‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 413 sur 552 · Matth., IX, 15. — Ms. : Non n'a pu être vérifiée · texte numérisé non relu

Matth., IX, 15. — Ms. : Non n'a pu être vérifiée

pofSKht... 10. S. 'Greg. Magn., Past., part. I.

ô. II Cor.. XII, 21. cap. ï. . '

Mais quel était aon gémissement sur les ecclésiastiques mondains^ ! Ht qui putantur crucem portare^ sic portant, ut plus haheant in ciuci.^ nominc di^nitatis, quam in passione mpplicii'.

Troisième Point.

Saint Sulpice, touché de cette pensée, se retire, pour régler ses comptes avec la justice divine. Il connaît la charge d'un évêque. JJt refend wiusquisque propria corporis prout gessit ^. « Si le compte est si exact de ce qu'on fait en son propre corps, ô combien est-il redoutable de ce qu'on fait dans le corps de Jésus-Christ, qui est son Église (S. Bernard). Si reddenda [est] ratio de his quse [quisquc] gessit in corpore suo, quid fict de his quse [quisque] gessit in corpore Christi ^ ! »

Il ne se repose pas sur sa vocation si sainte, si canonique: il sait que Judas a été élu par Jésus-Christ même, et cependant, par son avarice, il a perdu la grâce de l'apostolat.

Justice de Dieu, que vous êtes exacte ! vous comptez tous les pas, vous mettez en la balance tous les grains de sable.

Il se retire donc pour se préparer à la mort, pour méditer la sévérité de la justice de Dieu. Il récompense un verre d'eau ; mais il pèse une parole oiseuse, particulièrement dans les prêtres, où tout, jusqu'aux moindres actions, doit être une source de grâces. Des larcins que nous faisons aux âmes fidèles, tout ce que nous donnons au monde.

A quoi pensons-nous. Chrétiens, que nous ne nous retirons pour nous préparer à ce dernier jour ? N'avonsnous pas appris de l'Apôtre que nous sommes tous ajournés pour comparaître personnellement devant le tribunal de Jésus-Christ ? Quelle sera cette surprise, combien étrange et combien terrible, lorsque, ces saintes

1. Ici est répétée une citation que 2. SaJvnaH.'. 2)e Gv^. D^^^h. III,

nous avons lue plus haut : Mundi n,d.—-Ms.:Hiqui-cfuceTripo}:taut...

konor (lisez: lucrum) qumrhur suh 3.-ÎÏ Cor., .V, 10. — ]k^^( unus-

ejus honoris specie quo mundi destrui quisque qutB in coffpore ^ss'.i.

lucra debuerunt (S. Greg. Macn.. ! !^fi:n. nJ ^'Iit. -rv ■•riv,-'. Rem.

loco cit.). ' ■ ', l'i ■ li ^ !;< il !

Sermous de Bossuet. — IV. , .,0

vérités^ auxquelles les pécheurs ne pensaient jamais, ou qu'ils laissaient inutiles et négligées dans lin eôin de leur mémoire, leur paraîtront tout d'un coup, pour les * condamner ? Aigre, inexorable, inflexible, armée de reproches amers, te trouverons-nous toujours, ô vérité persécutante ? Oui, mes Frères, ils la trouveront : spectacle horrible à leurs yeux, poids intolérable sur leurs consciences, flammes dévorantes dans leurs entrailles. Se retenir quelque temps pour écouter ses conseils, avant que d'être convaincu par son témoignage, jugé par ses règles, condamné par ses arrêts et par ses sentences suprêmes.

Accoutumons-nous aux yeux et à la présence de notre juge. Solitude effroyable de l'âme devant Jésus-Christ, pour lui rendre compte. Le remède le plus efficace, c'est une douce solitude devant lui-même, pour lui préparer ses comptes. Attendre à la mort, combien dangereux ! C'est le coup du souverain : Dieu presse trop violemment.

— Mais cette solitude est ennuyeuse. — « lieu ! quam .'<u})lUitcr nos ilJv dccipicndi artifex iaUit , ut non dhcernumus, gaudcndi (iv'tdi, nndc venus <iuudeamus' \ O! que le père de mensonge "*, ce malicieux imposteur, nous trompe subtilement, pour empêcher que nos cœurs, avides de joie, ne fassent le discernement des véritables sujets de se réjouir ! » Tous les autres divertissements, charme de notre chagrin, amusement d'un cœur enivré. Vous sentez-vous dans ce tumulte, dans ce bruit, dans cette dissipation, dans cette sortie de vous-même ? Avec quelle joie, dit David, invenit seivus Unis cor stium, tit oraret te oratîone har^l

Sed i:gnavan} infamabis. Il faut faire quelque figure dans le monde '...

Madame, Votre Majesté doit penser sérieusement à ce <lei-nier jour. Nous n'osons }• jeter les yeux ; cette pen-

1 M?. : lu. J'eux, pour empêcher nos cœurs

'2. Julian. Pom., De Vita contemp., avides de joie? de connaître les véri-.

îil). II, cap. xiii lint. oper. S.Prosp.) tables sujets de se rt^jouir ! »

— Ms. ; ut ne difcernamus... -i. II Rep.. VII. 27.

;v3.' Var. : (( 0 que le père de men- 5. Objection restée sans réponse

songe imiiose adroitement à nos dans le manuscrit.

DE SAINT SLLPICE. 547

sée nous effraye et fait horreur à tou5 vos sujets, qui vous regardent comme leur mère aussi bien que comme celle de notre monarque. Mais, Madame^ autant qu'elle nous l'ait horreur, autant Votre Majesté se la doit rendre ordinaire et familière. Puisse Votre Majesté être tellement occupée de Dieu, avoir le cœur tellement percé de la crainte de ses jugements, l'âme si vivement pénétrée de l'exactitude et des rigueurs de sa justice, qu'elle se mette en état de rendre bon compte d'une si grande puissance, et de tout le bien qu'elle peut faire, et encore de tout le mal qu'elle peut empêcher par autorité, ou modérer par conseils, ou détourner par prudence ! C'est ce que Dieu demande de vous. Ha ! si les vœux que je lui fais pour votre salut sont reçus devant sa face, cette salutaire pensée jettera Votre Majesté dans une humiliation si profonde, que, méprisant autant sa grandeur royale que nous sommes obligés de la révérer, elle fera sa plus chère application ^ du soin de mériter dans le ciel une couronne immortelle.

1. Première rédaction: nous ef- Madame... fraye et uous fait horreur. Mais, 2. Var. : occupation.

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