Apoc, I, 6. à ces succès, en apparence scanda
3. Nous avons vu pluî haut, dan' leux, des armées musulmanes, le deuxième sermon fr la Piovi-
tioii que vous lui avez dénoncée ^ ? Est-ce que, pour entretenir votre Lc^lise dans le mépris des grandeurs comme elle y a été élevée, en même temps que vous lui donnez la gloire d'avoir des rois pour enfants, vous abandonnez, d'un autre côté, à votre ennemi capital, coimue un p lèsent de peu d'importance, le plus redoucaMe empire qui soit éclairé par le soleil ? Ou bien est-ce qu'il ne vous plaît pas que votre Église, nourrie dans les alarmes, fortifiée par les persécutions et par les terreurs, jouisse dans la paix même d'une tranquillité assurée ? Et c'est pour cette raison que vous lui mettez, connue sur sa tête, cette puissance redoutable qui ne cesse de la menacer de la dernière désolation.
En effet, Chrétiens, c'a été le conseil de Dieu que l'Église fût établie au milieu des flots, ((ui frémissent impétueusement autoiu- d'elle et menacent de l'engloutir. C'est pourquoi saint Augustin, expliquant ce*< paroles du sacré Psalmiste : Lxtentur insiiUc multœ, dit" que ces îles vraiment fortunées qui doivent se réjouir du règne de Dieu, sont les Églises chrétiennes, environnées de toutes parts d'une mer irritée qui menace de les engloutir et do les couvrir sous [p. 12] ses ondes. Tel est le conseil de Dieu ; et je regarrle la puissance niahoniétane comme un océan indomr)table, toujours prêt ù inonder toute l'Église, sa furie n'étant arrêtée que par des digues entr'ouvertes: ce sont les puissances chrétiennes, toujours cruelleuient divisées. Et n'étaient-ce pas ces divisions qui avaient ouvert autrefois aux sultans, successeurs de Mahomet, une entrée si large que, du temps de Pierre Nolasque, les Espagnes mêmes étaient entièrement inondées ?
C'est ce qui lui perce le cœur. Il est nuit et joiu' persécuté des cris des caplifs ; il faut qu'il coure à leur délivrance. Ne lui dites pas que la noblesse de son extraction et le crédit qu'il a auprès du roi d'Aragon, dont il a été précepteur, l'appelle à des emplois plus illustres : il court après ses captifs. Il fallait qu'il descendît de bien haut à l'humiliation ^ d'un emploi si bas .selon l'estime du monde, pour mieux imiter celui qui