous faut inéditer, parce que, si nous savons entendre ces ciioses, nous n'avons plus rien à désirer touchant les souffrances. En effet, nous pouvons réduire à trois chefs ce que nous devons savoir dans cette matière importante : quelle est la loi de souffrir, de quelle sorte Jésus-Christ embrasse ceux qui s'unissent à lui parmi les souffrances, quelle vengeance il exerce sur ceux qui ne s'abaissent pas sous sa main puissante *, quand il les frappe et qu'il les corrige ; et le Fils de Dieu crucifié nous instruit pleinement touchant ces trois points. Il nous apprend le premier en sa divine personne ; le second, dans la fin

1. Var. : d'un côté, une imitation juste souffre volontairement, et il fidèle ; de l'autre, une opposition sa- mérite par se.< souffrances le salut de crilège. — Les éditeurs, même M. tous les coupables : un pécheur souf- Gazier. ont tort de faire entrer ce fre avec soumission et se convertit, dernier mot dans le texte détinitif : il et il reçoit sur la croix l'assurance y a, au ms., un point après adversaire. du paradis ; un pécheur souffre com-

2. Bossuet avait ébauché ici une me un rebelle, et il commence son addition marginale, qr"' n'a pas enfer dès cette vie. Apprenons auachevée : « IJn juste, uii pécheur jourd'hui. Messieurs, apprenons de pénitent, et un pécheur endurci. Un ces trois patients, dont la cause est si ]uste souffre volontairement, et il différente, trois vérités capitales. Conimpose aux coupables la nécessité de templons dans le patient (»ar. : en souffrir. "» Ces derniers mots, tracés celui) qui souffre étant juste {var. : au crayon, comme le reste de la innocent), la nécessité de souffrir note, sont à i^eine lisibles aujour- imposée à tous les coupables ; apd'hui. A la dernière page du ms. (fol. prenons du patient qui se convertit 216), se trouve de cette division une l'utilité des souffrances portées avec autre rédaction au crayon. Elle est soumission : voyons dans .le patient bien de la main de Bossuet, mais endurci la marque certaine de réprodestinée au sermon des Rameaux du bation dans ceux qui souffrent eu 29 mars hUiô. opiniâtres. »

La voici : u. L'n juste, un pécheur ;V Yar. : ù la croix,

pénitent, et un pécheur endurci. Un 4. Allusion à I Petr., V, 6.

heureuse rlu larron si saintement converti ; le troisième, dans la mort funeste de son compagnon infidèle. Je veux dire que, comme il est notre original, il nous enseig^ne, en souffrant lui-même, qu'il y a nécessité rie souffrir ^ ; il fait voir, dans le bon larron ^, de quelle bonté il use envers " ceux qui souffrent comme ses enfants ; enfin il nous montre, dans le mauvais, quels jugements il exerce sur* ceux qui souffrent comme des rebelles. Il établit la loi de souffrir ; il en couronne le droit usage; il en condamne l'abus : et comme ces trois vérités enferment, si je ne me trompe, toute la doctrine chrétienne touchant les souffrances, j'en ferai aussi le partage et tout le sujet de ce discours.

Premier Point.

[P. 1] C'était la volonté du Père céleste", (|ue les lois des chrétiens fussent écrites premièrement en Jésus- Christ, Nous devons être formés selon l'Évangile ; mais l'Évangile a été formé sur lui-même. «Il a fait, dit l'Écriture^, avant que parler; » il a pratiqué premièrement ce qu'il a prescrit, si bien que sa parole est bien notre loi ; mais la loi primitive, c'est sa sainte vie. Il est notre maître et notre docteur, mais il est premièrement notre modèle.

Pour entendre solidement cette vérité fondamentale, il faut remarquer avant toutes choses que le grand mystère du christianisme, c'est qu'un Dieu a voulu ressembler aux honuTies afin d'imposer aux hommes la loi de lui ressembler. Il a voulu nous imiter dans la vérité de notre nature^ afin [p. 2] que nous l'imitions dans

1. Var. : que la loi de souffrir est tjij.£U" 6£ol Y£-jaj(j.£9a "îi' a'jxov,

indispensable. Ètïîiot) y.iy.zi^joz oi' T)!J.â; à'vôûCJ-

•.'. Var. ; dans le larron pénitent. ^^^- (Greg. Naz., Orat. XLI).' —

;;. Var. : qu'il a une bonté pater- Deforis a remplacé ce grec par une

nelle pour... traduction française et une traduc-

4. Var.: qu'il exerce des juge- fiou latine, qu'il a insérées dans le

ments redoutables sur... teste : d Soyons semblables à Jésus-

;>. \ar. : de Dieu. Christ, parce qu'il a voulu être seni-

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