Cor., XII, SI. notre nature, de plusieurs
'2. Var. : pour la vie, jxjnr la li- 4. Var. : S"il y a quelque état
beitt!', pour la rédemption de notre (cliose) au monde, nature. 5. Var. : c'est de voir un chrétien"
;■). Matth., XX. 28. — Var.: de captif sous celle des mahométans.
f P. 3] Jésus-Christ a donné aux hommes et à l'œuvre de la rédemption, premièrement ses soins paternels, secondement sa propre personne, troisièmement ses disciples. Il nous a donné ses soins, parce qu'il a toujours eu l'esprit occupé de la pensée de notre salut ^ ; il nous a donné sa propre personne, parce qu'il s'est immolé pour nous ; il nous a donné ses disciples, qui étant la plus noble partie du peuple qu'il a racheté, est appliquée ^ par lui-même et entièrement dévouée à coopérer par sa charité à la délivrance de tous les autres'.
C'est ainsi que le Fils de Dieu a consommé l'œuvre de notre rédenq^tion ; et c'est par les mêmes voies que le saint que nous révérons a imité son amour et honoré son m} stère. Fidèle imitateur du Sauveur des âmes, il a été touché, aussi bien que lui, des cruelles extrémités où sont réduits les captifs ; il leur a donné, aussi bien que lui, premièrement tous ses soins, secondement toute sa ])ersonne, troisièmement tous ses disciples, et l'ordre religieux qu'il a établi dans l'Église. C'est ce que nous aurons à considérer dans les trois points de ce discours.
Premier Point.
[P. 4] L'une des raisons principales qui a rendu les infidèles si fort incrédules au mystère de la Rédemption ^, c'est qu'ils n'ont pas pu se persuader que Dieu eût tant d'amour pour le genre humain que les chré- . tiens publiaient. Celsus ', dans cet écrit si envenimé qu'il a fait contre l'Ëvangile, auquel le docte Origène *' a si fortement répondu", se moque des chrétiens de ce
1. Var. : parce qu'il a toujours pas meilleure fortune : « Les phipensé à notre salut. îosophes païens reprochaient aux
2. Curieux exemple d'une attrac- disciples de Jésus-Christ qu'ils faition toute latine. saient D'eu trop soigneux des hom-
i}. Var. : des autres. mes. (Celse l'Epi... — Ce renommé)
4. Tar. : au mystère d'un Dieu Celsiis, quia voulu se rendre célèbre incarné, — du Verbe incarné. par des écrits tout pleins de venin
5. Les ratures, extrêmement nom- contre la doctrine de l'Erangile, ne breuses au début de ce 1" point, trouve rien de plus ridicule que la...» montrent que Bossuet hésitait entre Le tout elîacé impitoyablement. Celsus et Celse. — Après trois es- ij. Orig., Contr. Cels.,\ih. Y.
sais de phrase, interrompus avant 7. Var. : auquel le grand Origène
que la pensée se laissât apercevoir, a si doctement répondu, en voici un quatrième, qui n'aura
qu'ils osaient présumer que Dieu même était descendu du ciel pour venir à leur secours. Ils trouvaient indione de Dieu d'avoir un soin si particulier des choses humaines ; et c'est pourquoi l 'Écriture Sainte, })our établir dans les cœurs la croyance d'un si grand mystère, ne cesse de publier la bonté de Dieu et son amour pour les honmies. C'est aussi ce qui a obligé l'apôtre saint Jean à confesser en ces termes la foi de la Rédemption ' : Pour nous, nous croyons, [p. 5] dit-il ^, à la ckarilê que Dieu a eu[e] pour les hommes. Voilà une belle profession de foi, et conçue d'une façon l)ien singulière, mais absolument nécessaire pour combattre et déraciner l'incrédulité. Car c'est de même que s'il disait : Les Juifs et les Gentils ne veulent pas croire que Dieu ait si fort aimé la nature humaine, que de s'en revêtir pour la racheter. « Mais, pour nous, dit ce saint apôtre, nous n'ignorons pas ses bontés; et connaissant, comme nous faisons, ses miséricordes et ses entrailles paternelles, nous croyons facilement cet amour immense qu'il a témoigné aux hommes, en se livrant lui-même pour eux : Et nos cognovinms, et credidimus charituti quani hahct Dcus in yiohis. »
Élevons donc notre voix, mes Frères, et confessons hautement que nous croyons à la charité que le Fils de Dieu a eu[e] pour nous. Nous croyons qu'il s'est fait homme pour notre salut ; nous croyons qu'il n'a vécu sur la terre que pour travailler à ce grand ouvrage. Il nous a toujours porté [s] dans son cœur, dans sa naissance et dans sa mort, dans son travail et dans son repos, dans ses conversations et dans ses retraites, dans les villes et dans le désert, dans la gloire et dans les opprobres, dans ses humiliations et dans ses miracles. Il n'a rien fait que pour nous durant tout le cours de sa vie mortelle ; et maintenant qu'il est dans le ciel à la droite de la Majesté^ dans les lieux très liauts "*, il ne nous a pas oubliés. Au contraire, dit le saint Apôtre, il y est monté pour y être notre avocat, notre ambassadeur et
1. Var. : de l'Incaroation. pas compris que l'auteur se repre-
2. I Joan., IV, 16. nait pour rendre littéralement les :>. Var. : à la droite de Dieu, son propres espre.s^'ions de l'Apôtre.
Père. — Édit. : à la droite de la ma- 4. Hebr., i, o.
jesté de Dieu, son l'ère. — On n'a
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notre pontife : il y traite nos affaires auprès de son Père; « toujours [p. 6] vivant, dit le même Apôtre, afin d'intercéder pour nous : Seniper vivens, ad interpellandum pro nobis ^ » : comme s'il n'avait ni de vie, ni de félicité, ni de gloire que pour l'avantage et le bien des hommes.
Ce n'est pas assez, Chrétiens. Si nous croyons véritablement que Dieu nous a aimés avec tant d'excès, il faut qu'un si grand amour, qui s'est étendu sur nous avec tant de profusion, nous fasse aussi dilater nos cœurs sur les besoins de nos frères. Si Dieu, dit saint Jean ^, nous a tant aimés, 7ious devons nous aimer les uns les autres ; nous devons reconnaître ses soins paternels en nous revêtant, à son exem^île, de soins charitables ; et nous ne pouvons mieux confesser la miséricorde que nous recevons qu'en l'exerçant sur les autres en simplicité de cœur. Estote miséricordes'^...
Le saint que nous honorons était pénétré de ces sentiments. Il avait toujours devant les yeux les charités infinies d'un Dieu rédempteur; et pour se rendre semblable à lui, il se laissait percer par les mêmes traits. Il avait ^ sucé cet esprit dans les plaies de Jésus-Christ, dans la source même des miséricordes. Il pouvait dire avec Job ^ que la tendresse, la compassion, la miséricorde était crue avec lui des son enfance ; et c'était de telles victimes par lesquel[le]s il croyait devoir honorer les bontés inexplicables d'un Dieu rédempteur.
Et en effet. Chrétiens, pour rendre le souverain culte à la souveraine majesté de Dieu, il semble que nous lui devons deux sortes de sacrifices. Je remarque, dans les Écritures, qu'il y a un sacrifice qui tue, et un sacrifice qui donne la vie. [P. 7J I<e sacrifice qui tue est assez connu ; témoin le sang de tant de victimes et le massacre de tant d'animaux. Mais, outre ce sacrifice qui détruit, je vois dans les saintes Letties un sacrifice qiù sauve : car, comme dit le sage Ecclésiastique, « celuilà offre un sacrifice, qui exerce la miséricorde : Qui