‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 425 sur 552 · Ps. XLiv, 15. 2. Luc, X · texte numérisé non relu

Ps. XLiv, 15. 2. Luc, X

qu'une même affaire, ne â'ensuit-il pas clairement que nou* nous consumons de soins superflus, que nous ne concevons que de vains desseins, et que nous ne repaissons nos esprits que de creuses imaginations, nous qui sommes si étrangement partagés parmi tant d'occupations différentes ? 1 ellement que ce divin Maître, nous rappelant à l'unité seule, condamne la folie et l'illusion de nos désirs inconsidérés et de nos prétentions infinies. D'où il est aisé de conclure que la solitude, que les hommes fuient, et les cloîtres, qu'ils estiment autant de prisons, sont les écoles de la véritable sagesse, puisque tous les soins du monde en étant exclus avec leur empressante multiplicité, on n'y cherche que l'unité nécessaire, qui seule est capable d'établir les cœurs dans une tranquillité immuable.

C'est, Madame, à cette unité que vous invite le divin Apôtre, quand il vous assure aujourd'hui qu'il vous a unie pour toujours, comme une vierge chaste et pudique, à un seul homme, qui est Jésus-Christ : Uiii viro. C'est en effet à cet unique époux que votre profession vous consacre ; et la sainte virginité, cjue vous lui oftVez en ce jour, vous sépare de toutes choses pour vous attacher à lui seul. Mais, avant que de traiter un si grand mystère, recourons tous d'une même voix à la mère et au modèle des vierges, et implorons sa bienheureuse assistance, en la saluant avec l'Ange, et disant : Ave.

Il importe infiniment au salut des âmes de considérer sérieusement un endroit admirable du divin Apôtre S où cet excellent maître des Gentils nous représente l'éco nomie de l'Église dans la diversité des opérations qui font l'harmonie de ce corps mystique. Il se fait, dit-il, en l'Église une certaine distribution de grâces ; et comme nous voyons que le corps humain se conserve par les fonctions différentes de chacun des membres qui le composent, ainsi en est-il du corps de l'Église, dont tous les membres ont des dons divers, selon que l'Esprit de Dieu les anime. C'est de là que nous apprenons cette belle et importante leçon, que la perfection du christianisme

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