fn Ps. xcvi, n
est descendu du ciel en la terre. Imiter un Dieu rédempteur, c'est toute la gloire qu'il se propose. Par inille traverses, par mille périls il va délivrer ses frères^ etc. \ Induite vos ergo sicut eUcti Dei, sancti et dilecti, viscera mhericordise, henignitatem, humUitotcm, mo~ destiinn, patientiam'. (Coloss., m, 12).
Dieu commence, imitez ^. Un combat entre nous et la miséricorde divine : Dieu commence, imitez : Estotc miséricordes, sicut [pf] Pater vester cœlestis misericors est * ; Dieu revient à la charge, et il vous imite à son tour : Beati miséricordes, quonîam îpsi misericordiani conscqucntur ^ . Un flux et reflux de miséricorde. Dieu, qui aime un tel sacrifice, multiplie ses dons. Allant ainsi augmentant, après avoir donné vos soins, vous donnerez à la fin vos propres personnes, comme [saint Pierre Nolasque].
Second Point.
[P. 13] Ce fut, Messieurs, un grand spectacle, lorsqu'on vit, sur le Calvaire, le Fils uniquement agréable se mettre en la place des ennemis ; l'innocent, le juste, la sainteté même se donner en échange pour les malfaiteurs ; celui qui était infiniment riche se constituer caution et se livrer tout entier pour les insolvables.
Vous savez assez, Chrétiens, quelle dette le genre humain avait contracté [e] envers Dieu et envers sa sainte justice. Nous sommes naturellement débiteurs à ses lois suprêmes. Et qu'est-ce que nous leur devons ? Une obéissance fidèle. Mais, lorsque nous manquons volontairement à lui payer cette dette, nous entrons dans
1. Cet etc. a inspiré à Deforis un les anciennes éditions ce canevas si développement d'environ quinze li- serré et si vif. En voici le début : gnes. Pour rivaliser d'éloquence « Dieu commence, ;;o!«';iOM« «fonwer avec Bossuet, il multiplie les inter- l'exemple; imitez sa charité si prérogations et les métaphores. Point venante^sihieyifaisante : qiûil se fasse de crochets pour avertir de Tinter- comme un combat entre nous et la polation. De même, quelques lignes miséricorde divine : et soyons jalo'i.c plus bris. Mais, pour peu qu'on fût de ne pas nous laisser vaincre en connaisseur, comment s'y mépren- munificence. » — On n'a pas vu que dre ? le? mots : « Un combat... » se rap-
2. Colos.. ni, 12. portaient, non h ce qui précède, o. La fin du premier point est mais à ce qui va suivre.
simplement esquissée. Il faut voir 4. Luc. vr, 36.
le= longueurs qui remplacent dans 5. Matth., v, 7
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une autre obligation : nous devons notre tête à ses vengeances, nous ne pouvons plus le payer que par notre mort et notre supplice.
En vain les hommes, effrayés par le sentiment de leurs crimes, cherchent des victimes et des holocaustes pour les subroger en leur place. Dussent-ils massacrer tous leurs troupeaux et les immoler à Dieu devant ses autels, il n'est pas possible que la vie des bêtes paye pour la vie des hommes : la compensation n'est pas suffisante : Impossibile enim est sar^guine taurorum et hircorum auferri peceata \ De sorte que ceux qui offraient de tels sacrifices faisaient bien, à la vérité, une reconnaissance publique de ce qu'ils devaient à la justice divine; mais ils n'avaient pas pour cela le payement de leurs dettes. Il fallait qu'un homme payât [p. 14] pour les hommes; et c'est pour cela qu'un Dieu s'est fait homme.
Ce Dieu-Homme, avide de nous racheter, livre à l'abandon sa propre personne à la justice de Dieu, à l'injustice des hommes, à la furie des démons. Dieu, les hommes, les démons exercent sur lui toute leur puissance". Il s'engage, il se prodigue de tous côtés; et il ne lui importe pas comment il se donne, i)ourvu qu'il paye notre prix et (ju'il nous rende notre liberté et notre franchise.
Je ne puis vous dire, mes Frères, dans quels excès nous doit jeter la contemplation de ce mystère. Jésus- Christ, se donnant pour moi et devenant ma rançon, m'apprend deux choses contraires. Il m'apprend à m 'estimer, il m'apprend à me mépriser, et l'un et l'autre jusqu'à l'infini. .Mon cœur incertain et irrésolu ne sait à quoi se déterminer au milieu de telles contrariétés '. I\I'estimerai-je, me mépriserai-je, ou joindrai-je l'un et Paulre ensemble, puisque mon Sauveur m'apprend l'un et l'autre ?
Oui, Chrétiens, mon Sauveur m'apprend à m'estimer jusqu'à l'infini, car la règle d'estimer les choses, fp. 15] c'est de connaître le prix qu'elles coûtent. Écoutez