Luc, VI, 36. i). Job , xxxi
facit mherïcordiam, offert sacrificium \ » D'où vient cette différence, si ce n'est que l'un de ces sacrifices a été divinement établi pour honorer la bonté de Dieu, et l'autre pour apaiser " sa sainte justice ? La justice divine poursuit les pécheurs à main armée, elle lave ses mains dans leur sang ^ elle les perd et les extermine ; elle veut qu'ils soient dissipés devant sa face comme la cire fondue devant le feu : [Sicut fluît cera a facic ignis, sic] perçant peccatores a facie Dei^. Au contraire, la miséricorde, toujours douce, toujours bienfaisante, ne veut pas ({ue personne périsse : elle attend les pécheurs avec patience; elle pense, dit l'Écriture, « des pensées de paix et non point des pensées d'affliction : Ego cog'ito... cogitationes pacisi et non affîictionis ■". »
\'oi]à une grande opposition : aussi honore-t-on ces deux attributs par des sacrifices bien opposés. A cette justice rigoureuse cj^ui tonne, qui fulmine, qui rompt et c^ui brise, qui i-enverse les montagnes et arrache les cèdres du Liban, c'est-à-dire qui extermine les pécheurs superbes, il lui faut des sacrifices sanglants et des victimes égorgées, pour marquer la peine qui est due au crime ^. Mais, pour cette miséricorde toujours bienfaisante, qui guérit ce qui est blessé, qui affermit ce qui est faible, qui [p. 8] vivifie ce qui est mort, il faut présenter en sacrifice non des victimes détruites, mais des victimes conservées, c'est-à-dire des pauvres soulagés, des infirmes soutenus, des morts ressuscites dans les pécheurs convertis. Telles sont les véritables hosties qui honorent la miséricorde divine.
Ainsi saint Pierre Nolasque étant toujours occupé des soins, des compassions, des bontés de Jésus pour le genre humain, et sentant ^ son cœur empressé dans le désir de les reconnaître, il s'écrie avec le Psalmiste : (.( Quid retrihuain Domino pro onuiibus qux retribitit